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Full text of "Variétés sinologiques"

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VARIÉTÉS SINOLOGIQUES N« J7 



INSCRIPTIONS JUIVES 



DE 



K'AI-FONG-FOU 



PAR 



LE p. JEROME TOBAR, S. J. 



^V^2. 



CHANG-HAI. 

IMPRIMERIE DE LA MISSION CATHOLIQUE 

ORPHELINAI DE T'OU-SÈ-\VÈ. 

1912. 



647462 



INTRODUCTION. 



Les inscriptions qui font l'oJjjet de ces quelques 
pages ont été portées au XV 111^ siècle à la connais- 
sance des sinologues par les missionnaires de la Com- 
pagnie de Jésus, notamment, par les PP. Gozani (1;, 
Domenge, Gauhil (2) et Cibot (3). Ils ont signalé l'exis- 
tence des stf'les et ont donné une traduction abrégée 
des inscriptions qu elles portaient. 

Vers le milieu du Xf.V siècle deux maîtres indi- 
gènes furent délégués à K'ai-fong par « The London 
Society for promoting Christianity among the Jeivs^i^ 
et en revinrent avec une copie de deu.x stèles érigées 
sous les Ming, Vune en la 2' année de % fp Hong-tche 
(1489), et l'autre en la 1 de JE ii Tcheng-té (loi 2).- ils 
rapportèrent en outre quelques courtes inscriptions 
copiées sur des tablettes suspendues à l'intérieur de 
la synagogue. En 18ol le llev. G. Smith publia la 
relation du voyage et le texte des inscriptions, avec 
une traduction de ces dernières faite par le Dr. Med- 
hurst (4j. 

Nous avons eu dernièrement la bonne fortune de 
recevoir plusieurs documents relatifs à la synagogue 
de K'ai-fong. D'abord le /»'. P. Brucker S: J. nous a 
envoyé deux estampages, Vun de la stèle de 1512^ et 
l'autre d'une troisième stèle érigée en la 2^ année de ^ ^> 



(1) Cf. LpU. édif. Ecc. YIII, Paris, 1707, pp. 1 — 40. 

(2) Les renseignements envo3'és par les PP. Domenge et Gaubil dans différentes 
lettres, dont les originaux subsistent encore, ont été réunis avec ceux du P. Gozani dans 
le «Mémoire sur les Juifs établis en Chine» publié dans le Rec. XXXI. des Lettres édi- 
fiantes. E'auteur de ce Mémoire est le P. Gabriel Brotier. ■ 

(3) Cf. Études religieuses 1877, tome XII, pp. 747 — 758, 

(4) The Jeics at Kne-fung foo bj' the Right Rhv. G. Smith, Shanghae ]S.")1. 



II 

K'ang-hi ( 11)63), avec la copie tant des trois inscrip- 
tions gravées sur les trois stèles que nous venons d'in- 
diquer, que de plusieurs autres inscriptions qui or- 
naient la synagogue [\]. Le même R l\ Brucker nous 
a aussi envoyé les décalques des deux plans de la sy- 
nagogue faits autrefois 2Dar le P. Domenge en 17'21 ;2), 
qui jettent beaucoup de clarté sur la description de 
la synagogue elle-même et sur le texte des inscriptio'ns 
Le regretté .1/. Devéria, qu'une mort j)rématurée vient 
d'enlever au. ij études sinologiques, a comparé la copie 
de la stèle de 1489 envoyée par le II P. Hrucker avec 
une autre copie de la même inscription conservée dans 
un ms. de la Bibliothèque Nationale de Paris et il y 
a relevé quelques variantes. (3) De jjIus il y a copié de 
sa main pour nous plusieurs inscriptions à suspension 
horizontale M p'ieri et rerlicale Wi M looi-lien qui ne se 
trouvaient ni dans le livre de G. SmitJi, ni dans les 
cahiers du II P. Hruclxer. Enfin les missionnaires 
italiens de Milan^ (pu évangélisent le llo-nan sous la 
conduite de Mgr Volonleri, oïd envoyé des exprès à 
K'^'\-{ox\^^ prendre VesUunpagc de la stèle de 1489, dont 

(1) Quant à l'origine de ces ijièces, elles ont été offertes au R. P. Brucker comme 
appartenant à la succession d'un Cardinal ; mais il parait qu'elles proviennent des archives 
de l'ancienne Compagnie de Jésus ; «du moins, nous écrit le R. P. Brucker, cela est 
démontré par les lettres et documents avec lesquels les inscriptions chinoises étaient 
mMées ; la cote des archives y est encore. Ces estampages et ces copies avaient été envoyés 
à Rome au R. P. Général par nos missionnaires, probablement ijar le P. Gozani, qui a 
découvert ces inscriptions en 1702.» Ci. Lett.eilif. Rec. VII., p. 20. — Cf. aussi plus bas 
p., III, (4) la desoription des cahiers contenant ces copies. 

(2) Ces plans, avec d'antres documents relatifs à ce sujet, se trouvent dans la biblio- 
thèque du collège S'* Geneviève à Paris. Cf. Biblioth. des Écrivains de la Comp. de Jésus 
par le P. Ch. Sommervogel, t. III, au nom Domenge. 

f:^) D'après M. Devéria, ce manuscrit, grand in 8°, avant 0"',27 de hauteur sur 0"»,15 
de largeur, porte le m" 2021 du fond Chinois ; la couverture est rouge avec une étiquette 
jaiii]'-, boi'lt'f d'uM double filet noir, sur laquelle est écrit à la chinoise de droite à gauche 
^ ^ ^ BE- Au-dessus est écrit à la plume ^g,^] 1810. Le cahier est composé de 
27 feuillets outre le feuillet de garde....» Le R. P. Brucker nous a écrit à ce sujet ce qui 
suit : «L'auteur du catalogue, (St. Julien encore jeune, je pense), avait rangé ce ms parmi 
les ouvrages liouddhiques. C'est M. Devéria qui en a reconnu le vrai caractère et qui a 
fait insérer une note rectificative dans le catalogue.» 



III 

nous n avions que des copies (1). A/ujc l'estampage 
demandé, les missionnaires nous faisaienl jjarvenir 
r estampage de 1/ inscription de l.'rl'i, V estampage il- 
lisible d'une sti'le érigée dans la salle des ancêtres de 
la famille H Tchao, et des copies prises à la main des 
deux premières stèles (2i. 

Ce sont ces documents qui ont servi à la rédaction 
du présent travail. Nous y donnons d'abord la des- 
cription de la synagogue, les inscriptions horizon- 
tales et verticales avec leur traduction. Après avo'r 
indiqué brièvement les travaux antérieurs sur nos 
stèles, nous en donnons le texte nutlienUcque traduit 
et annoté ['^, k). Trois questions au sujet de l'entrée des 



(\\ Ces messagers de Mgr Volonttri, dans leur voyage à K'ii/-fo7ig, eurent connais- 
sance d'un l'entateuque bébraïque existant chez nn des Juifs, et l'ont ensuite acheté pour 
notre Mission du Kiaii(j-)i<iii. A l'Art. IX de ce travail, nous donnons quelques détails sur 
ce précieux manuscrit. 

(2) Si quelque voyageur Européen passant jiar K'cii-foitf/ voulait voir les stèles en 
question, il sera content de savoir qu'au commencement de 18P8 l'une d'elles se troxivait 
dans une cuisine, et l'autre près des latrines, à l'inlérieur de la maison d'un des Juifs de 
la ville. Le Rev. Dennis J. Mills (CJiiva's Millions, Mars 1S98, p. 50), a encore vu en 1897, 

une stèle isolée sur l'emplacement même de la synagogue. 

(3) En comparant le texte des stèles de 1.89 et de 1512 reproduit dans nos décalques 
avec celui édité par G. Smith (The Jews... pp. 62-6!3 et 51-57) on s'aperçoit bien vite qu'un 
grand nombre de fautes se sont glissées dans ce dernier. Ainsi, dans le texte de la première 
insci'iption il y a plus de deux cents caractères qui ont été omis, une vingtaine de caractè- 
res qui ont été changés en d'autres et une vingtaine qui ont été ajoutés; dans le texte de 
la seconde inscription, les fautes sont encore plus nombreuses. On y a omis trois lignes 
de la stèle indiquant les auteurs de l'inscription ; en plusieurs endroits sont omis encore 
plus de soixante caractères; en d'autres endroits sont ajoutés plus de quarante caractères, 
et une vingtaine de caractères ont été changés en d'autres. — Ces défauts du texte de Smith, 
au moins quant aux omissions et aux changements de caractères, n'étonneront personne, 
si l'on se rappelle les mauvaises conditions dans lesquelles les Délégués indigènes, qui 
rapportèrent le texte de K^ai fovg, en firent la transcription. Cf. Thr Jews... p. 55. où 
nous lisons ces lignes : «L'un des Délégués persuada un des Juifs de faire un trou dans 
les murs des pavillons où les stèles étaii nt conservées, et, au moyen de bougies, il obtint 
assez de lumière pour prendre une copie des inscriptions, ce qui fut un travail de plusieurs 
jours.» — La traduction des inscriptions faite par le Dr. Medhurst, malgré ses connais- 
sances sinologiques que tout le monde reconnaît, s'est nécessairement ressentie des défauts 
du texte qu'il avait sous les yeux. 

(4) L'inscription de 1(103 contient deux parties bien distinctes, gravées, l'une sur la 
partie antérieure de la stèle, et l'auti'e sur sa partie postérieure. Notre estampage ne donne 



IV 

Juifs en Chine, el fhs manuscrits hébraïques conservés 
à la sj/nagogue, trop longues jjour être mises au bas 
des pages, oui élé placées dans des ariicles séparés. 
En /Inisscmt notre travail nous donnons un résumé 
du contenu des inscriptions. 

Quant aux pliotolitliographies insérées dans le 
texte, celle de l'inscription de 1489 est faite d'après 
r estampage envoyé jjar les missionnaires du Ho-nan; 
celles des deux autres inscriptions de \ni2 et de 1663 
sont des reproductions des estampages pris par les an- 
ciens Jésuites et enroyées en Chine parle H. P. Brucker. 
C'est dans les cahiers provenant de la même source 
qu'est ijrisc la phololithographie placée à la fin de 
cette Introduction. Les pages qu'elle reproduit appar- 
tiennent i\ V inscription de loi 2. À la fin du travail 
nous avons jjlacé la phololithographie illisible d'un 
estam2oage envoyé aussi par les missionnaires du, Ho- 
nan ; l'original appartient, pensons-nous, à la com- 
munauté juive de K^ai-fong. Nous sommes arrivés à 
cette conviction par la lecture de plusieurs phrases 
détachées, plus distinctes sur l'estampage que sur la 
p)hotolithr,qraphie. La stèle a été érigée en la 18'' année 
de K^ang-hi(1679, (1) (2). 

q^ue la partie antérieure de la stèle. Le texte de la partie postérieure, que nous avons 
placé en son lieu à la fin de l'inscription, est pris dans les cahiers manuscrits envoj'és 
par le R. P. Brucker. Ces cahiers étant généralement confoi-mes aux stèles dans les par- 
ties qui leur sont commitnes, on peut bien conclure qu'ils le sont aussi dans cette partie 
de la stèle qui fait défaut dans nos décalques. Pour qu'on puisse se faire une idée 
de leur conformité avec les stèles, nous avons placé à la fin de l'Introduction une 
pbotolithographie contenant quatre pages des cahiers appartenant Ti l'inscription de 
l.')12. Les cahiers, divisées en deux parties distinctes, sont de 0"',21 de hauteur sur O'",!;") 
de largeur. Les feuilles, de papier européen, sont écrites sur les deux côtés. La première 
partie a 42 pages pleines de caractères, excepté la dernière, et la deuxième partie en a (JO, 
dont 12 sont en blanc. Les inscriptions des stèles de 1469 et de 1512, avec les petites 
inscriptions à suspension, remplissent la première partie ; l'inscription de la stèle de 1C(Î3 
est écrite dans la deuxième. 

(I) Les caractères en forme antique gravés dans la partie supérieure de la stèle sont: 
Wi ^£ 33e "S" ™ PL Inscription lapidaire contenant l'histoire de la salle des ancêtres. 

C2j Combien y a-t-il eu de stèles dans la synagogue de K'ai-fonfj ? Nous en avons 
mentionné (junirc dans cette Inlnxltiction. Ce nmnbi-e a été toujours indiqué par les anciens 



V 

Avant (Je terminer cette introduction, nous vou- 
lons y consigner l'expression de notre très sincère 
reconnaissance envers tous ceux c[ui, soit en nous 
procurant des documents, soit en nous aidant à les 
interpréter, ont rontribuè à la rédaction-de celte Va- 
riété. Nous avons noinniê plus haut les premiers; 
parmi les derniers, le IL P. Hoang, prêtre chinois de 
notre Mission, 7nêrite une mention spéciale. 



missionnaires jésuites. Cf. Lett. rdi.f. \lcc. XXXI., pp. 342-3.-)], où se trouve le résumé 
des quatre inscriptions fait par le P. Ganbil, et Mémoires concernant les Chinois, vol. XV, 
p. 57, où le P. Cibot parle de ((quatre inscriptions ou discours lapidaires.» En 18Ô0 les 
Délégués protestants ne constatèrent que l'existence de trois stèles (Cf. Smith, The 
^J'e^i's.;.. p- 2iï et p. 53), et ne rapportèrent de A''rti-/o??.(; que le texte de deux d'entre elles. 
Mr. W. A. Martin en 1866, {Han-lin Papers p. 361), Lieberman en 1897 (The North-China 
Herald du S. Oct. 1879) et Mr. Dennis J. Mills en 1897 (Chinas millions Mars 1898), 
n'ont vu sur l'emplacement de la synagogue qu'une seule pierre Nous ne savons pas la- 
quelle des quatre stèles est cette dernièi'e. Ce n'est j)as celle de 1489, ni celle de 1512, 
ni celle de 1679; puisque, d'après les envoyés des missionnaires du Ho-nan, ceû stèles 
se trouvent à l'intérieur des maisons. Nous pensons que la stèle isolée ayant des carac- 
tères sur ses deux faces (Mr. Martin, Han-lin Papers; loc. cit.) est celle qui fut érigée en 
1663 et qui, d'après la copie envoyée en Europe par les anciens missionnaires et renvoyée 
en Chine par le R. P. lirucker, avait aussi des cai-actères sur sa partie antérieure [î^ \^ 
pei-ya}ig] et sur sa partie postérieure l'V^ |^ ?"''-^"5'] • Nous devons avouer que la des- 
cription donnée de la stèle isolée par Mr. Martin (loc. cit.) ne concorde pas avec le texte 
que nous donnons plus loin ; mais on peut bien supposer une petite distraction dans son 
récit qui fut fait évidemment après un rapide coup d'œil sur l'inscription. — Mr. Martin, 
{Han-lin Papers, p. 362 >j<) écrit: «It is affecting to think of this solitary stone continuing 
to bear its silent testimony after the synagogue bas fallen, and the voice of its worship- 
pers bas ceased to be lieard. Libe that whicb records the history of the Nestorians mission 
in China, it deserves to be reqarded as 07ie of the most precious monuments of reUgious 
history.» Cette réflexion, que nous croj'ons bien fondée, s'applique également aux autres 
inscriptions. 






AVERTISSEMENT. 

Pour cause de brièveté nous désignerons dans ces pages 
par B les cahiers envoyés par le li. P. Brucker ; 
par C les notes envoyées par M. Devéria prises dans le ms de la 

Bibliothèque Nationale ; 
par D la copie des inscriptions prise à K'ai-fong par les Délégués 

protestants et éditée par G. Smith ; 
par E la copie des inscriptions envoyée par les missionnaires du 

Ho-nan. 
Les pages des cahiers du B. P. Brucker contenues dans la 
photolithographic ci-jointe correspondent aux pages 58, 1. 13; 60, 
1. 8; 56, 1. 8, et 58, 1. 6. de notre Variélé. 



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ARTICLE I. 

DESCRIPTIO.X ])K LA SYNAGOGUE. 



Tout le monde sait que la synagogue iiexistc plus ; si donc 
nous voulons nous en faire une idée, nous devons nous servir des 
anciennes descriptions faites avant sa destruction. Nous possédons 
trois descriptions diverses de la synag^ogue chinoise: une très courte 
du P. Gozani (l), une autre plus détaillée du P. Domenge, contenue 
dans le Mémoire sur les Juifs en Chine du P. Brotier (2i, et enfin 
celle des Délégués protestants éditée par G. Smith (3). Cette dernière 
est la plus complète ('i); mais la seconde a l'avantage d'être accom- 
pagnée de deux plans qui suppléent abondamment au manque de 
quelques détails. C'est cette description du Mémoire que nous 
donnons dans le texte qui suit ; pour la compléter nous mettons au 
bas des pages les détails ajoutés par les Délégués protestants. 

"L'entrée de cette synagogue |I Fig. A^ est à l'Orient (5). Elle 
est suivie d'un Pai-leou [i Fig. B]; c'est-à-dire, d'un arc-de-triomphe 
qui conduit à la grande cour (6).» Le P. Domenge ne dit rien dans 
sa relation de la première porte ■^ P^ la-men, 1 Fig. C c c , ni de 
la seconde porte ^ f^ eul-wen, 1 Fig. IJ d d , parce que ces portes 
sont clairement indiquées dans son plan (7). 



(1) Cf. Lctt. édif., Kec. VII, pp. .^-11, et 17-18. 

(2) Cf. LHt. édif., Rec. XXXI, pp. .SlO-ol.S. 

(3) Cf. TJir Jrirs ut K'ae -finig-fuo, pp. 2-5-28, .")l-.53 ut 71-82. 

(4) Pour ne pas s'étonner de quelques contradictions entre la troisième description 
de la s_ynagogue et la deuxième du P. Donienf^e, il est bon de se rappeler qu'il s'est écoulé 
entre elles un espace de près de 130 ans. 

(.")) Les Délégués ne parlent pas de cette iDremière entrée située dans le nmi- d'en- 
ceinte, qui, lors de leur visite, avait probablement disparu. 

((5) Les Délégués ne mentionnent pas non plus ce Fai-Jcoii ; cependant on peut en 
voir une trace dans ces lignes: «Opposite tlie front door tbere is a small pool and u couple 
of stone lions». — Dans la partie supérieure du Pai-leou, on lit aussi une inscription, sur 
laquelle, ainsi (pie sur les autres inscriptions semblables, nous reviendrons aux articles 
suivants. 

(7) Les Délégués décrivent ces portes ainsi: « In front of Ihe first inclosure tlieie is 
a large door, about seven fret wide and ten fed bigb \s itb a smaller door on each side, 
[I Fig. C c c] . The wall in front bends outwards at each end, is ten feet high and twenty 
broad, covered with round tiles of a green colour. Over the front door is the following 

1 



2 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K AI-FONG-FOU. 

Le Mémoire continue : "A la sortie de cette cour, on trouve un 
nouvel arc-de-triomphe I Fig. E^ (1); et aux côtés on voit deux 
monuments l Fig. e e , dont je parlerai à la tin de ce Mémoire (2). 
En avançant davantage, on rencontre deux lions de marbre, posés 
sur des pieds destaux 1 Fig. h h . un grand vase de fonte pour 
brûler des odeurs I Fig. i', deux bassins de cuivre avec leur base, 
et deux grands vases de Heurs ,1 Fig. k k . Enfin on arrive au par- 
vis (3) du Li'pai-se, qui est entouré de balustrades I Fig. g g g g]. 
C'est là qu'on dresse une grande tente pour la fête des tabernacles (4).» 

iuscription ^ ^ ^ [T'shigcJi^»-se] tlie temple of trutb aiul pmity.» P. r)l-.52. — «The 
space witliiu the gâte was iiîbabited by some professors of .Juclaism, wbo lived in a sort of 
pavilion, witb a mat aiul straw-roof....; at one [of the two small doors] tbe people went in 
and ont at leisure, or during tbe tirae of service, tbe other one being cboked up M'itb mud.» 
P. 25. — «After passing over tbe first inclosure, [I Fig. C c c] , we come to tbe second, 
[I Fig. D d d]; in front of wbicb tbere are also tbree doors, eacb about nine feet bigb aud 
seven feet broad, covered over witb yellow tiles ; in tbe centre is a horizontal tablet with 
the following insci-iption : ^ -jsç ^' y^ [Ki)ig-uei-hcio-t'len'i Venerate Heaven.» P. 52. 
— «This inclosure was also inhabited by Jewisb people ; on tbe right side of it there was a 
stone tablet engraved witb ancient and modem Chinese letters.» P. 25. 

Il) Les Délégués s'expriment ainsi : Within tbe door of the second inclosure there 
is a IfÇ JÇÇ liae-faiig or ornamental gatewa.y, about fifteen feet bigb, covered over with 
green tiles, having wooden pillars, resting on stone pedestals ; on tbe top of the gateway, 
there is an npright tablet, painted red, inscribed witb a large character ]i|i@ [Fou] Happi- 
ness, surmounted by a smaller one ^ Hëen, deuoting to oiïer up. This tablet is said to 
bave been ei-ected by ^ |DC 50 Ocie Chiug-lung, on a fortunate day, in tbe 9th montb 
of tbe 2d j'ear of ^ ^ Kcak'ing, of tbe présent dynastj- (A. D. 1797). In front of the 
gateway [I. Fig. E], there is also a horizontal tablet, inscribed with the words ^ 3S H^ 
7^ [Ling-t'o)ig-ou-))teoir , tbe intelligent mind penetrating to tbat wliich is profound and 
distant. Erected ou a fortunate daj-, in the od montb of the 15th j-ear of JI|H iO Shun-clie 
(A. D. 1()58,). At tbe back of the gateway is anotber hoi-izontal tablet, inscribed witb: 
^ ^a yi j^ Jcin-Jo-hao-fUc)i], «Reverently comply with Heaven.» P. .52-.53. — «On 
each side of the pae-faiig there were varions apartments, some of which were broken 
down below thèse on the ground, stone flower-pots and tripods were placed.» P. 25. 

(2) Sur ces deux monuments, les Délégués écrivent; «To tbe right and left of the 
ornamental gateway, there are two pavillons, covered over witb common tiles, of a square 
forni, and about 15 feet bigb. Eacb pavilion contains a marble tablet with a long inscri- 
ption.» P. 5;i 

(3) Les Délégués écriv('nt : «After passing which [tbe 2J<^>s-faiig], we came to tbe 
third couï-t where we saw a marble railing, witb steps on each side ; having entered which, 
the temple itself appeared, with two stone lions in front.» P. 25. 

f4) Les Délégués déo'ivcnt cette teirasse de la manière suivante: «In front of the 
synagogue is a terrace, fifty feet by fortj", once surrounded on its tbree sides by a stone 
l)alustradc which is now in ruins. On the terrace is one small stone vase and three lai'ger 
ones, engraved ail over with tbe flowers and leaves of the water-lily ^nelumbium); one of 
the vases contains a tree madc of coral, and the other three, some artificial rocks. On the 
right and left of the terrace is placed a pair of modcrately-sized stone lions. In front of 




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ci (3), et 



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nate clay, in 

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ts [probable- 
nge of apart- 
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■ behind the 
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ART. I. DESCRIPTION DE LA. SYNAGOGUE. 6 

Le Mp)>\oire ne dit rien des divers appartements attenants à. la 
synagogue; le plan indique suffisamment leur nombre, leur empla- 
cement et leur usage (1). 

Passons maintenant à la description de lintérieur de la synago- 
gue, nous servant toujours comme guide du Mémoire du P. Brotier 
et du plan du Père Domengc contenu dans la Figure II. cCe Li-])ai- 
se [ou synagogue^ a deux bas-cùtés. La nef se divise en trois parties 
(2). La première renferme la chaire de Moïse [II Fig. B.], le Van- 
soui-pai, c'est-à-dire, la tablette de l'Empereur [II Fig. Ceci (3), et 
une grande table de parfums [II Fig. AAA| (4).)' 



the ten-ace is a hexagonal iroii vase, iuclosing a smaller one, and bearing an inscription 
in small characters, intimating that it was made for the synagogue on a fortunate day, in 
the 3d month of spring, in the time of ^ ^ [Wan-Ii] (A. D. 1.572'. P. 7.5. 

(1) Voici comment les Délégués en parlent : «Outside the Synagogue there are two 
separate halls, [I Fig. LL], one on each side, apparently designed for the réception of 
guests; over one is a tablet, inscribed with the words B^ ^ S:. [ming-ki»g-t' an g"], the 
hall of the bright mirror...» «On eacli sfde of the S3'nagogue there is a range of buildings, 
[I. Fig. nn], and on each side of the terrace, another range of side apartements [probable- 
ment les appartements situés à i'Kst des Salles L L] . In front of the latter range of apart- 
raents, ou the north side, is a fane, facing the east [I Fig. P.], dedicated to the forefathers 
of the seven clans [of Chinese jeNvsj ; but it is ail fallen in ruins. Some of the materials 
are also disposed olï.» P. 80-81. [La destination de cette salle est tout autre, d'après le 
P. Domeuge dans la légende de son plan]. — La lettre du P. Gozani mentionne aussi la 
salle «où ils honoraient leurs aë y\ CJnn-giiifi ou les gi-ands hommes de leur loi [I Fig. 
n n] et la salle des hostes» [I Fig. L L]. Cf. Lett. cdif., Eec. VII, pp. 6 et 10. 

(21 La description des Délégués est conçue en ces termes: «In the third inclosure 
stands the synagogue, which consists of three apartments before and three behind, thrown 
into one large hall. The roof is divided into two, and exhibits the four corners of the 
front and back range of apartments distinct. It is covered with round tiles of a green 
colour. [En regardant la figure I, peut-être pourra-t-on comprendre ce qui précède]. The 
front séries of apartments is provided on the three sides with long varnished Windows, 
based on stone railing [II Fig. b b] . The back séries of apartments is surrounded on the 
three sides by walls. The two séries of apartments constitute a hall, eighty feet deep and 
fifty feet wide.» P. 71. 

(3) Dans la partie inférieure de la ligure II on donne un agrandissement de cette 
tablette 

(4) Les Délégués donnent sur ces trois objets plus de détails. «Directlj^ behind the 
front door, stands a bench, about six feet from which, there is a long stand for candies, 
similar to those usually placed before the idols in Chinese temples; immediately in con- 
nection with this, there is a table [II Fig. A A A] , in the centre of which is placed an 
earthenware incense vessel, having a wooden candlestick at each end [avec des chandelles 
de suif, dit le P. Gozani] . In the centre of the édifice stands something resembling a 
pulpit, which is on an élévation of three feet, behind which there is another table, having 
two candlesticks and an earthenware incense vessel; and after that, the aWan-tsKu-paer» 
or Emperor's tablet, placed on a large tablet in a shi-ine.» P. 2t;. 

« At the back of the inner part of the large hall [on the first séries of apartments' , 
there is an incense table, upon which there is an iron incense pot, a candlestick, with a 



4 I.i:S INSCRIPTIONS .JUIVES DE K AI-KONG-Kl)U. 

Sur lusage de la chaire de .Moïse, le Mémoùp dit un peu plus 
bas (l): "Celui qui fait la lecture met le Ta-hing sur la chaire 




pair <if iron vases; thèse vasos aro proxidcd witli rings. Ou each side of the incense 
table tliere are two large iron vases, fiv» feet liigli : in tlie niiddle of the table is a shrine 
lontainiiig the impérial tablet of the Miiifj dynasty.» P. r?-79. — The Tatning iran- 
8111/ is written in Chinese, but scarcel^' to be seen, on account bi the temple itself being so 
dark.» P. 27. — La relation des Pères ne mentionne pas cette tablette de la précédente 
dynastie. 

(l Lrttr. vdif., Uec. XXXI pp. 314;{ir).( 

Le dessin ci-dessus est une copie de celui i|ui lut tuviiyé eu Europe avec le plan ib; 
la synagogue par le P. Donienge ; il a été copié psr le M. P. IJruckcr. 



ART. I. OESCHTPTTON Di: T.A SYNAGOGUE. O 

de Moïse. Il a le visage couvert d'un voile de colon fort délié. A 
coté de lui est un souflleur, et quelques pas plus bas un uMouii 
chargé de redresser le souffleur en cas qu'il se trompe.» 

Revenons j\ la description du Mémoire. "Au-dessus de la tablette 
de l'Empereur, on voit cette inscription hébraïque en lettres dor (1): 
Ecoutes Israël, Jéhova notre Dieu est le seul Dieu. Béni soit son 
nom. Gloire à son règne pendant réternité" (2). 

'«La seconde partie de la nef' forme une espèce de tente carrée 
en dehors et ronde en dedans 3). C'est là. le Saint des Saints des 
Juifs de la Chine. Ils l'appellent Béthel, et en langue chinoise 

Tien-tang>->, c'est-à-dire temple du Ciel Ce lieu si respecté des Juifs 

de la Chine renferme leurs tahimj^, c'est-à-dire leurs Livres sacrés des 
divines Ecritures (4). A côté du Béthel il y a des armoires (5) 
[I Fig. gg] oii sont des tnhings et d'autres livres usuels.", 

(1) Les Lettr. rilit. donnent au bas de la page le texte liébraïiiue. 

\'2) Avant de passer à la seconde partie de la nef de la syiuij,'o<,aie, voiei les détails 
(jue donnent les Déléj,Miés sur ee cju'il y avait entre elle et la tablette de la dynastie iliiig. 
(ïBebind tbe impérial îablet tbere is a woodeu franie-work, like a door way [or ornamental 
frarae ™ i^ y""'-'o«]*'- ^H F'K- E], «tbe transverse beani of wbieli is painted green, 
and tbe pillars red, about niue feet bigh, and eiylit feet wide.» P. ~\). — «At front of tbis 
[franie-work] is written lu Hebrew lettfvs: Inefi'ahic is his naine, for Jchovah ix f lie god 
of gods». — [_Le Mémoire donne une autre inscription hébraïque placée sur le frontispice du 
Béthel, dont la traduction est: «Saches que Jéhova est le Dieu des Dieux, le Seigneur, 
Dieu grand, fort et terrible.» Lettr. édif.. XXXI Rec, p. 312. Le Mémoire ne décrit pas 
l'arcade mentionnée plus haut, mais elle est bien visible dans la Fig. II en E. «In trout of 
tbe sacred cell a little on each side, tbere is a bigb tripod for burning paper tbat bas bad 
writing on it.n P. 27. 

(3j Les Délégués en donnent la description suivante: «IJebind tbe franie-work re- 
sembliug a door-way is tbe hexagonal shrine, containing the sacred writings, on the sides 
of wbich tbere are little doors, tbe inside is beautifuUy painted, and contains tbe twelve 
tubes, in whicb tbe rolls of tbe law are deposited. ïbe tubes are painted and gilded, of a 
cylindrical forni, about two feet or more in bt-iulit. The laxv is \vritt<'n on white sheep- 
skins, in the Hebrew cbaracters.» P. 80. 

(4) Le P. Gozani (Lett. édif., "Vil Kec, p. (i). ajoute les détails suivants: «Il y avait 
sur des tables treize espèces de tabernacles, dont chacun était environné de petits rideaux. 
Le sacré Itim de Moïse était renfermé en chacun de ces tabernacles. Ces Livres étaient 
écrits sur de longs parchemins et plies sur des rouleaux.» 

(ri) Les Délégués semblent en parler dans les lignes suivantes : «To the right and 
left of the principal cell, tbere are two otber cells with Hebrew character inside: each of 
wbich bears the following inscription, surmonnted by two gilt circles sheiiiesh and kamou. 
[ShemesJi and Ktiinon ave tbe names of two Angels]. allear o Israël! Jehovah. oiir (fod is 
one Jehovah, Blessedhe the names of his givrions kiiigdom, for ever niid evei-.y> — uIp front of 
the left hand cell, tbere is a table, vvith a stouc tablet, engraved in Chinese, 3Ê ^ S 
Chekeaontang. the bail of perfect instruction ; before tins tbere is an iuceuse tripod, but 
no candlesticks ; the tablet is, however, broken in two. liefore tbe rigbt hand cell, stands 
auother stone on a table, ou whicb is a Hebrew inscription.» P. 27-2ti. La version de la 



6 LES INSCRIPTIONS JlIVES DE k'.\I-FONG-FOU . 

<■ Derrière le Béthel on voit les doux tables de la Loi écrites en 
lettres dor II Fig. LL! (l) (2).- 

Voilà H peu près tous les détails sur la synagogue, laissés par 
ceux qui ont pu la contempler de leurs yeux. Avant de quitter cet 
article, il nous a paru utile de traduire ici quelques lignes du Dr. 
Martin sur Tétat de complète dégradation où elle est tombée (3). 
«Sur l'un des côtés de la pierre solitaire trouvée sur remplacement 
de la svnagogue , il y avait une inscription commémorative de sa 
première construction. Mais à mes yeux, elle contenait plutôt une 
triste narration, non de sa construction et de sa reconstruction, 
mais de sa chute et de sa ruine. Elle portait gravé le mot Ichabod. 
La gloire de cette maison a disparu. Ici, sur ce lieu plein de tris- 
tesse, s'élevaient autrefois les fondements de la synagogue, et ils 
avaient été démolis et arrachés de terre, de manière à ne pas laisser 
pierre sur pierre. Les représentants de six ou sept familles qui com- 
posaient la colonie m'avouèrent avec honte et avec douleur que leur 
sainte et belle maison avait été démolie de leurs propres mains. Elle 
avait été pendant un long espace de temps, ajoutèrent-ils, dans un 
état qui menaçait constamment de tomber en ruine, et ils manquaient 
toujours d'argent pour la réparer. De plus ils avaient perdu complè- 
tement connaissance de leur langue ; les traditions des anciens ne se 



dernière inscription liébraïqiie est comme il suit: «TT7(ci is he fhat abovc ail oiitgoings.' 
Evf'ii Jehovdh, Jehovdh thc. iiiost hi/h. — The sucred incrnse ichirh the elders oitly offer iip 
at flir Fcast of ]Vcrks, un thc second daij of the nionth Sivan....» [Le texte hébreu n'ayant 
pu l'-tre transcrit en entier, la traduction ne porte pas un sens complet] P. 3(1. 

(1) Les Délégués finissent leur description avec ces détails qui ue manquent pas 
d'intérêt : «Tlie syna{,'ogue is ceiled with varuished boards, and the pillars are ail painted. 
The tloor is pa\ed with Hat stones, but some hâve been taken away and sold by the pi-o- 
fessors of Judaisin ; iu the middle of the synagogue, where the Emperor's tal)]et andMoses' 
seat are deposited, there is a raised tioor, made of planlcs. about eue foot higher than the 
rest of the tioor.» P. N:2. 

('2) Le Mciiioire, en commençant la description de la nef de la synagogue, y distinguait 
trois parties ; dans la suite il rapporte ce qui appartient à la premièi-e et à la seconde 
partie, et ne dit rien de la troisième. Le P. Brotier en composant son Mémoire, n'aui-ait-il 
pas par inadvertance omis quelques lignes de la lettre du P. Domenge? Le P. Gozani 
{Let. édif. VII Rec. pp. 17-18) mentionne aussi trois parties; il décrit brièvement la pre- 
mière et ne dit qu'un mot des deux autres. Voici sa description: «Leur synagogue a quel- 
que rapport il nos Eglises d'Europe. Elle est partagée en trois Nefs ; celle du milieu est 
occupée par la Table de parfums, la Chaire de Moïse et le \'au-.ini-pai ou le tableau de 
l'Empereur avec les Tabernacles.... où ils gardent les treize exemplaires du Ciiin-kim ou 
Pentateuque de Moïse. Ces Tabernacles sont faits en manière d'Arche, et cette Nef du 
milieu est comme le Chœur de la Synagogue. Les deux autres sont destinées A prier et à 
adorer Dieu, On va tout au tour de la Sj'nagogue par le dedans.». 

(.S) Cf. ^1 cycle of Cdthay., Part. Il, ch. IV. p. 27ô, où l'auteur a réédité ce qu'il 
avait écrit dans son livre Uini-lin pnjiers p. 3iil et dans la relation de son voyage parue 
dans le Jounuil of the XCh. Br. of the h. A. S. IWiC, lS(i7 N° III. pp. 2fi-39. 



ART. I. DICSCRIPTIOX DE LA SYNAGOGUE. 7 

transmettaient plus de père en tils ; et les rites de leur culte reli- 
gieux avaient cessé d'être mis en pratique. En cet état de choses, 
ils avaient succombé à leurs pressants besoins, et avaient vendu les 
g-ros bois de charpente et les pierres de construction du vénérable 
édifice pour se procurer quelcjues secours à leurs nécessités corpo- 
relles.» 



ARTICLE II. 

INSCRIPTIONS HORIZONTALES M P'IEX 



Des vin^t-trois inscriptions horizontales que nous donnons dans 
cet article, dix-huit nous ont été envoyées par M. Devéria ; une 
nous a été copiée par le R. P. Brucker sur larc-de-triomphe E de 
la Fiii, I : les quatre autres sont prises dans la relation des Délégués 
éditée par Smith (1). De plus la copie B ne donne que sept inscri- 
ptions horizontales; Smith en donne douze; en sorte que la copie C, 
qui Contient dix-huit inscriptions, est plus riche que les autres. En- 
tin parmi les inscriptions suivantes, plusieurs sont communes à plu- 
sieurs copies. Nous indiquerons, soit dans le texte, soit en note, au 
bas des pages, les lieux où chacune des inscriptions a été prise. 



INSCRIPTION I (2) 



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IL 



"Honorez le Ciel et priez pour l'Empire". 

Ligne de droite . Cette inscription a été placée en un heureux 
jour du premier mois de Thiver de la 17® année de K'nnrj-hi 1678 , 
de la dynastie des Tn-l'niig. 



(1) JI. Ciluvcr, dans la Kevnc Thp Bah. itnd or. lircord, w(ns, liSÎ).*}, a édité sept 
inscriptions données par Smith et a nioditié la version de queliiucs-unes d'entre elles. Quel- 
ques-unes des inscriptions données par Smith, ne se trouvent pus dans la copie C, parce 
que celle-ci a été faite avant qu'elles eussent été placées. 

^'2) Cette inscription est donnée par C; elle est aussi \isil)le sur h' plim de la syna- 
gogue [1 Fig. B]. 



ART. II. INSCKIl'TIONS IIOIUZO.NTAI.KS P'iKN. 9 

[Lignes de ;^auche . Tcli.io Konnij-tin , du titre des wcri-Un-Inng 
(1), sous-préfet de I-Hiukj (2), par faveur impériale décoré du litre 
de fong-tchcnri-hi-fiiu i'A) et de préfet de Yun-inin dans la province 
de Yini-n:in, et Tchno Ynij-clierKj] (4), intendant militaire et assis- 
tant du ^rand ju^e dans la province de Fou-kicn, ont élevé cette 
inscription. — Elle était placée sur la fai;ade extérieure de lare de 
triomphe élevé en dehors de la grande porte d'entrée \\. l'ig. B . 

Sur une des pierres transversales du même arc de triomphe 
se trouvaient gravés les noms et titres de deux Juifs chinois qui 
contribuèrent de leur argent à l'érection du monument ; à savoir, 

nri »w> tip Hw 

Tchao Yrtg-i-lieng, docteur dans un concours régulier, par faveur 
impériale décoré du titre de fong-tchen-la-foii, intendant militaire 
du district de Tchang-Xan dans le Fou-lden et d'assistant du grand 
juge de la même province, et Tchao Yng-leou, docteur dans un con- 
cours de faveur, sous-préfet de I-linng, élevé d'un degré, par faveur 
impériale décoré du titre de weii-lin-lang et de prélet de Yun-nan 
dans la province de Yun-n;i n, ont élevé cet arc de triomphe. 



INSClllPTlOX II. 






fs â ^ Jt 

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i ï i ^ m m m i 



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(1) Ce titre est accordé aux ottieiers du 1»' dei^ré du 7" raii^. JE "^ on tcheiif/- 

(2) I-lidiig est dans la province de Ykii-ikiii. t'f. l'la>fair. Thi- C/firs o/Cliiiia ii. iS.jÛ'J. 
(:>> Titre accordé aux otiiciers du 1^' degré du ■> rang, JE 35. riD trliriig-oii/j-in. 
(4) Le nom de ce donateur n'est pas inscrit dans la copie ; mais, sans aucun doute, 

il est le personnage nommé un peu plus bas: il est encore nommé plusieurs fois dans 
l'iuscription de 16U3. Le copiste de la copie (J n'a-t-il pas omis ij^uelques caractères ? 



10 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K' AI-FONG-KOU . 

Honorez les livres sacrés et cultivez les devoirs sociaux (1). 

r.es données consignées dans les lignes latérales sont les mêmes 
que celles de la précédente inscription. Cette deuxième inscription 
était placée sur la façade intérieure du même arc de triomphe que 
la précédente. Cela ressort dun titre, écrit par le copiste chinois 
des inscriptions, qui a été conserve dans la copie C. Le titre porte : 
^ P^ ^|> /j$ i}] f^ /§ 'Inscription placée dans la partie postérieure 
de l'arc de triomphe élevé en dehors de la grande porte." 

Sur une des pierres transversales de cette même façade étaient 
gravés les caractères suivants : 

On donne dans cette légende les noms et titres de ceux qui ont 
élevé l'arc de triomphe, et, cela va de soi, ce sont les mêmes qui 
sont gravés sur les pierres transversales de la façade intérieure (2). 

INSCRIPTION III (3). 

^ • m 

m m 

f X ^ ^ M I 

m ^ 



Honorez et craignez le Ciel auguste (4). 
Ligne de droite . Cette inscription a été placée en un heureux 

(1) Nous croyons que ^ Ai est ici synonyme de ^ kavg. 

(2) D ne mentionne pas cet arc de triomphe élevé en dehors de la faraude porte: par 
conséquent il ne dit rien d(? ces inscriptions; le même silence est ^'ardc par la copie B. 

(.S) Les copies B et D donnent aussi cette inscription. 

(4j Les endroits des livres classiques chinois où Dieu est nommé ^ y% lluo-tSpit 
sont nombreux. De même, les devoirs de l'homme envers Dieu sont souvent iiuuliiués aux 
mêmes livres par §J king honorer et •§ tvei craindre. 



AHT. II. INSCRIPTIONS HOKIZdNTALES P'iEN. 



11 



jour du dernier mois du printemps de l'année ken-ffiv^ 9® du rètcne 
de K'ang-hi I(î70 . 

Ligne de j^auche . Tchiio Y'ri(i-leou, sous-préfet de I-liang, 
décoré du titre de x^'en-linUang et de préfet de Yti.n-r\;in a respec- 
tueusement composé linsci-iption. 

D'après les Délégués (l), cette inscription était placée au-dessus 
de la seconde porte [I Fig. D . 

INSCRIPTION lY (2). 



n 



^ h Ji 



m 



A l'auguste Ciel, suprême Dominateur (3). 

Ligne de droite . Par décret impérial, en l'année meou-siu, 
sous l'Empereur Ctwen-tche 1658 , [Varc de triomphe (?) avec" cette 
inscription, ligne de gauche], a été élevé en un heureux jour de 
la 3' lune. 



m 



INSCRIPTION V.(4) 



it 'è: % 



fi 

± 

a 



(1) Cf. The Jeu-s... p. .52. 

(2) Cette inscription, qui se ti'ouve dans les copies B et C, est omise par les Délégués. 
Peut-être qu'à l'époque do leur visite elle n'existait plus. Le caractère ^ fong fait défaut 
dans la copie C: il est placé dans notre texte sur l'indication d'un bon maître Chinois. 

(3) Ces quatre caractères ^ yÇ _ll ^ Ilao-Vienchang-ti, sont employés ensem- 
ble pour désigner la Divinité au li^Te des Vers ^ fS Che-king, yZ. J^fl ta-ya, ode 24^, 
str. 3^ Cf. Zottoli Ciirs. litt. sin. vol. III. p. 272. Le Père Zottoli traduit : «Magni cœli 
supremus Dominus», Seigneur suprême du Ciel immense. Le sens de la phrase reste cepen- 
dant le même. 

(4) Toutes les copies donnent cette insci-iption. 



12 LKS INSCRIPTIONS -ILIVES DE K AI-VONG-VOU. 

Pour obéir au Ciel publiez sa Loi qui transforme le peuple . 
Ligne de droite . Cette inscription a été placée en un heureux 
jour de la première lime de l'hiver de l'année .^in-lrh'eou, sous 
l'Empereur Chofn-tche 1661 . 

Ligne de gauche'. L'inscription a été composée par Kia Han- 
fou de T>iin-yang (l). 

Les Délégués protestants (2) rapportent que cette inscription 
était placée à l'intérieur de la synagogue, du côté gauche, devant 
la seconde partie de la grande salle: c'est-à-dire à côté du Béthel. 



INSCRIPTION VI (3). 

jiM * m 

f ^ ± 



n 

db 

a 



Avec pureté de C(L'ur servez le suprême Dominateur (^4). 
Ligne de droite . Cette inscription a été composée par T'^ien 
Siang-k'ifii, de Tchon-ynng (5 , sous-préfet de Siang-fou (6^. 

I^Ligne de gauche . L'inscription a été placée en un jour heu- 
reux du dernier mois de l'hiver de l'année ping cheri^ sous l'Empe- 
reur Clioen-tche '1656 . 



(1) Tsing-yaiig s'appelle maintenant 55 JÇp Kiiiot'rhr)if/ dans la provinre de Chen- 
si. Cf. Playfair, un. lOOG et 823. 

(2) Cf. Tfif Jews... p. 7."). 

(3) Cette inscription rjni se trouve dans les rnpies lî et C, n'a pas été eonsisnéo 
dans le rapport des Délégués. 

{4) Cette sentence est prise du livre» des ^'ers n* ^ ('lii'l:'nig, yZ 4^ ity-ijn, 
ode 2», str. 3». Cf. Zottoli vol. III. p. 228. 

(.">) Nous ne savons pas oit cet endroit se trouve. 

(Cj Sinugfou est dans la préfecture de K^ni-fniifj, pi-ovinoe de Ho-iuni. Ci. Playfair, 
n. 2778. 



VKT. TI. INSCRIPTIONS HOIUZONTAI.KS i'IKN. 13 



IXSCIUPTION VII (V 



1 IS ^ ^ 1 



[L'Etre suprême" est toujoiii's regardant ce lieu (2). 

•^Ligne de droite . Par décret impérial, en Tannée meou-siu, 
sous l'Empereur Choeu'tclie 1658 , ligne de gauche , en un heu- 
reux jour de la 3" lune, Tare de triomphe (?) avec cette inscription 
a été élevé (3). 

INSCRIPTION VIII (4). 

m M 

^ m 

n 






i^ ^ ii 



3E 



(1) L'inscription ne se trouve que dans la copie C. Ce que nous avons tlit plus haut 
ipaR. 11 1 (2i s'applique aussi à la présente inscription. 

'2) Les (juatre caractères de l'inscription se trouvent au livre des Vers ^ 7^ ('lie- 
kinij, ^ ^ Tchcou-soiig, ode 23, str. le Cf. Zottoli vol. III. p. 302. 

(3) Les lignes latérales de cette inscription sont les mômes que celles de la -1* inscri- 
ption donnée plus haut. 

(4) Seule la copie B ue donne pas cette inscription. 



14 



LES INSCRIPTIONS .IllVES DF. K .\I-VONG-l'OU. 



La Keligion se modèle sur la rectitude naturelle (1). 

! Litiiie de droite \ L'inscription a été composée par Wang 
Yuen-foii , assistant de lintendani du district de Tn-Iianri. dans la 
province de Ho-nHU. 

Ligne de g^auche . Elle a été placée en un heureux jour de la 
première lune de l'hiver de l'année jiiuri-clwn, sous l'Empereur 
Choo)i-tch(' 165(3 . 

D'après les Délégués (2), la tablette était placée à l'intérieur de 
la svnagogue, au milieu de la seconde partie de la grande salle ; 
c'est-à-dire, devant le Béthel. 



LNSCRIPTION IX (3). 



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m 

iffi. 

PI 

0. 



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m 



Honore/ le Ciel et priez pour l'Empire. 

'Ligne de droite. L'inscription a été composée par Si C/k', prél'et 
de K'ai-fonçi-fou. 

' r.ig:ne de g"auchc . L'inscription a été placée en un heureux jour 
du premier mois de l'hivei" de l'année ping-chen du cycle, sous 
l'Empereur ('hoeii-tchc 1656 . 



Il) Le sens un i)en obscur de cette inscription nons semble être que la Keligion juive 
répond tout à fait aux aspirations naturelles de l'homme droit. Smith (The Jcirs... p. 7'i) en 
doime la ti'aduction suivante: «this religion is in accordance with Heaven, tlie true [or the 
tnieGod].)) M. Glover, (the Ihd. <ni(l . Or. lire. I\Iar. 181):^ p. 212). traduit: «tlie religion 
according with heaven]}- tnitli.» Tjc. ]'. IToang nous pi-nposa do traduire ainsi : I,a religion 
règle la droiture naturelle. 

(2) Cf. The Jewa... p. IT,. 

(3) Cette inscription était placée en deux endroits; sur l'arc de triomphe situé en 
dehors de la grande porte (cf. plus haut, p. ] et I Pig. B), et h l'intérieur de la s^-nagogue; 
ceci nous est indiqué par le copist<' du texte C. Au-dessus de l'inscription il a écrit: 

1H:M X S :A:|8!± 



ART. II. INSCKIl'TIONS IlOli IZONTAI.ES p'iEiN. lô 

INSCRIPI'IOX X (1). 

m ^ 

^ An ^ 

■ife . - *-^ 

I ^=9 li ^ fi ^* f 

^ M 

.^ 1 

M ^ 

L'Être que la llelif<i()n honore principalement na pas de 
figure. 

; Ligne de droite . Linscription a été composée par Siu, élevé 
d'un degré au-dessus de son rang, intendant impérial du Fleuve 
jaune, en même temps chargé du service des eaux, et assistant du 
grand juge de la province de Ho-nan. 

Ligne de gauche . L'inscription a été placée en un heureux 
jour de la dernière lune de l'hiver de Tannée meou-siu, lô'' du règne 
de l'Empereur Choen-lclie '^16581, 

INSCRIPTION XI f2). 



1 H S 3lC ffi 1 



Jl 



m 0. 

La doctrine supérieure de la Religion juive est venue de l'occi- 
dent. (3;. 

(1) Les copies M et C donnent cette inscription, mais elle fait défaut dans D. 
v2) Cette inscription ne se trouve (lue dans C 

(3) Le sens de l'inscription deviendra plus clair si l'on se rappelle ((ue la .Tndée est 
à l'Ouest de la Chine, et si l'on a en \ ne cette sentence du Ménioi-ial des lîiles îpa pCi 



1(> 



LES INSCRIPTIONS .IIIVKS DK K' AI-ION(;-l"OU. 



I.i5;ne de droite . L'inscription a été placée en un jour propice 
de la 5^ lune de Tannée hia-tchen, sous KUinçi-hi l(j(>i . 

Ligne de gauche . 1/inscription a été composée par \\'a/(f/ 
Lni-rjonii de S;vn-h;tn (1). 



m 

IL 



I.NSCIUPTIOX XII (2). 



i m m m 



± 



Au Seigneur de la Heligion très pure. 

Ligne de droite . Linscription a été placée en un heureux joui- 
de la l^''" décade de la 5® lune de Vannée jeu- tse, 1672; (3). 

Ligne de gauche . Cette inscription a été placée par Siu Hon- 
tch'eng, de Po-ji'imj (4), gouverneur de la province de Hou-pé. 



INSCRIPTION XIII (5) 






m 



^fî 






Pour rendre un culte pur au Ciel majestueux. 
Ligne de droite . L'inscription a été placée en un heureux jour 



Li-/./, Cbap. XVI, ^ fE )nn-I.-i, ^^Sjt^'^^^P^^4- <«^iana 
niî'ine une doctrine scriiit cxcrllt'Utc, si elle u't st. jias ('■tiulior, on n'en connaiti'ii i-uis ]a 
perfection.» 

(Il S<in-!/(iii, fVapi-cs l'iayfaii' n. (lOLM, est situé au S. (). du pays des Mongols 

Koitrliill. 

(2) Celte inscription ne se trouve (jue dans ('. 

(Si Quoique le texte n'indiiiue pas l'époque du cycle, nous ne doiiUms ])as que ce ne 
soit celui qui coiuiuença en 1(>24. Cf. paj;. 17 (U. 

(4) Pèp^inff est dans la iirovince <le Trhc-H. Cf. riayfair nn. .'HilS, 17!'!'. et ll.^Oll. 
i't) Cette inscription ne se troiuc (|ucdans C. 



AJir. II. INSCHIPTIUNS IIOIUZOMTALES p'iEN. 



17 



du premier mois de l'été de Tannée hoei-hiao, sous l'Empereur 
K'ang-hl [XQ^'i . 

[Ligne de gauche . L'inscription a été composée par Siu-hoa- 
t'choag (1), de Pè p^ing, grand trésorier de la province. 

LXSCRIPTION XIV (2). 



tfc 



EË iî: M M 








Au seigneur de la Pxcligion pure et vraie (3). 

'Ligne de droite". L'inscription a été placée en un jour heureux 
de l'été de l'année /n' we^ sous K^anghi [1679 . 

Ligne de gauche]. L'inscription a été écrite par Clien T'^iuen 
de Hon t'ing (4 '. 

Les Délégués (5) disent dans leur rapport, que l'inscription qui 
nous occupe était placée sur le devant du bâtiment qui formait la 
partie antérieure de la synagogue. 

INSCRIPTION XV ((3). 



n 

H 



^ ^ 4: 



m. 
± 



(1) L'auteur de cette inscription est le même que celui de la précédente. 

(2) Les trois copies E, C et D donnent cette inscription. 

i3i Les mahométans se servent-de ces deux caractères '^ -^ Ts'iiu/.'i-lirn pour dé- 
sif^'uer l'Etre suprême. 

(1) Il V a deux sous-pi-éfectures du nom df Ihxi fiiui; l'une, dans le ïT, 1* K'Iiiiin- 
son et l'autre dans le p ^ Kun-noii. Cf. Playfair, n. •_'.'!('i7. ConuiU' il conste d'une 
autre inscription donnée- plus bas [Inscription verticale 1\'], Clin) T.s inrii appartenait A la 
sous-prétecture qui est dans la préfecture de Son,-kiaiig, province de Kitiiig-noii. 

(.") Cf. Thr .Jrirs... p. 25 

((■)) La présente inscription ne se trouxc ijue dans C. 

3 



18 LES INSCRIPTIONS .IlIVES DE K AI-1-ONG-l-OU . 

La religion tire son origine du Ciel. 

Ligne de droite. Cette inscription a été composée par IIou 
Che-inei, par nomination impériale assistant du promoteur de la 
colonisation dans la province de Ho-nnn. 

Ligne de gauche\ L'inscription a été placée en un jour heu- 
reux du 2*= mois de Ihiver de Tannée ping-chen, sous lEmpereur 
Choen-tche 1656 . 

INSCRIPTION XVI il). 



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1^ 




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m. 


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m 


^ 



Au Principe invisible de la Loi (2). 

'Ligne de droite . L'inscription a été composée par Li Koang- 
IsouOj intendant du district de Hing-Ts'iuen (3). assistant du grand 
trésorier de la province de Fou hien. 

Ligne de gauche . L'inscription a été placée en un jour heu- 
reux de la 2^ lune de l'automne de l'année heng-siu, 9* du règne de 
K'ang-lii 1670 . 

INSCRIPTION XVII (4). 



(l I L'inscription nous est conservée seulement par C. 

(2) ^ Wf. Oiiniaiig, sans fignre extéi'ieure, à la rigueur peut aussi se rapporter à 
la lîelif^ion juive, qui, romnie l'on sait, ne se servait pas d'images ou de figures pour 
représenter la divinité. 

(3) Sur cp, district du Faii-Lioi, Cf. PlayfAir, nn. L'f)71 et 1199. 

(4) (' et D donnent pctte inscription. 



ART. II. INSCP.TPTIONS n()IUZoNT\T,i:S P'IEN. 19 

Temple du très pur. 

Selon les Délég-ués (1), cette inscription était placée à l'intérieur 
de la g-rande salle de la synagogue. D'après une courte légende 
ajoutée par le copiste du texte C, elle était placée en dehors de la 
synagogue proprement dite, au-dessous du bord saillant du toit jlt 

É S :'c ,i^ ^h W m ^■ 

Peut-être y avait-il deux inscriptions ayant les mêmes caractè- 
res ; peut-être aussi l'inscription a-t-elle occupé successivement les 
deux endroits. Avec un peu de bonne volonté, on peut bien admettre 
que les Délégués et le copiste parlent de la même inscription sans 
se contredire. 

INSCRIPTION XVIII (2). 



I ^: Il m i 



^ 



C3 

0. 



Salle du miroir brillant. 

Ligne de droite . L'inscription a été placée en un jour heureux 
de la 2" lune du printemps de l'année pinrj-tcli'en sous l'Empereur 
K'ang-hi [1676j. 

'Ligne de gauche . L'inscription a été composée par Chen-Siu^ 
originaire de Ts'ien-kiang dans le }|lf jx. Tchè-kiang, sous-préfet de 
Sinng-fou (3' . 

D'après les Délégués (4), cette inscription était placée à l'inté- 
rieur de la salle des hôtes I Fig. L . 

INSCRIPTION XIX (5). 



Hk ^ 



L'homme intelligent arrive à connaître les secrets cachés de la 
Providence. 

(1) Cf. TheJeirs... p. 70. 

(2) L'insci-iption est donnée par C et par D. 

(3) Cette sons-préfecti;re est dans la préfecture de K'di-fonij. Cf. Playfair, n. 2778. 

(4) Cf. TheJeivs... p. 81. 

(.5) D donne cette inscription. I']llf' fait défaut dans la copie C, mais elle apparaît 
un peu confuse dans l'arc de triomphe E de la Fi{{. I. Les deux caractères jj^ 7^ oii-moxi 
sont pris au livre des Vers p^ ^ CJie-kiiig, /RJ ^3 Tchcon-song, 2" ode, l^''*' strophe, où 
il est question de la Providence du Ciel. Cf. Zottoli, vol. III. p. 2'i2. 



20 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-IONG-FOU . 

Les Délégués (1) nous font savoir que daprès une petite légende 
écrite à cùté de l'inscription, celle-ci avait été placée en un jour 
heureux du 3* mois de la 15^ année de Choen-lche 1658;. 



INSCRIPTION XX (2). 

^ M 'M 

Temple de IKtre pur et vrai (3). 

Cette inscription, d'après les Délégués (i), se trouvait placée 
au-dessus de la grande porte d'entrée. 

INSCRIPTION XXI. 

Bonheur (5). 

INSCRIPTION XXII. 

^ ^ ^ §: 

Obéissez respectueusement au Ciel Auguste (6). 
Cette inscription, nous disent les Délégués (7), était placée sur 
la façade postérieure de lare de triomphe E de la Fig. I. 

INSCRIPTION XXII 1. 



^ lit 3! 



Salle de la doctrine excellente. 

Cette inscription, daprès le témoignage des Délégués (8), était 
placée à l'intérieur de la synagogue du coté droit, au-dessus de 
l'armoire à livres II Fig. g . 

(1) Cf. IVlr: .L'W.s... p. .-)■<. 

(2) Lf-s trois inscriptions suivantes ne sont mentionnées que par D. 

(S) En Chine le titre de /«'/h*/ tchrii-nr est donné aussi aux nios(iuées. Nous avons 
fait remarquer plus haut que ces deux caractères ^ ^ fs^iii/j-frhrii sont employés par 
les musulmans chinois pour désigner l'Ktre suprême. 

(4) Cf. ThvJews... p. 2."). 

(.ï) Cf. plus haut, p. 2 (1), d'autre» détails sur cette inscription. 

(Cl) Les quatre caractères de cette inscription se trouvent au livre des Annales de 1'» 
^ ♦ Yu-rhoii, Chap. I, ^ :^ Yno-tlr». Cf. Zottoli, vol. III. p. .S2S. 

(7l Cf. Tlir Jrus... p. .').'{. 

(8) Cf. The JciiH... p. SO. 



ARTICLE m. 

INSCRIPTIONS VEMTICALES f;)- Ijfg TOEI~LŒ.\ 



Nous avons indiqué ]:)lus haut que l'envoi de M. Oevéria com- 
pienait aussi quinze inscriptions verticales. Cinq d'entre elles se 
trouvaient déjà dans la copie B et six dans le texte des Délégués. 
Ceux-ci en ajoutent deux autres, ce qui fait monter à dix-sept le 
nombre des inscriptions. Nous les donnons toutes à la suite. 

INSCPxlPTlOX I (1) (2). 

m ¥ it m # 

Seul le Patriarche Abraham sut obéir au Ciel; c'est pour- 
quoi, lorsque nous honorons le Ciel, nous pensons au Patriarche 
'Abraham (3). 

•Abraham vivant, averti à temps par lAnge , put éviter Iho- 
micide de son hls Isaac^ ; c'est pourquoi, lorsque nous nous abste- 
nons de tuer les autres, nous honorons aussi Abraham vivant '4). 

L'inscription a été écrite par Clion Ts'iuen de Hoa-t'ing (5). 

D'après les Délégués, elle était suspendue aux piliers les plus 
proches du Béthel, oii Ion conservait le livre de la Loi. 

(li Donnée par C et par D avec une petite variante indiquée plus bas (-1). 

(2) Cette inscription et les suivantes sont écrite.? ici de gauche à droite. 

1.3 he contexte et la position de l'inscriiit ion près du Béthel nous i)ortent à croire 
qu'il est ici question de Moïse. 

i4] Le dernier hémistiche est ainsi donné par D \The Jeus. f). SO) : ^ Ht Jt ^ 
?dC ^ W -W 'î? 3Ê ■ «The living one prohibited killing and forhade niurder to shew his 
regard to human life.)) — D'après cette traduction, le Vivant sei'ait l'Etre suprême; cepen- 
dant il nous semble qu'alors le second hémistiche ne i-épondrait plus au précédent, oii le 
Patriarche du commencement et de la lin est une même personne. Le sens de Smith est 
plus facile à tirer de notre texte que l'on peut traduire ainsi: «Le Vivant défendit 
[à Abraham] de tuer [son fils Isaac'; c'est pourquoi, lorsque nous nous abstenons de tuer 
les autres, nous honorons le Vivant >) — Au lieu du caractère JpC placé en second lieu, la 
copie C porte 5^ » i-iu bon maître chinois nous a proposé d'écrire J%' 

(5) Ce Clien Ts'ii(eii a été nommé jikis haut, p. 17. 



22 t.ES INSCRIPTIONS .IIIVES DE k' AI-FONO-KOU. 

iNsniiprniN ii (i). 

m:k^m \H « u ê « 9. 

ii M ± *B |« -m ® * ït » 

^ :s; vHt» ;g& ^ 
^ '-r Vu ^, m 

Placés devant le grand vide l"cspace céleste? . nous brûlons le 
bois de santal, et nous oublions alors tout ce qui porte un nom ou 
a une tipure. 

Tournés vers TlJucst, nous nous débarrassons des appétits sen- 
suels, et nous ne gardons (que les prescriptions de la religion) de 
TKtre pur et vrai Dieu . 

L'inscription a été écrite par Clien Ts'iuen de Hoa-t'ing. 

D"aprés les Délégués (2), Tinscription était suspendue aux grands 
piliers de la partie intérieure de la synagogue : c'est-à-dire, aux 
piliers de la partie ou était le lîéthel. 

INSCIIIPTION III (3). 

Si # ?^ wi g- « m r^mmîê je s* 
# ^. fn « ji ^^ f a ffi s M » « m 

^ w ê!^ ê ^ ^ H" ii'ii: ^-mm 

Celui qui est arrivé à connaître les ix'lations qui l'unissent au 
Ciel à la Terre ('i), à son Prince, à ses parents et à ses maîtres, n'est 
pas loin du droit chemin qui mène à la doctrine et à la vertu. 

Celui qui s'est adonné à la culture de la bonté, de la droiture, 
du décoruiTi, de la prudence et de la véracité, se trouve à la source 
de la sainteté et de la sagesse. 

Cette inscription a été écrite par Tcliao Yng leoii, sous-préfet 
de I-liuncj, décoré du. titre de \<en-Un-lang (5). 

I/inscription, nous disent les Délégués (6), était suspendue aux 
piliers placés entre les Icnétres latérales de la partie extérieure de la 
synagogue. 

(1) Donnée par C et par J) avec un petite variante. 

•') Cf Thr Jra-s... p. 7S. Le texte <|ui V est diMiné porte : M ^ "^ ^ Wk ^ ^^ 
IP ,ê ^ ^. M ® ± ÏÏD tnC If 1 ^^ ^ M :ft. r,, .,.,:s est à peu pr^s lo 

nn'me qup celui de notre texte. 

(.3) Toutes les copies donnent cette inscription. 

(4) C'est-à-dire, il l'.Vuteur du Ciel et de la Terre. 

(5) Ce personnage est nommé plusieurs fois dans l'artiele précédent, p. 0, et dans 
l'inscription lapidaire de HiiiS donnée plus bas. 

(«) Cf. Tllf JrWD... p. 7<i, 



AUr. m INSCtUI'TKlNS ViiUTICAI.KS ÏDKI-ME.N. 2.Î 

I.NSCIlIPI'lii.N IV (1). 

* M mm^^M fâ '1' ¥ » *# m m * fi *• m 

Z^ « ft^ i* '« ® « 

Depuis que Xiu-wa Xoë' a transmis la doctrine transformatrice, 
le pays dit T'ien-tchou l'Inde a eu beaucoup d'hommes intelligents 
qui ont cherché à connaître le principe de l'existence du Ciel, de la 
Terre et des hommes. 

Depuis que Xgo-lo ^^ Abraham a ouvert la série des ancêtres, la 
doctrine [juive s'est répandue en Chine et a complété l'étude de la 
religion des Lettrés, de celle des Bouddhistes et de celle des Taoïstes. 

L'inscription a été respectueusement écrite par Clien T'siuen de 
Yun-kien ou ^^ fx Sonij-kiang. 

Les Délégués (2) ont trouvé cette inscription suspendue aux deux 
principaux piliers de la synagogue, c'est-à-dire, à ceux qui se trou- 
vaient à l'intérieur, plus près de la porte. 

IXSCIIIPTIOX V (3) 

# ^ ^ ï^ ^- â ^ ï^ ^ ^ n 

Le Seigneur toujours vivant produit sans tin des êtres. Et le 
Ciel Créateur les transforme constamment. 

Xgui Yng-h'oei (4), disciple de la noble Religion juive , après 
s'être lavé les mains, a respectueusement écrit cette inscription. 

INSCRIPTION YI. 

È H S M ± « ii ^ * a 

il) Cette inscription est donnée par li, C et I). 

(2) Cf. The Jens... p. 77. 

{'■i) Cette inscription et la suivante se trouvent clans le texte C et dans la copie 1>. 

(4) Ce Ngni Yng-k^oei est aussi mentionné dans l'inscription lapidaire de IGGo. 



2'l LES INSCIUPTIONS .lUIVKS DE K '.VI-KONG-l-OU. 

y^io-lo Abraham a établi la lÀeligion, dont la législation se 
fonde sur l'Invisible. 

Mè-clié Moïse a transmis le livre sacré, dont la doctrine 
s"appuie uniquement sur l'équilibre (l). 

X<iai Fou-clieng [2) membre de la noble Religion juive , après 
avoir brûlé de l'encens et s'être puritié, a respectueusement écrit 
cette inscription. 

INSCRIPTION Vil (3). 

w. ji * A '^ ïïn '^' $M m ^ r^^^E ^m^^-ùmië 

^ li! # ;^ ^ M-^^i'^^mÊ.'^^'nkm 

Après avoir ordonné le Ciel, la 'J'erre, les hommes et tous les 
êtres, le livre sacré l'ut publié; par là les trois grands liens (4), les 
cinq vei'tus universelles (,")) et la narration successive des faits 
anciens furent disposés en ordie pour un millier d'âges ; consé- 
quemment la vraie doctrine et la veitu furent placées au premier 
rang, avant même les êtres qui portent un nom ou sont doués 
d'une Hgure. 

Ayant combiné ensemble les dix troncs (6) et les douze rameaux 
(7), dont le cycle se compose, avec les cinq éléments (8) l'écriture 



(1) La morale chinoise a atteint son supri'iiK- (Icîjré de cléveloppemeiit flans un des 
quatre livres classiques appelé 'T' Jm Irhiuir/j/iuig. A la première pajje de ce livre se 
trouve la phrase suivante ipii semble avoir inspire l'anteur de rinserii)lioii : '-p «qλ W 
^ "^ ^ yZ >$> -Qλ • L'''7''/'///'rc en ([uestion, jxhirs ipie les passions n'ont pas encore 
outre-passé 1( s liornes fixéi s p:ir la nature], est le f;i-aiul fondement de l'ordre moral imposé 
à tout l'univers. Lefrj^e traduit; «l'iiis Mquililirium is tlie f,'reat root from whicli ^'row ail the 
Imman actinfjsin the woi-ld» 'l'I/c iJiin. <-hiss. vol. 1 p. L'IS. Le P. Zottoli donne du texte cité 
la version suivante : «^Ivpiililn-inm illud est uniscrsi maununi fundanientum» Ciirs. litt. 
sIji. vol. I. p. 171. — Enfin la version du P. S. Couvreur est connue il suit : «L'équilibre est 
le point de dépai't de toutes les transfonnaiions et de tous les ehanp;ements (pii s'opèrent 
dans l'univei-s» J^rs (jinifrr livrtf:, ]). 2!t. — L'obscurité de ces versions vient de relie du 
texte. 

(2) Le nom de Nf/ni Foii-rhciig apparaît aussi sur la pierre de Kili.'î. 

(3) Cette inscription et les cinq suivantes se trouvent seulement dans le texte C. 

(4) Celles enti-e prince et sujet, père l't lils et mari et femme. 

(")) A savoii': la lionté, la droiture, le décorum, la ju-udence et la véracité. 

(i\) Les dix troues sont: ^ - Z^. j^ . T' /$ ' G' M.^ ^' i' <t ^• 

17) Les douze rannaux sont: "f • S, ^^ ^H , If, E' ^^ ^' ^' W^ ^icl 

(Hj Les cinq éléments sont : TK ^ yC - ^1^ < ^ <l jl- Nous ne nous rendons pas 



ART. III. INSCRIPTIONS VKKTICALES TOEI-LIEN. 2o 

[juive?] fut inventée ; par là les rites, la musique et la belle élégance 
des compositions littéraires jetèrent de la splendeur pour une centaine 
de générations ; d'où il résulte que les lignes et les points la 
calligraphie juive existaient déjà à l'origine des cartes ^^ //uj-fou 
et [f^ Lo]-cliou (1). 

Ngai Fou-chenij. membre de la noble Religion [juive], après 
s'être lavé les mains, a écrit respectueusement cette inscription. 

IXSCUIPTIUX Vill. 

» ^? « ai lî: ^ iJ j* :^ tic g 3? jft ^ ;S ^ « 

Au printemps, on oflfre des ^sacrifices [à l'Être suprême, en re- 
connaissance] pour le renouvellement de la vie des êtres [hommes et 
plantes], et à l'automme, on lui en offre encore, en signe de gratitu- 
de de ce que les êtres [grains, »!<;.] sont arrivés à maturité ; c'est que 
l'on n'ose pas oublier [le premier Être qui à l'aide du] Ciel et de la 
Terre produit et développe toutes choses. 

On honore les ancêtres dans le temple, et on leur lait des 
oblations dans la grande salle : c'est que Ton veut satisfaire entière- 
ment aux désirs qu'on a d'exciter les ancêtres à jouir des oblations 
faites. 

L'inscription a été placée en un heureux jour de la l*^''*^' décade 
de la 9* lune de l'année meou-cheu [1668]. 

C'est Nrjai Fou-cheng, membre de la noble Religion [juive] qui, 
après s'être purifié les mains, a religieusement écrit cette inscription. 

INSCRIPTRIX IX. 

La Religion tire son origine du Ciel. C'est pourquoi les cin- 
quante-trois sections [du livre sacré] ^2 donnent au complet la 
doctrine sur la production du Ciel, de la Terre et des hommes. 

bien compte de la manière dans laquelle les troiicfi, les fdnnaii.v et les eiiK] t'Irnioifs furent 
combinés pour l'invention de l'écriture. 

(1) Il nous semble qu'il est ici question des fifiiires portées, l'une sur le dos d'un 
dragon, et l'autre sur celui d'une tortue, et vues, la première par Foii-Jii près du Fleuve 
jaune, et la seconde par 1';/ sur les bords de la rivière Lo. Cf. Zottoli, Curs. litt. fsiit. vol. 
II. p. 48 et tabul. V. N'oublions pas que c'est un juif (^ui est l'auteur de l'iuserijifion. 

(2) Cf. la note donnée au bas de l'inscription XV. 

4 



26 I.KS INSCUIPTIONS JUIVES DE k' AI-l'ONG-FOU. 

La Religion se fonde sur le Saint [Moïse?]. Cest pour cela que 
l'alphabet des vingt-sept caractères a réussi à transmettre ce qui se 
rapporte au cœur, à la doctrine et à létude, 

L'inscription a été suspendue en un heureux jour de la l'^'"''" dé- 
cade de la 9** lune de Tannée meou-chen [1668]. 

C'est -Vgai Fou-chenri. sectateur de la noble Religion juive , 
qui, après s'être purifié les mains, a respectueusement écrit l'ins- 
cription. 

INSCRIPTION X (l). 

Dieu est intelligent, il est perspicace ; ofïrons-lui notre culte 
avec grand soin (2). 

Nous tirons notre origine du Ciel et de nos ancêtres. Aux 
sons de la musique, attirons Dieu] au milieu de nous sans noncha- 
lance (3). 

Xgai Fou-cheng, membre de la noble Religion juive], après 
s'être lavé les mains, a respectueusement écrit cette inscription. 

INSCRIPTION XI. 

Ijt * ^ ^ lii A 4^ * ^ ^ a ^ S M # i^ ^ * 

ï PB S :2 ift 

La science de la Religion [juive] s'accorde avec les enseigne- 
ments de Confucius ; l'homme aussi bien que tous les êtres 
[vivants] tire son origine du Ciel et des ancêtres. Au solstice 



(Il La désinence exige que l'ordre des deux hémistiches soit changé. Cependant le 
texte C les donne dans l'ordre qu'ils ont dans notre texte. 

(1) H fl/i ^- Ces quatre caractères sont pris au Livre des Vors p^ Ijffi Chc- 
king, yZ /ffÊ. to-i/a, «de 20, S» strophe, où ils sont appliqués au Ciel. Cf. Zott. vol. IIL 
p. 2G0. 

(.3) ^ >f5 J'icou-ko, c'était. Ti l'aide d'une certaine musique eniploj-ée pendant les 
sacrifices, l'iuouroir et faire di-scendyc celui à qui le sacrifice était offert. Cf. le Livi'e des 
Vers ^ 1^ Chc-kiiiq, ^ ip Chung-song, 2« ode, 2» strophe. Zottoli vol. IIL p. 320 (2). 



ART. III. INSCRIPTIONS VERTICALES TOEl-LIEN. 27 

d'hiver, on s'adonne à la pratique de la perfection, et l'on garde 
religieusement les statuts établis par les anciens rois de fermer les 
barrières (1). 

La littérature juive? chinoise? reconnaît Pao-hi comme son 
fondateur. La doctrine et le sens du Livre sacré?' embrassent aussi 
la législation primitive et les figures du livre des changements. Pen- 
dant sept jours on se purifie et l'on réussit à voir de nouveau la 
pensée du Ciel et de la Terre dans leurs continuels mouvements (2). 

L'inscription a été placée en un heureux jour de la 1^^"^ décade 
de la 9° lune de l'année meou-chen [1668.] C'est Ngai Fou-cheng, 
membre de la noble Religion juive, qui, après s'être lavé les mains, 
a respectueusement écrit linscription. 

INSCRIPTION XII. 

Le Li (3), qui est l'auteur de la production et de la conservation 
des êtres, comprend en lui-même la plénitude des êtres qui sont pro- 
duits et conservés. 

Le Tao, qui donne aux êtres leur substance et leur figure, existe 
avant tout ce qui a une substance et une figure. 

L'inscription a été suspendue en un heureux jour de la 1^'''' dé- 
cade de la 9" lune de l'année meou-chen [I6681. C'est Ngai Fou- 
cheng, membre de la noble Religioii [juive], qui, après s'être lavé les 
mains, a respectueusement écrit cette inscription. 

INSCRIPTION XIII (4). 

s 15: ^ ^ ^ m ^ î^ ¥ ^ M 

La Religion [juive] embrasse les relations qu'ont entre eux le 
Ciel, la Terre, les hommes et les êtres, et ne prend pas en consi- 



(1 A la fin de l'hémistiche il y a une allusion à un règlement consigné dans le 

^ ^C. -/-A'".7, diagramme ■^ foi', lequel est expliqué au cours de l'inscription lapidaire 

de lOG:!. 

(2' Dans la 2- partie de ce deuxième liémistirhe, il y a deux allusions tirées âa 

îlis?. PQ Li-ki et du ^ ^ I-khif/, lesquelles sont expliquées dans l'inscription lapidaii'e 

de Wm. 

3' Le ^E /' de cet liémistiche signifie la même chose que le 7b '"" il" suivant, et 

tous deux semblent se rapporter à la cause première des êtres. 

(4) Cette inscription se trouve dans les copies B et C. 



28 LES INSCRIPTIONS JUIVKS DE k' AT-FONG-FOU. 

dération les ôtres divinités taoïstes qui portent un nom et ont une 
liiiure. 

La licligion juive renferme les relations qui unissent entre 
eux le prince avec ses sujets, les parents avec leurs enfants, le maître 
avec ses disciples et les amis avec leurs amis, et ne s'occupe pas du 
vide "bouddhique. 

N(i!ii Fou chcng, membre de la noble Religion juive', après 
s'être lavé les mains, a respectueusement écrit cette inscription, 

INSCRIPTION XIV (I). 

W 7> iS ^ * ^ '» ii M M « W * ^ ^I> 

Si g # ^ « fi ii m^ù'^^mm^^ 

"Le r.vo, Dieu'^, si Ion considère son existence, n'a pas de tig'ure 
visible; et si l'on considère sa non-existence, il ne se perd pas dans 
le vide, car le Tno la divinité est plutôt indépendant de l'existence 
et de la non-existence [des êtres visibles]. 

Les rites ont commencé par le culte du Ciel, et la droiture 
apparaît dans l'imitation des ancêtres. Cependant le civur de l'homme 
est toujours au-dessus des rites et de la droiture. 

L'inscription a été suspendue en un heureux jour de la l'^'"'^ 
décade de la [...?] lune pendant l'hiver de l'année ping tdi'en [1676]. 
Ngai Ché-té (2), membre de la Jleligion [juive], après s'être lavé les 
mains, a respectueusement écrit cette inscription. 

Les Délégués disent (3) que cette inscription était suspendue 
aux grands piliers de la seconde série (4). 

INSCRIPTION XV. 

5^ a ï + H « p ffi > ii> m m m h *5^ * a 
M ^ r + ^ # * pf i^ ei M fct îija « * 

Nous récitons de bouche et nous méditons dans le cœur les 
cinquante-trois sections du livre sacré (5); nous prions aussi pour la 
solide .stabilité de l'Empire. 

',1) Cette iuscriptiou et la suivanti- sont données par C et par D. 

(2) Ce personnage est mentionné dans la stèle érigée en KKîS. 

r.i) Ci Thf'Jews... p. 77-7«. 

(4) La première série comprenait sans doute les piliers plus près de la porte, aux- 
quels était suspendue l'inscription I\ ; et la seconde, ceux qui étaient plus près du Béthel. 

(.5) Smith donne en note ce qui suit : [TJie Jeirs... p. 81' ) «Tlie l'entateuch is divided 
in our common Hehrew Hibles into (iftj'-l'our sections; l)Ht on inquiring of some Jews who 



ART. III. INSCFÎTPTIONS VElîTICALKS TOKI-I.IEN. 29 

Toutes les familles sont instruites dans la connaissance des 
ving"t-sept lettres de lalphabet (l) et elles les comprennent : elles 
désirent aussi la continuelle prospérité du pays. 

AV/ai Tien, membre de la Relig-ion juivc', après s'être lavé les 
mains, a écrit cette inscription. 

-Vf/ai Hien-cheiig, petit-fils de la même famille, copiant respec- 
tueusement [les anciens caractères], les a fait g^raver de nouveau (2). 

Cette inscription, dapres le rapport des Délégués (3), était 
suspendue dans la salle ^ ^ ^ minq-lnnq-t'nng pour les hôtes 
IFig. 1. L]. 

INSCRIPTION" XVI ('i). 

En levant la tète pour regarder le Ciel créateur, peut-on ne pas 
éprouver envers lui des sentiments de religieux respect? 

En baissant la tète pour adorer le Seigneur toujours vivant, 
naturellement on sent la nécessité de purifier son corps et son cœur. 

Cette inscription fut écrite par le bachelier ^ f-^ J^ Tchao Tso- 
mei, et était suspendue aux piliers qui s'élevaient enti'e les fenêtres 
latérales de la synagogue (5). 

INSCRIPTION XVll. 

'^ ^ B m B R m m ■Jà'^à ii^p ^ m untm 

La Providence du Souverain Seigneur est intelligente, elle est 
perspicace ; pendant que les cierges aux couleurs d'argent brillent 
d'un grand éclat, nous regardons avec vénération sa majesté qui 
éclaire toute la terre. 



came from Persia, it appears that i-ecordiny to tbeir reckoniug there are fifty-three, the 
Masoi'etic fifty-second and fifty-thii-d sections htiiig combined in eue, wbicb is read duriug 
tbe week of tbe Feast of ïaliernacles.» 

[Ij Le même auteur loc. cit. +' dit : «The Jews of Persia, bowever, by rating tbe 
fiual Kaph, Me)ii, Xini, 2^c and Tsadi, as separate letters, make twenty-seveu of tbem.» 

(2) Il est probable que l'ancienne inscription de Xgai T'ien étant tombée en mau- 
vais état, son petit-fils la fit réparer après avoir pris un calque des caractères qu'il fit 
graver sur l'inscription réparée. 

(3) Cf The Jeivs... p. 81. 

'4i Cette inscription et la suivante ne sont que dans D. 
iô) Cf. The Jcus... p. 77. 



30 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k'aI-FONG-FOU. 

Le parlait bonheur accordé par le Ciel est suave, il est pur; 
tandis que la fumée du santal violet monte en nuag^es onduleux, 
nous nous adonnons respectueusement à la pratique diligente de la 
perfection morale qui répand au loin son parfum (1). 

f /inscription fut écrite par Tchao Yng-teou, plusieurs fois 
nommé plus haut et dans linscription lapidaire de 1663; elle était 
suspendue dans la partie postérieure de la synagogue, sur la seconde 
série de piliers ; c'est-à-dire, sur ceux de la partie intérieure du 
Béthel (2). 



Il Nous avons iiuliqiu'' plus liîuit ' p. L'iii l'eiKlroit <im les (juatrc cai-aclèrcs S lyj 
H JeL !/i"'-iiiiiifj-!/iir-ttni ont (''té pris. I,cs r-ariutôics |i^ p ^ jj|f lln-Jiidi/i-iiii-Ini 
sont tirés du Liviv des Vers ^ ^ Chr-king. ^h f^ tn-ij», ode 7". str. l»'"*"- Cf. Zottoli, vol. 
III. p. 2'.^~. ].i-^ ciiiactiTcs Çljï J^ frhnr)i-ki(i se trouvent dans le Livi'c drs Vers pÇ !££ 
Chr-hiiig, ;;^ ^ tf-ijii, ode ISe, str. :i'-'. Cf. Zott. vol. III. p. 257. 
(2) Cf. The Jewa... p. 7'J. 



ARTICLE IV. 

DES TRAVAUX AXTÉRIELRS SUR LES 
INSCRIPTIOxXS LAPIDAIRES. 



Si Ton veut se former une idée assez complète des ouvrages qui, 
soit directement soit indirectement, s'occupent de nos inscriptions 
lapidaires, on n'a qu'à consulter le Dictionnaire bibliographique de 
M. H. Cordier avec son Supplément (1), pour être amplement 
renseigné. Nous nous contenterons d'indiquer ici les principaux de 
ces travaux, qui ont servi de point de départ pour plusieurs autres 
postérieurs. 

En premier lieu vient le P. Gozani qui, dans un post-scriptum 
à la lettre oii il parle de la synagogue, donne un court abrégé des 
inscriptions (2). Quelques dizaines d'années plus tard, le P. Rrotier, 
se servant des lettres des PP. Domenge et Gaubil, composa une 
dissertation en latin qu'il inséra au vol. IIL de ses commentaires sur 
Tacite (3). D'après M. de Sacy (4^ et le P. Sommervogel (5\ elle est 
presque identique au Mémoire sur les Juifs élablis en Chine contenu 
dans le Recueil XXXI, pp. 296-372, des Lettres édifiantes; les deux 
travaux sont l'œuvre d'un même auteur qui traduisit en fran^'ais, en 
y ajoutant quelques détails, ce qu'il avait écrit en latin quelques 
années auparavant. L'abrégé des inscriptions fait dans le Mémoire, 
d'après les lettres du P. Gaubil (6), est assez incomplet et parfois 
inexact, comme . on peut s'en convaincre en le comparant avec la 
traduction donnée plus bas. 

En 1749, quelques années après avoir écrit les lettres utilisées 
par le P. Brotier dans son Mémoire, le P. Gaubil finissait son Traité 
sur la Chronologie Chinoise (7), où il s'occupe des inscriptions de 



(1) Cf. DIct. Bihl. part I. coll. (io.-O.SS., Supphhii. fasc. II. coll. 170(5-1708, et fasc. 
III. coll. 2174. 

(2) Cf. Lctt. édif., Kec. III. pp. 20-27. 

(3) Cf. Dict. Bibl. de H. Cordiei-, col. O?-") vVe Judœis sine^sibiis.. » 

(4) Dict. Bibl. loc. cit. 

(5) Cf. Biblioth. île la C" <lr •/., vol. II., art. Brotier, col. 207. 

(6) C'est sans doute par inadvertance que le K. P. Brucker écrivait dans la Rev. 
des Qiiest. HisL, tome 37, 1885., p. 497 : «C'est le P. Gaubil qui a donné le premier une 
traduction complète des quatre inscriptions chinoises...» Le P. Gaubil n'en a donné ({u'un 
abrégé. 

(7) Ce traité fut édité par S. de Sacy en iS14. Cf. ibid. pp. 201 2ilS, ce ([ui se rapporte 
à notre sujet. 



32 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE Iv' AI-VONG-FOU. 

K'ai fong à son point de vue chronolog^iquc. Dans une note à lins- 
cription de 1489 et dans l'Art. ^'I1I nous examinerons son opinion 
d'après les inscriptions, sur les temps d'Abraham et de Moïse, et sur 
l'époque de l'entrée des Juifs en Chine. 

Le P. Ignace Koegler S. J. s'est occupé de nos inscriptions en 
plusieurs de ses ouvrages (1) écrits en latin et en allemand ; mais ces 
livres faisant défaut dans notre Bibliothèque de Zi-ka-\vei, nous n'en 
pouvons rien dire. 

Dans une lettre du 28 oct. 1770 2\ le P. Ci bot affirme que les 
inscriptions de K'ai fong copiées par le P. Gozani furent traduites 
par le P. Beauvollier. et que texte et traduction furent envoyés en 
Europe. Jusqu'à présent, personne, que nous sachions, n'a vu cette 
traduction. L'on peut même se demander si elle fut jamais faite par 
ce Père, et il ne serait pas surprenant que le P. Cibot dans cette affir- 
mation eût commis une inexactitude. Il peut se faire que le P. Cibot 
ait été induit en erreur par ce que le P. Le Gobîen dit. p. XII. de 
sa préface au P»ecueil MI. des Lellre^ édifiantes (3). 

Le volume XV dex Mémoires sur les Chinois contient aux pp. 
52-58 une dissertation ou digression sur les temps où les Juifs ont 
passé en Chine par le P. Cibot. Vers la tin de la digression, le Père 
résume en dix lignes le contenu de nos inscriptions. Il v dit aussi : 
"Nous en avons actuellement une copie sous les yeux, et nous nous 
étions proposé d'en mettre ici une traduction littérale; mais en 
l'examinant de près, nous y avons découvert des fautes, et, en 
pareille matière, nous ne voudrions pas hasarder un mot.» Il est 
regrettable qu'un sinologue tel que le P. Cibot n'ait pas donné suite 
à son projet de traduction. 

Aers le milieu de ce siècle, en 1843, James Finn publia à 
Londres un petit volume in 12' de \lll-85 pages intitulé 7] '^ %, 
Tac kin hiao, The Jews in China. Malgré le nombre d'auteurs 
indiqué à la fin de la préface, il est évident pour 'quiconque a par- 
couru le livre que ses principales et uniques sources, en ce qui 
touche à la description de la synagogue et à celle des inscriptions, 
ont été la lettre du P. Gozani, et le Mémoire du P. Brotier. 



(1) Cf. II. Cordier, DIrt. BlhL. col. ^\■.^r^ et iYM>. 

(2) Cf. Étiiilat religieuses tome XII, 187", p. 752 et seq. 

(;i) Le P. J. Krucker, très au courant des travaux de nos Pères en Chine au XYIII* 
siècle, dans une lettre du 17 Oct. lsil7, m'écrit: «Quant aux traductions du P. Beauvollieri 
je n'ai pas pu encore les ti-ouver à la Bibliotlièiiue Nationale... R[. Chavanues qui aifinne 
(dans riilncyclopédie Laniiiaultl (inc la Piililiotliè(jue Nationale possède ces traductions 
pourra sans doute me renseifrner..., mais je ne crois pas (lUe réellement le P. Beauvollier 
ait envoyé des coy)ies et des traductions des {,'randes inscriptions de la synagogue; je n'ai 
trouvé aucune allusion à ce fait dans la correspondance relative aux Juifs, qui est réunie 
au N° 21 des manuscrits relatifs à la ('liine, dans notre maison de S*»' Geneviève.» — M. 
Chavanues, interrogé plus tard sur ce point, n'a pas encore donné de réponse satisfaisante. 



AKT. IV. TRAVAUX ANTÉRIEURS SUR LES INSCRIPTIONS. 33 

Pour ce qui est des inscriptions, Finn donne en anglais la tra- 
duction littérale du résumé fait par Brotier indiqué plus haut. 11 y 
a cependant une petite différence; au lieu de traduire le résumé de 
la 4" inscription du P. Brotier, il met entre crochets ce qui suit; 
«this inscription is of the same subject-matter as the last ; but has 
added the names ot the sevcn Hebrew tsung, then residing in Kae- 
fung-foOj viz., Tuo, Kiii, Che, Kao, Teman, Le, and Ngai (1). 

M. Cordier, dans sa Bibl. Sin. col. 637 et dans le Supplément, 
fasc. II, col. 1767, indique plusieurs articles qui, inspirés du livre 
de J. Finn, lurent alors publiés dans plusieurs revues ou brochures; 
mais n'a3^ant pas eu d'autres documents, leurs auteurs n'ont pu rien 
ajouter de nouveau à ce que nous savons déjà par la lettre et le 
Mémoire des PP. Gozani et Brotier. 

Les Délégués indigènes /v'ew Th'een-sang et Tseang Yung-che, 
envoyés en 1850 à K'ai-fong-fou par The London Society for pro- 
moting Cliristianity among the Jews, revinrent avec une copie assez 
défectueuse de deux inscriptions gravées en la 2® année de Hong-tche 
et en la 7* de Tcheng-lé respectivement. Le Dr. Medhurst en fit une 
traduction. La copie et la traduction parurent dans la brochure de 
G. Smith. Ayant dit dans l'Introduction ce qu'il faut penser, à notre 
avis, de l'une et de l'autre, nous n'y reviendrons plus ici. 

Après la publication de la relation des Délégués, on s'en occupa 
dans plusieurs livres et revues (2). Notons parmi les livres Life in 
China by the Pvev. W. C. Milne, qui, (part IV, ch. II. pp. 341-342), 
donne quelques extraits de la traduction des inscriptions faite par 
le Dr. Medhurst, et La Chine et les Puissances chrétiennes par D. 
Sinibaldo de Mas, qui, (vol. I. p. 87), indique brièvement, d'après 
les susdites inscriptions, quelques dates et quelques faits relatifs à 
la synagogue. 

Parmi les articles des revues (3), une longue dissertation d'Alex. 
Wylie [The Israélites in China) (4), mérite une mention spéciale. 
Son auteur s'appuie à plusieurs reprises sur les inscriptions de 1489 
et de 1512 pour prouver la thèse de son article que les Juifs étaient 
les adorateurs de la divinité ^<^ Hien mentionnés dans plusieurs 
documents indigènes (5). En parlant de l'inscription gravée en 1512, 

(1) Cf. loc. cit. p. 57 — \V. Williams, The Miâdie Klngdom, vol. II. chap. XVIII. 
pp. 287-289, dorme un abrégé de la description de la synagogue faite par J. Finn ; il y 
constate l'existence des inscriptions sans parler de leur conteini. 

(2) Cf. H. Cordier, Dict... Bibl. col. G37 et Siipplcmeut, fasc. II. col. 17()7. 

(3) Cf. The Chili, liepos. vol. XX. pp. -ISO-IC.t;. The North China llcvald. N° 2.">, du 
18 Jan. 1851. 

(4) Cf. The Chili, lirpvsif. 18(53, nn. I et II, pp. 13 22 et 43-52. La dissertation fut 
traduite eu Français et parut dans les Annales de Philos, chrét., Fév. et Mar. 18G4. 

(5) Cf. Miisnliiians et Manichéens Chinois par M. G. Devéria, extrait du Jourii. 
Asiat. 1898, pp. 24-25-30 et 43. M. Devéria y démontre péremptoirement que les sectateurs 
de la doctrine ^\)\, ^ Hien-kiao n'étaient que des Manichéens. 

5 



34 LES INSCRIPTIONS .ILIVICS DE K' AI-FONG-l-OU. 

il dit qu'elle donne «n gênerai outline of Ihe religrious views of the 
Je^vs résident in China at that period, furming a traditional mémento 
of singiilar interest, as surviving the intluence of centuries of hea- 
then contact. >■ 

M. ^^^ a. p. Martin a public plusieurs lois (1) la relation de 
son vo5'age à K'ai'fong-fou en 1866. Dans une note il donne un 
résumé de la doctrine juive, telle qu'elle est consignée dans les deux 
inscriptions éditées par Smith . 

Le Colonel Yule, dans son ouvrage sur Marco Paolo (2), con- 
sacre quelques lignes ei nos inscriptions dont il donne de courts 
extraits. 11 y a écrit ces mots: "It exhibits, as the inscription does, 
the effect of Chinese tempérament or language in modifying^ or dilu- 
ting doctrinal statements». 

Dans le courant de l'année 1867, J. L. Lieberman visita aussi 
K'ai'fong-fou et fit la relation de son vo3'age dans une lettre à son 
père ; quelques renseignements tirés de cette letti'e furent publiés par 
i'tlie Je\iish Chronicle (Jul. 11, 1879, p. 12) et fournirent au journal 
hebdomadaire de Shang-liai, The North China Herald (3 oct. 1879) 
l'occasion d'un article dont nous extrayons quelques lignes : «This 
enterprising traveller Lieberman is the first European Jtw who has 
had communications \vith the remuant of the Jews in China and the 
points he noted which hâve not been observed or placed on record 
by the travellers, though not numeious, are interesting.» Entre 
autres choses il constate la destruction de la synagogue, dont l'em- 
placement n'est marqué que par quelques pierres. 

J. Finn a publié en 1872 un nouveau livre sur la colonie juive 
de K'ai-fûng (3). Au sujet de nos inscriptions, l'auteur écrit (p. 57). 
'iTheir reports (des Délégués), including the inscriptions on the 
tablets, provide topics for deep considération, and are the more va- 
luable, since Ave cannot but fear that those tablets are now lost or 
destroyed.» Heureusement ces craintes ne se sont pas encore réali- 
sées. Vu l'importance des inscriptions, Finn copie intégralement la 
traduction de celle de 1489 et donne de longs extraits de la traduc- 
tion de celle de 1512 (4). 

Enfin M. A. K. Glover est peut-être celui qui a le plus travaillé 
dans ces dernières années à faire connaître les inscriptions de K'ai- 

(1) Cf. Siipiûénunit Account of an Ocerhinil JoiiDtrij... Journal, of the N. Ch. Br. of. 
the As. Soc. 11. III. Dec. ISfilJ, pp. 'JG-.'^'J ; llon-Un Papers, p. 3()0 et seq.; A Cycle ofCathai/, 
pp. 273-279. 

(2) Cf. Tlir liouk of Marco Paolo hy Colonel Yule, London, 187'), bock II, chap. V. 
p. 337, note 3. 

(3) The Orphun Colonij of Jews in China by J. Finn, London, 1872. Cf. H. Cordier 
mil. Sin., Suppléni. fasc. II. col. 1706. Ce livre, qui n'est plus dans le commerce, nous a 
été gracieusement prêté par le Dr. Joseph Edkins le doyen des sinologues en Chine. Nous 
lui offrons ici nos plus sincères remerciments. 

(4) Cf. ibid. pp. 7'.i-S«. 



ART. IV. TRAVAUX ANTÉRIEURS SUR UES INSCRIPTIONS. 35 

fong-fov. : il s"en est occupé à plusieurs reprises dans plusieurs re- 
vues (1). Comme il l'avoue lui-même, il s'est contenté de donner le 
texte défectueux des inscriptions des Délégués protestants avec la 
traduction du Dr. Medhurst, telles que l'un et l'autre furent publiés 
par G. Smith. De plus, au bas des pages, il a placé des notes expli- 
catives de deux sortes ; les unes lui appartiennent, les autres sont 
l'œuvre de M. Terrien de Lacouperie. 

En résumé, malgré le grand nombre d'auteurs qui se sont 
occupés de la synagogue de K'ai-fong-foii et de ses inscriptions, il 
n'y en a que cinq, (les PP. Gozani, Domenge et Gaubil au XYIII 
siècle, les Délégués protestants et M. Martin au XIX siècle', qui 
aient donné des renseignements originaux de quelque importance. 
Après ceux-là, on peut, sans inconvénient, se dispenser de lire les 
autres auteurs, qui n'ont fait que les citer, en les abrégeant ou les 
commentant :2). 



(1) M. Cordier, Bill. Sin. Siipl., fasc. II., col. 1768, signale plusieurs articles de M. 
Glover parus dans le Bab. and Or. Becord de 1891 et 1893. Au fasc. III, Col. 2174 du 
même Siipplémenf , M. Cordier signale encore des art'cles du même auteur édités dans Bi- 
hlia, vol. VII n. 7. oct. 1894. M. Glover a réédité les inscriptions de 1489 et de \')\2 avec la 
traduction du Dr. Medhurst dans la revue juive « Menorah» de 1888 à 1891, et la première 
de ces deux inscriptions avec la traduction du même Dr. Medhurst dans la revue Transa- 
ctions of the Mcriden Scientific Association, vol. VII 189ô. Le regretté M. G Devéria me fit 
parvenir il y a quelques mois cinq photographies contenant le texte chinois de la stèle de 
1489, prises sur le texte imprimé de Smith [Tlie /cet'.s... pp. fi2-6t;)- Elles lui avaient été 
envoyées par M. Glover. 

(2) Nos inscriptions ne sont pas tout à fait inconnues aux lettrés chinois. Le R. P. 
H. \ia.\ret, (La Stèle de Si-ngan-foii, part, II pp. 387-:588 , donne deux pages d'un livre 
chinois intitulé -fl^ ^i T^G M pl-sié-ki-che, où l'auteur, sans mentionner l'inscription de 
1489, expose à sa manière phi.sieurs faits qui y sont consignés; il ajoute même, ce que 
l'inscription ne dit pas, que les Juifs de K'ai-fong-fou, en connivence avec ceux de Si- 
ngan-fou, gravèrent la fameuse stèle, l'ensevelirent sous terre en secret, et feignirent de la 
découvrir quelque temps après, pour coufirmer l'antiquité de leur religion en Chine. 



ARTICLE y. 



TEXTE ET VERSION ANNOTÉE DE LTNSCRIPTION DE 1489. 

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JnL 



INSCRIPTION COMMEMORATIVE 
DE LA RECONSTRUCTION DE LA SYNAGOGUE DITE 

TS'IXG-TCHEN-SE (l) 



Ngo-ou-lo-Jian [Abraham], le patriarche et fondateur de la 
Religion de I-se-lo-nié [Israël], était descendant à la dix-neuvième 
génération (2) de P'an-hou Xgo-tnn [Adam] (3). Depuis le commen- 
cement du ciel et de la terre, les patriarches, fidèles à la tradition 
qu'ils se léguaient, ne façonnaient pas de statues, ne doutaient pas 
sur les esprits (4) et ne croyaient pas aux pratiques superstitieuses. 
En ce temps-là les esprits ne secouraient pas les hommes, les 
statues [idoles] ne leur accordaient pas protection, et les prati- 
ques superstitieuses ne leur étaient d'aucune utilité. Le patriarche 

N.B. Le texte chinois est écrit de droite il gaucho. 

(1) -Nous ne voyons pas de raison suffisante pour mettre frmplr aii lieu de si/naqogur, 
comme le veut M. Glover contre l'usape conimr.uément suivi. 

(2) Le nombre des générations qui séparent Aliraham d'.Adam répond à celui donné 
au liv. I des Paralip. ch. I, 1-4 et 24-27. 

3) Adam est honoré du nom de P'(i"A-o// qui, selon la mythologie chinoise, fut le 
premier hominr- qui sortit du chaos Cf. Mayers, The Chinese Eender's Mnnval, n. ô58. 

(•Ij W j% Chrn-koei peut signifier ici, soit les esprits en général, soit les esprits et 
les âmes des morts. 



ART. V. INSCRIPTION DK 1480. .37 

55. * « ê. * 4. # m, ^ M 7^ m -^ 
- ffi m m. g fk r»i m « i^ -t. « *> 

'i:> iS:. Jht fiili ^, ^ s'a:, ïi fl-, âî, EQ * « 
f# # * .t< fà n !k Wi fc il n^ tt. ït 
*. * ^. *É * ft. * «. «t * fr 3? 1ï 

[Abraham] donc, considérant que le Ciel (1) subtil et pur qui demeure 
en haut est très vénérable et sans pareil, et que, quoique la Voie (2) 
du Ciel [la Providence] ne parle pas, cependant les quatre saisons 
suivent leur cours et tous les êtres viennent à la vie; voyant en outre 
que les êtres [fruits de la terre] naissent au printemps, croissent 
pendant l'été, sont récoltés pendant l'automne et gardés dans les 
greniers pendant l'hiver; que [parmi les êtres] les uns volent dans 
l'air, les autres plongent dans l'eau, que ceux-ci se meuvent et que 
ceux-là végètent, que les plantes, tantôt se couvrent de feuilles, . 
tantôt en sont dépourvues, que les fleurs tantôt s'ouvrent, et tantôt 
se fanent, que les êtres vivants viennent naturellement à la vie, que 
ceux qui se transforment arrivent d'eux-mêmes au terme de leurs 
transformations, que ceux qui sont doués d'une certaine figure 
l'acquièrent spontanément et enfin que ceux c|ui sont ornés de cou- 
leurs s'en parent d'eux-mêmes, tout-à-coup (3), comme s'il se fût 
éveillé du sommeil, il comprit les secrets profonds que tout cela 
renfermait. 11 se mit donc sérieusement à chercher la vraie doctrine 
en vue d'aider le vrai Ciel (4), de tout cœur il le servit, et s"adonna 

(1 ' Ces deux adjectif ^S A'/;?!; et {^ ts'ing peiivent donner à entendre que l'auteur 
parle du ciel matériel; cependant les quatre caractères suivants 2E J^ ^ 3^ tchctsuen- 
ou-toei semblent se rapporter au Seigneur de Ciel. En tout cas la phrase est obscure. 

12) Ce caractère 7s Tao est celui qui nous a le plus embarrassé dans notre version; car 
dans ces inscriptions il est emploj-é en plusieurs sens divers. Tantôt il désigne la droite 
doctrine en général, tantôt la Religion des Juifs en particulier; il signifie dans un endroit 
la voie droite à suivre ou la loi naturelle, et dans un autre, la voie suivie par la Divinité 
dans ses opérations sur la création, ou la Providence. Il nous semble même que quel- 
quefois il signifie la divinité. Quand nous le trouvei'ons dans notre texte, nous pLicerons 
souvent entre crochets le sens que nous croyons devoir lui donner. 

(.S) Un bon lettré me fait remarquer que l'expression ^? flU est trop vulgaire, et ne 
convient pas au style de l'inscription. A son avis, les deux caractères seraient un nom 
propre, mais nous ne voj'ous pas à qui ce nom de Hoii-ii peut être donné. 

(4) Smith, The Jeivs... p. 07, donne: «and adoringly praised the true Heaven (God)»: 
il a pris ^^ tsan, aider, dans le sens de ^f tsan, louer; cependant l'idée d'«aider le Ciel» 
nous semble plus conforme au texte ; elle est aussi conforme à la doctrine enseignée 
dans le ^ JB Tchong-yong. Cf. Zottoli, Curs. litt. shi. vol. II. p. 165, n. 22. 



38 LES INSCRIPTIONS -HIVES DE k' AI-FONG-FOU. 

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tout entier à le vénérer respectueusement. Ce fut alors qu'il posa les 
fondements de la Religion qui sest transmise jusqu'à ce jour En 
examinant [les sources historiques, on trouve que cela eut lieu] en 
Tannée cent-quarante-six de la dynastie de Tcheoii (1). Par une 
première transmission orale, la doctrine par\int jusqu'à Mié-chè 
[Mo'ise], qui fut aussi un patriarche de la vraie Religion. Après 
examen on trouve qu'il vécut en l'année 613 de la dynastie deTcheon 
(2). Mié-ché [Mo'ise] en naissant avait reçu une intelligence très 

(1). Cette dynastie ajant coiuniencé vers l'année 1122 av. J. C, il s'ensuit que selon 
l'inscription, Abraham aurait fondé la religion vers l'année 977 av. J. C. Smith donne en 
note (p. G7) ce qui suit : «^^'e cannot refer this to the dynastj' of Chow, which comraenced 
B. C. 1113, the 146th year of which would synchronize with the time of Rehoboam; aud no 
Israélite could be so ignorant of the antiquity of bis race, as to suppose that Abraham 
flourished onlj* eleven hundred years before Christ; we are necessitated therefore to l'efer 
the Choiv spoken of in the text, to the state founded by Hoir-tseiJi, who flourished in the 
days of Shun, B. C. 22-54 ; between which date and that of B. C. 1817, when the Clwio state 
was Consolidated, we must look for the period from which the 146 years, referring to Abra- 
ham, and the 613 j-ears referring to Moses is to be reckoned.» Le Père Gaubil, Traité de Ja 
cJiroiwlogie chinoise, Y). 2('>^->, HYSiit (lé']À inàitiué cette explication. «Il paraît, écrit-il, que 
l'époque de Tcheon est ici l'année du règne de Yao, dans laquelle Heou~tsi, chef de la 
famille de Tclieoii, fut déclaré prince ou seigneur d'un état érigé en principauté ou 
royaume tributaire.» 

Cependant c'est trop violenter le texte que de lui donner un pareil sens. /5J ^ 
Tcheou-trhao, dans son sens naturel, se rapporte aux temps où l'Empereur de la famille 
de Tcheon donnait audience dans sa cour impériale et y recevait les hommages (jui lui 
étaient dus. Or cela commença à avoir lieu sous ÏE\ zt Qn-wavg (1122 av. J. C.;. De 
plus, Ileoii- i'ii ne fut pas prince ou seigneur du territoire de Tcheoii, mais de celui de p|i 
T''ai dans le gK « Chcii-ai. De là, l'un de ses descendants, à la fin de la l^""^ dj'nastie, 
émigra et alla s'établir A ^ Pin dans la même province. Ce ne fut q\xe le grand- 
pore du fondateur de la dynastie de Tcheaii. qui, abandonnant Pin, s'établit dans la région 
de. Trhfoii. Enfin le titre posthume de 3E TT'^(/»,7, donné par l'Empereur 0(< à quelques- 
uns de ses ancêtres, c'est-ù-dire, jI son père 5C Wen,à. son grand-père lE ^p Uong-ki 
et il son bisaïeul yPC 3E T'rii-wnng, ne suffit pas pour qu'on puisse appeler ^ ^ Tchcni- 
tchao l'époque où ils vécirent. Nous préférons donc voir dans l'inscription une erreur 
chronologique, qui, pour une époque si reculée, par rapport à des personnes qui vivaient 
dans un temps où les table aux comparatifs de dates n'existaient pas, est bien excusable. 

(2) Kn plaçant en l'année 1122 av. J. C. le commencement de la dj-nastie de Tcheon, 
si les recherches de l'auteur de l'inscription étaient exactes, Mo'ise aurait vécu vers l'an 
.^10 av. J. C. Cf. ce que nous avons dit dans hi note précédente. 



ART. V. INSCRIPTION l)E 1489. 39 

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perspicace ; la l^ontc du ctrur et la droiture ne lui faisaient pas 
défaut ; en lui la voie [inclination naturelle à suivre la voie du bien' 
et la vertu acquise étaient de tout point parfaites. Il se retira sur le 
sommet de la montagne de Si-na [Sinaï] pour demander [à Dieu^ le 
Livre sacré : à cet effet il jeûna pendant quarante jours et quarante 
nuits; il écarta ses passions. Il s'interdit complètement le sommeil 
et la nourriture et avec une volonté sincère il s'adonna à la prière ; 
son cœur respectueux ayant touché le cœur du Ciel, les cinquante 
trois chapitres du Livre sacré étirent alors leur origine. Le sens qui 
y est content! est très profond, mais très beau. A sa lecture les bons 
en sont touchés et révèlent la bonté du cœur de l'homme, tandis que 
les méchants, en étant réprimés, coupent court aux désirs déréglés 
de leur nature. 

Après une nouvelle transmission de la doctrine [par le livre 
sacré et par la tradition] l'on arrive à Xgai-tse-la [Esdras], patriar- 
che, lui aussi, de la vraie Religion. Descendant des patriarches, il 
reçut d'eux l'héritage de la voie [doctrine]. 

La voie [manière] d'honorer le Ciel et de faire les actes du culte 
[contenue dans le livre sacré et dans la tradition] suffit bien par elle- 
même à rendre manifestes les sentiments m3'stériettx de la voie 
[doctrine] suivie par les anciens patriarches; cependant, pour que la 
voie [manière d'honorer le Ciel et de faire les actes du culte obtienne 
ce résultat, elle doit se baser sur des pratiques extérieures dites li et 
pai, et doit être animée par des dispositions intérieures nommées 
f-sing et tchen. T'sing veut dire que l'adorateur doit discerner clai- 
rement l'unité de l'ntre adoré, sans qu'il partage son adoration 
entre deux objets; Ichen signifie que l'adorateur doit avoir une in- 
tention droite et dégagée de toute affection déréglée ; les pratiqties 

(il II est fait encore uieiition des cinquante-trois chapitres du livre sacré dans les 
inscriptions verticale.? IX et XV données plus haut pp. 2.ô et 2S. 



40 I.ES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-FONG-FOU. 

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extérieures sont désig^nées par les caractères H et paT ; or li signifie 
lacté externe de vénération et pas autre chose, et pai signifie l'a- 
baissement du corps prostration' pour accomplir les actes rituels 
du culte. 

Au milieu des occupations journalières, Ihomme ne doit pas 
même un moment oublier le Ciel ; c'est pourquoi l'adoration répé- 
tée trois fois par jour, le matin, à midi et le soir, est en toute 
vérité une pratique très raisonnable de la voie [loi] naturelle (1). 

Mais les anciens sages qui de tout cœur vénéraient le Sei- 
gneur , quelles œuvres pratiquaient-ils? Sans ai;cun doute, d'abord 
ils lavaient leur corps, ils changeaient de vêtements, purifiaient leur 
conscience, réglaient leur facultés et avec un grand respect et une 
grande vénération ils entraient jusque devant le Livre sacré de la 
voie [doctrine] (2). La A'oie [Etre suprême] n'a pas de forme corpo- 
relle ni de figure ; cependant, imposante par sa majesté, la Voie du 
ciel [Être qui gouverne le ciel] habite en haut; c'est pourquoi pour 
le moment nous exposerons avec ordre les grandes lignes du culte 
en l'honneur du Ciel (3). 

D'abord, l'adorateur courbe son corps pour honorer la Voie 



(1) li'heiire chiuoise Yn va de 3 ' à o^ du matin; Ou, de 11'' du matin à 1'' de l'a- 
près-midi, et Siu, de 7^ à 9'' du soir. La coutume de prier trois fois par jour est consignée 
à plusieurs reprises dans les livres de l'Ancien Testament. 

(2) Smith, (p. Gî>), donne : «they reverently apjiroached before the eternal Reason and 
tbe sacred writings.» M. Glover ajoute en note: «I cannot but see in tins Kterual Reason 
something more tban the everlasting trutb of (Jod.» Cf. Transdct. of the Mericl. Scient. 
Assoc. 188.J, p. 20, (4). 

(3) Le passage suivant nous parait un peu obscur à cause du caiactère lia Tao 
qui est répété tant de fois dans les phrases qui le composent. De plus, deux bons 
lettrés indigènes que nous avons pi-iés de ponctuer notre texte chinois, se sont trouvés en 
désaccord pour quelques phrases. Noup donnons dans le corps de la page la version (jui 
)iou8 semble la plus probable, et qui, en plusieui-s endroits, se rapproche de celle donnée 
par le Dr. Medliurst. TJic Jews... p. Gî). 



AKT. V. INSCRIPTION DK 1480. 41 

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[Divinités] ; c'est que la ^'oie [Divinité est présente à l"acte de cour- 
ber le corps. Au milieu il se tient debout, sans s'appuyer, pour 
honorer la Voie Divinité^ ; c'est que la Voie Divinité^ est présente 
à l'acte de se tenir debout au milieu. En repos, il conserve son 
cœur en paix et développe les bonnes tendances de sa nature, et par 
une louaiif^e secrète il honore la Voie Divinité , c'est-à-dire, le Ciel, 
qu'on ne doit pas servir négligemment. En mouvement, il examine 
ses actes et par une louang"e retentissante il honore la ^'oie Divinité I, 
c'est-à-dire, le Ciel, qui ne peut jamais laisser d'exister (1). L'ado- 
rateur recule de trois pas, et à l'instant [il s'aperçoit que la Divinité] 
y est déjà; conséquemment il y honore la Voie [Divinité] qui est 
aussi en arrière. Il avance de cinq pas et regarde [vers la Divinité] 
qui est devant lui; en conséquence il y honore la Voie Divinité qui 
est aussi par devant. Tourné vers la g:auche, il courbe son corps 
pour honorer la Voie [Divinité] ; c'est que [la Divinité] est à sa gau- 
che, côté réputé propice et meilleur [que le côté droit]. Tourné vers 
la droite, il courbe son corps pour honorer la \o\e Divinité' ; c'est 
que la \'oie [Divinité] est aussi à sa droite, quoique ce côté ne soit pas 
considéré comme aussi propice ni aussi bon [que celui de g'auche]. 
11 lève la tète en haut pour honorer la Voie Divinité] ; c'est que la 
Voie [Divinitél est en haut. Il baisse la tête pour vénérer la Voie 
[Divinité' ; c'est que la Voie [Divinité] est près de lui. En finissant 
il honore par une prostration] la ^'oie Divinité", et le culte se trou- 
ve en cet acte. 

Mais si c[uelqu'un, tout en honorant le Ciel, ne vénérait pas 
ses ancêtres, oh ! il ne pourrait pas leur présenter des offrandes 

(1) Smith donne ici (Tlir Jeirs..., p. Ii.'!, 1. (i), après 7^ ^ 2! ^ -uL ' 1' -^ '!•>; (iuiu- 
tères suivants qui ne sont pas dans le texte de rinscriptioii ; lit W^ tC. rJ\ iii se 4fc 
Tta ^r <tE< • «Tins is the way in wliicli oui- rclii;inn teac-lii s us tu lo3k towiirds invisible 
space and pei'form our adorations.» 

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42 i.KS iNSCRimiuNS juivKs m: k'.vi-fon(;-voi'. 

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agréables. Ainsi donc, au printemps et à l'automne, en présentant 
SCS ofifrandes aux ancêtres, le juif les sert morts comme il les servait 
vivants ; il les sert après qu'ils ne sont plus, comme il les servait 
lorsqu'ils existaient encore. Dans ces offrandes aux ancêtres, il offre 
le bœuf et le mouton avec les fruits et inets de la saison ; par ce 
seul fait que les ancêtres sont déjà morts, il ne laissera pas de les 
honorer. 

La purification de quatre jours gardée chaque mois, c'est-à-dire 
en quatre Semaines, est la porte pour entrer dans la Voie ^droit che- 
min au moral et le fondement sur lequel les bonnes (tuvres sont 
amassées. Aujourd'hui [le sectateur de la religion juive | fait une 
bonne ojuvre, et demain il en fait une autre : une fois qu'il a com- 
mencé à amasser des bonnes (uuvres, il en poursuit l'accumulation 
jusqu'au jour de la purification, et lorsque ce jour est arrivé, les 
mauvais désirs ne se produisent plus en lui, et il exécute toute sorte 
de bonnes actions. Au septième jour au sabbat la série de bonnes 
actions finit, et après qu'une période de sept jours est achevée, de 
nouveau [le juif fidèle commence une autre série de bonnes actions^; 
ce qui est le sens de cette sentence tirée du Livre des Changements 
(1): <'A l'hcimme vertueux qui fait ie bien, le jour présent ne suffit 
pas.» 

Aux quatre saisons de l'année (2 , pendant sept jours, on s'abs- 
tient de certains mets ou l'on évite certains actes en considération 
des peines et des difficultés éprouvées par les anciens pères (3) : 
alors aussi on fait des nlfrandes aux ancêtres, et on remercie celui 

(Ij Nous ii'a\ (VUS jiiis trouvé l'endroit <lii /-iv'/;_i7 où cette sentence, d'après l'inscrip- 
tion, Hf trouve ; mais elle est an J;. ^^ ^^ '-P T di-rhe tclioug des Annales de Tcheon. 

Cl) Le sens peut être aussi: «A lu iinatriènie saison de l'année, pendant sept 
jours...» 

(.'{) Il n'est pas facile de déti rniincr en i)arli( iilicr i]Ucllcs sont lis peines et les 
difficultés au.xqnelles allusion est faite ici. 



Airr. V. ixsciui'TioN dk I'iKλ. 



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qui a été le principe de tous les biens reçus (1). On se prive de 
toute nourriture et de toute boisson, gardant une grande abstinence 
pendant une journée entière, après quoi, avec vénération on confesse 
au Ciel son repentir des fautes commises les jours passés, et son 
renouvellement vers le bien conçu au jour présent. Cela n'est-il pas 
le sens de cette sentence du saint homme, auteur du Livre des 
Changements, dans l'explication de la grande figure du diagramme 
i, quand il dit: «Le vent et le tonnerre s'unissent lun à l'autre; en 
ce moment le sage en prend occasion pour se porter vers le bien c[u"il 
a vu et pour corriger les fautes commises?» 

Oh 1 la Voie doctrinale est transmise par tradition ; mais cette 
tradition a une origine; elle est sortie du pays dit T'ien-tchou (2) 
I^Inde". Il y eut soixante-dix familles, à savoir, les familles Li, Yen, 
Ngai, Koo, Mot'., Tchno, Kin, Tcheov, Tchnng, Che, Hoarifi, Li, 
Xié, Kin, Tcliang, TsouOj Pé (,'-}) et autres, qui en ayant reçu le 
commandement (4 , vinrent ^en Chine à la cour des ^ong '5), appor- 
tant en tribut des toiles de coton des pays occidentaux. L'Empereur 
leur dit: <'^'ous venez à la Chine! Conservez et suivez les coutumes 
de vos ancêtres; restez à P'ien-Iiang [K'ai-fong].» 

(1) L'auteur de l'inscription parle-t- il des premiers ancêtres? A-t-il en vue le j)re- 
niier Etre? Il est difficile de le dii-e. 

(2) Les caractères y^ .zn T'icn-tchou ne sont pas lisibles dans notre dér-alque, 
mais ils sont donnés par nos diflFérentes copies. 

{?>) Les noms de plusieurs familles sont .illisibles dans le décalque qui noiîs a été 
envoyé ; nous les donnons d'après les coi)ies. 

(4) Le texte n'indique pas qui était celui qui donna ce commandement. Smitb, 
\Thc Jeirs... p. 70), donne : «in obédience to divine co7nmandment.» 

(ô) Quelle est cette d3"nastie des Soiig dont parle l'inscription? Est-ce la grande 
dynastie des So7ig qui régna de 960 à 1278 P. C? Ou plutôt celle du même nom qui régna 
de 420 à 477 P. C? Smith adopte cette seconde supi>osition comme probable. Il a écrit 
[The Jeirs .. p. 70) : «probably tbe Northern Sung which flourished A. 1). 419.» On lui eût 
su gré s'il avait donné les raisons de sa manière de voir. M. Glover (Bobyl. and Or. Rfrnrd, 



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LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K AI-FONG-FOL" 



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En lannée K'oei-weij première de la période Long-hing (1163), 
sous l'Empereur Hiao des Song, Lié-\K-ei Xévi] Ou-se-ta (1) était 
chargé de l'administration de la Religion des Juits ; ce fut alors que 
Yen-tou-la (2) commença à bâtir la s3-nagogue. Sous les Yiien, en 

n. 54, vol. V. ((■)), 1891, p. loî)), crut d'abord tronvei- dans cette pai-tie de l'iuscription nue 
coufinuation de sou opiuiou sur le premier établissemeut des Juifs eu Chiue au 5^'''^ siècle; 
mais il est réfuté par M. Terrien de I.acouperie (ib. p. 134) par la raison suivante: «This 
dynastj- (ruled at Kien-ijch (X(ni-J>iiig), &nd that Pien-liuvg which was then called Kai- 
/hh^ was no part of their dominion aud belonged to the Northern Wei. Pifii-Uaurj, 
^vhicb was so called siuce tbe N. Tchoii. was the Capital of the ^ Su)i<i ivom SOO to 1127, 
and it is witbout doubt one of tbe latter Emperors who is refei-red to in tbe inscription.» 
— M. Olover semble avoir changé d'avis plus tard, puisque en ISÎi-'J (Traiisuctious of the 
Meriden Scient. Associât, p. "26, 10) il écrivait : «this was tbe great Sun^c dj-nastj-.» — Nous 
ignorons sous quel Empereur eut lieu l'audience dout parle l'inscription. Cela ne put 
avoir lieu sous Hiaotsong dout il est aussiti'tt fait mention, parce que sous Hiao tsong la 
capitale de l'Empire n'était plus à K'ai-fatig. mais à Hang-tcheou. 

11 reste encore une autre difficulté : c'est que dans l'inscription de l.'il'i donuée plus 
bas il est dit que les Juifs entrèrent en Chine pour y habiter sous les Han (200 av. J. C. 

220 apr. J. C). B ^ P /^ /O t* BS- Ou peut concilier cette assertion avec ce 

qui est dit daus la présente inscription sur l'établissement des Juifs à Pien-Uang ^K'ni- 
fong], sous les Song, soit en admettant deux immigrations juives en Chine, soit en disant 
que l'iuscription de 1312 ne parle que de l'entrée des Juifs en Chine, sans préciser le lieu 
de leur établissement, taudis que dans celli; de 1 18!t il est question de l'entrée et de 
l'établissement de la colonie juive dans la capitale de l'Empire. (Cf. plus bas Art. ^'III). 

(1) Smith (The Jews..., p. 71) et M. Glover ont lu ^ Tcheng au lieu de ^ Wci 
qui se lit dans notre texte. C'est évidemment, avec le caractère y*i lié, une manière de 
représenter le nom de Lévi que portait le Ou-se-ta dont il est ici question. Quant à ces 
trois caractères 5E S ^ Oj<-sc-t«, sont-ils un nom de personne? Sont-ils un nom de 
dignité? Uu peu plus bas ou parle encore du juif 0«-se-<rt, séparé du précédent par plus 
de cent ans. Sur ce point nous avons iuteiTogé par écrit M. Devéria, qui, dans son aimable 
réponse du 21 Juin 18!IK, nous écrit : «.l'ai soigneusement examiné avec plusieurs orien- 
talistes la question relative à jt <& ^ Ou-se-ta; voici le résultat de cette consultation : 
Ou-se-ta est la transcription du mot persan littéraire Oustârl, vulgo Oustà, qui signifie» 
maître (senior) d'une comynunauté ou ((sse)nblce quelconque. — Les Juifs persans ont adopté 
ce terme pour traduire le mot Hébreu Bâb (Rabbin) et les rabbins persans s'intitulent par 
suite Oî<8<â») «Le titre de Oi/s<<t précède les noms : Ofisirt J6ra/?jw, Oustâ Mosé, f{\ Pour 
ma part, je trouve cette explication plausible.» — Quoique en chinois Ou-se-ta soit placé 
après le nom de Lévi, nous sommes du même avis qu(^ notre illustre correspondant. 

(2) Ten-tvu-la, d'après M. Glover, était probablement «a rich Jewish layman.» M. 
T. de Lacouperie (The Bah. and Or. Bec, n. 54, p. 134) dit : «Yen-tou-la is not a chinese 
but a Djartcheu name.» Au moment où nous eu sommes dans l'iuscriiition, K'ai-foyig 
était déjîl la capitale méridionale des Empereurs Tartares. 



ART. V. TNSCRTPTTOX I)K 1489. 



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l'année Ki-mao, 16" de la période Tclit'-yuen (1279) 0>i--«'-ta le 
rabbin^ rebâtit l'ancien temple dit "l^'ing-lchen-se» (l). Il était situé 
au S. E. de la rue connue sous le nom de t'ou-pou-ixe-liini ; rue qui 
porte les caractèi'es t'ou-che (2). T.es dimensions en tout sens étaient 
de trente-cinq Lchaiig (3). 

A peine lEmpereui- T'ai-l-'^ou, Kao des Minçi (4) avait-il fondé 
la nouvelle dynastie, qu'il s'adonna aussitôt à tranquilliser l'armée 
et le peuple de l'Empire: à tous ceux qui se soumettaient à son 
autorité bienfaisante, il donnait des terres qui leur servissent d'em- 
placement pour y habiter pacifiquement, et exercer paisiblement 



(1 1 Ce nom est donné aux mosquées des Mahométans ; il est probable que l'ancienne 
synajïogne fut appelée ta^ing trhrurj-sc, d'un nom coniniun aux synaj^'Ogues et aux mos- 
quées. 

Cl] Nous regrettons de ne ]ias a\oir sous la main les Annales de K'ai-t'on<j-/ou pour 
donner sur ce lien d'auti'es détails. Le 1'. t'iljot {Mriiuti rrs l'oiicernaiif /es rJiiiiois, vol. XV., 
p. .'){)) écrivait au XVIII- siècle ce qui suit: «Voici qr.i est plus étoinumt, et sur (juoi nous 
demandons à être crus comme l'aj-aut véritié le livre à la main. Quoique les Juifs aient de 
nos jours une grande synagogue bâtie de l'aveu de l'autorité publique et ornée de grands 
marbres munis des sceaux des Mandarins, la nouvelle Géographie n'en dit pas nn mot.» 
Pins pi-ès de nous, A. Wylie {TIce Chin. and Jap. liejiosit., Aug. 3. 186.'!., vol. I., p. 4-1) dit 
aussi : «The A''fr-/'//H.(7-/oio-67((', a topograpbical and historical account of tliat city which 
enters largely and minutely into a description of the public buildings and remarkable 
objects, makes not the slightest mention of their [the Jews'] existence.» 

Wylie (loc. cit., p. 20) cite un texte de Soiitj-tzse-tao d'après lequel il y a eu autrefois 
[depuis le IIP ou le Ve siècle jusqu'à son temps sous les Song] à K'ai-fong nu temple en 
honneur de l'esprit |a Hien qui, selon Wylie, serait le Dieu des Juifs; mais cette opi- 
nion sur cet esprit Îa B-len est aujonrd'lmi abandonnée. Cf. sup., p. ?>2. 

('Ji Ce caractère tchang, 7^ est mis pour ^ tchnng, mesure de 10 pieds de lon- 
gueur. L'emplacement formerait ainsi un carré de 350 pieds de côté, et serait, selon M. 
Glover, plus petit de moitié que l'aire du temple de Salomon. Au commencement du 
IS'^ siècle, d'après la description faite dans les Letir. édif-, tous les bâtiments qui dépen- 
daient de la synagogue occupaient un terrain de lôO pieds de largeur sur trois à quatre 
cents de longueur. Cf. Lettr. édif., XXXI Rec. p. 30ÎI. 

(.4) Kao, nom posthume du premier Empereur >ÏC ïm. T'ai-tsoti) de la dynastie 
Ming, qui régna de 1368 à 1644. 



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I.KS IXSCIVirTIONS .UMVES DK K ' AT-TONC-l'OU. 



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leurs professions (1) ; il manifestait par là les sentiments dédale 
considération et d'universelle bienveillance dont il était animé envers 
tous. 

Mais parce que la syna;4oi;ue ne peut pas se passer de personnes 
qui en soient chargées, Li Tclwiuj, l.i ('lie, Yen l"in{j-l'ou. X(iai 
Toan, Li Koei, l.i T^^ié, Li Clteng, Li I\ang^ N(ini Kiuij, Tcheou 
Nonn, Li Yong, Li Linng, Li Tche, Tchang ILia et autres, qui 
étaient bien instruits dans la connaissance des livres canoniques ,de 
la Heliiiion juive , et qui exhortaient les autres à faire le bien, furent 
appelés ."\/,'t?i-/a (2) et constitués patrons de la synaj^^ogue . Si la Voie 
doctrinale LP>eligion juive' a été transmise successivement jusqu'à 
nos jours, si les vêtements, la coiffure (li), les rites et la musique 
employés pour le culte dans la synagogue, sont conformes aux 
statuts fixés pour chaque saison : si les paroles prononcées, et les 
mouvements faits sont aussi d'accord avec les anciens règlements, si 
tous les hommes de la Religion juive] suivent les règles établies, et 
savent honorer le Ciel, vénérer les ancêtres, se montrer fidèles envers 
le prince et pienx envers leurs parents, tout cela est l'œuvre 'des 
mollah ci-dessus mentionnés . 



(t) Smith {The Jeirs..., p. 71), traduit ainsi; «On which [grronnd] tlu'V inigbt 
clwell qiiietlv and profess tJicir religion ivitliont mol('fsfntion...yi On troiuera cette traduction 
un peu trop larfjjp ; cependant la lil)Ci'tô religieuse dont jouirent nlors les Juifs est sous- 
entendne dans le texte. 

(2' M(in-ln semble désifiner le Mollah ou prêtre niusulniiin. M. 'J'crrien de r.acou- 
perie écrit (TraiiHcict. nf the mrriden Hcirtif. nsnor. IS!)."), vol. VIL, p. 27 : «The mabometan 
influence was very great at K'ai-fiing-foo, and inauy Turkisli iind Aial)ian words wereim- 
posed on the Cbinese ; and as the Jews were confouiided \\ith tlie Mahonietans hy the 
Cbinese, it bappened that this Cbincse-Turkisb title was bestowed hy tlie eniperor on 
several of the Jewish ((Siiiogogue ritlers.n L'inscription ne dit cependant pas ijuc le titre 
de )iiollah ait été accordé par les Empereurs aux personnes nommées dans le texte. 

(•"îi Voici ce fjue les Jyci^rM rdifiaiites XXXI, Kec, pj). ."0.'i-H0(5, nous disent il ce 
sujet: «L'espèce de bonnet bleu qu'ils [les Juifs] portent dans leur synagogue pendant la 
prière, leur a fait prendre le nom de Lan-nuw-lioai-honi, pour se distinguer des Mahomé- 
tans qui portent un bonnet blanc, et qu'ils appellent à cause de cela uj>è-wtt(i-hoai'ho<ii.r) 



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AHT. V. INSnuPTIO.X DE 1489. 

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Eti rannée 19'' de Yoiui-lo (l'i21), Yen Tchençi, qui était mé- 
decin, reçut de rEiupereur, par l'intermédiaire de Tcheoii-fou Tinrj- 
WHUfj (1), un présent d'encens et la permission] de rebâtir la syna- 
gogue dite Ts' iiuj-tchen-se. Alors on plaça avec honneur dans la 
synagogue la tablette des Empereurs de la grande dynastie des Mirig 
(2V En la 21*^ année de Yong-lo '1423] un rapport sur les mérites 
du susdit médecin Yen Tchençi (3) fut présenté à l'Empereur, qui, 
en récompense, lui donna le nom de TcJino: l'Empereur le promut 
du grade de K in-i-wei-tclie-hoei (1) à l'emploi de colonel (5) dans 
le corps d'armée de la province de Tché-kinna . 



(1) D'après M. Glover {The Trniisact. »/ Meritlen Scient if. Assoc. VII. 1S!)5, p. 28) 
(.")), Tcheon-foii Titviirang «was an impérial officer of the pi'ovince and a Jew !» Les 
Annales chinoises nous disent que le .î* fils dn fondateur de la dynastie des il//)!i7 s'appelait 
^ % 3E Tchf'ou Ti)iq irinig. En la If année de ^ ^ R(ni(/-oi/ ,1881), ayant reçu de 
r?]nipereur un fief dans le Ilo-nau, il vint s'établir à K'ni-f'mig-fdii. où il fixa sa résidence 
sur l'eniiilaceiuent du palais des Enipereui-s des .S'o^'grLtP ^ WC S J^ ^ /ni' delà 
son nom de TcJiéoii-Aiii Ting-wang. Après diverses péripéties, en la l^""^ année de Yoiiglu 
[1403], l'Empereur lui ordonna de retourner à son fief. En l'année suivante, 140-1, Tclieou- 
fiiu Ting-wang revint à la cour où l'Empereur le reçut très honorablement. Cf. le ^ ^j 
kiuen IIG, où il est qui-stion des princes de Son g. Ce fut probahlement lors de sa visite à 
la cour en 1404 que Tcheon-fou Ting- ir<in g ohimi de l'Empereur en faveur des Juifs de 
K'ai-fung le présent et la permission dont le texte de l'inscription fait mention. 

(2i La fig. II donne un dessin de cette sorte de tablette pour la dynastie actu- 
elle. C'est devant cette tablette, placée dans certains temples des villes que les manda- 
rins, au commencement et au milieu de chaque lune, doivent faire leurs prostrations en 
honneur de l'Empereur. 

(3) M. Glover (Joe, cit.) i9) pense que ce fut Tchcon-faii Ting-wang qui fut l'objet 
du rapport, de la décoration et de la promotion dont parle l'inscription ; mais cela est 
incroyable et contraire au texte. Pour son excuse, il faut dii-e (pre la traduction du Dr, 
Medhurst en cet endroit est au moins obscure. 

(4) Cette char^'c de Wei-tcItv-Jioci parait être celle (qu'ont certains officiers de la 
Cour des Équipements impériaux ^ fl| ^ Loau-g-wei. Cf, ^ T\ flf( B ^' 
Kiucn 4«> fol. 17 — Sinith et ^I. (.Uover donnent: «...and conferred upon him an enr- 
liroidered garment and a title of dignity...» 

(■")) Cet équivalent est donné dans le ^, "fv flUl n ^ ■'" Kinm, fol. 22 verso. 



18 



LES INSCRIPTIONS JLIVES HE K AI-FONG-FOU. 






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En la 10" année de la période TcliPiui-rovg \Mo\ Li-Yong et 
Li-Lvanij ayant préparé des tonds, rebâtirent la partie antérieure de 
la svnatioj^ue qni consistait en ure salle à trois chambres (^1). 

En la 5'' année de T'ien~choe:i '1461', les eaux du Fleuve jaune 
avant inondé la contrée (2\ il ne resta j;uère que les fondements et 
remplacement de la synagogue. Xgni-king et d'autres présentèrent 
aux autorités provinciales une lequète, demandant à reconstruire la 
svnagog:ue d'après la permission écrite qu'ils avaient rerue autrefois 
du trésorier provincial par l'intei-médiaire du prélet de la ville, et où 
il était tait mention de la synag^cgue Kaii-fclin Ts'iug-icliPu-clK', 
bâtie pendant les années de règne de la période Tclto-yiœn (3). La 
permission ayant été obtenue. I.i-iioini prépara de nouveau des fonds 
et. sur un plan très spacieux, il bâtit la synagogue qu'il Ht dorer, 
peindre et ornei' : toute neuve elle resplendissait de beauté. 

Dans une des années de la période Tch't^u-lwn (1 ''iBô-HNcS), Koo- 
Kioi et I\a<)-.Joei, fournirent les fonds nécessaires pour ajouter la 
partie postérieure de la synag'ogue qui consistait en un bâtiment 
de trois kion ou chambres (4) : après les avoir dorées, peintes et 
ornées, on y plaça trois exemplaires du livre sacré de la Voie 



(1) Cf. la, Fi}<. II (loiiiiéc pins liant, (.^noiijne collc-oi a])))articnnc à la synagogne 
rt-biitii- deux siècles plus, tard, cepeiiclaiit la reconstruction ayant été faite d'a)irès les 
plans primitifs, la Fig. II sert aussi à montrer la disposition des anciens bâtiments. 

i-J) ff. le ^ ^» Khirii 17, fol. 24. Les eaux, dans la ville de K;ii-fo)i'i ni.)n- 
tèrcnt ;"i plus de dix ])i<ds ; le uomhri' des victimes fut inciilcnlalile. 7}\ ^ 5C '^•••' 

I.;) cf. plt's liiuil p. I.'i, où est relatée la ncinisti-uctioii de la synat,'(ij:ne (]ui eut 
li(U en la ]*)"= année de Trlic-yiioi (12t>lt). 

(-1) Pour l'intelligence de ceci, voyez ce (|ui a été dit pins liant, dans cette menu- 
l-age (1;. 



ART. V. IXSCIUPTION DE 1489. 



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[Religion^; de plus ils construisirent le corridor extérieur qui unit 
les parties antérieure et postérieure [de l'édifice] (l). En vérité ce 
fut une entreprise d'éternelle durée. Voilà les origines de la con- 
struction des parties antérieure et postérieure de la synagogue. 

Avant ce temps, au cours de la période T'ien-clioen (1457-1465), 
Che Ping, Li Yong, Kho Kien et Tchang Shipn s'étaient procurés 
à Ning-pouo (2) un exemplaire du Livre sacré de la Noie [doctrine] 
de leur propre Religion; et de plus Tchao Yng de Ningpouo. a3'aat 
pris respectueusement un autre exemplaire du Livre sacré de la Voie 
[doctrine], vint à P'ien-liang pour en faire présent [aux Juifs de la 
ville]; les deux exemplaires furent alors rendus à la synagogue i'3). 

Kao. ISlion, docteur^ qui fut nommé sous-préfet de Hi dans la 
préfecture de Hoei-tcheou, province de Ngun-hoei, Xgai Tsiun, li- 
cencié, qui remplit la charge d'administrateur de la maison du Prince 
ïé (4), et Kin Siuen de Ning-liia (5), dont un des ancêtres avait 
rempli la charge de président de la Cour des Banquets dEtat, et le 



^^l Nous ne sommes pas sûrs de l'emi^lacoment clu corridor; le texte est obscur. 
C'était peut-f'tre un corridor qui faisait le tour de la synagogue par le dedans, sembla- 
ble à celui dont parle le P. Gozani dans sa lettre. Cf. plus haut p. (!. ^2). 

(2' Ning-pono est un port dans le Tché-kiang, oit les étranfjers depuis longtemps ont 
eu des relations commei'ciales avec les Chinois. 

\'.\\ Il est fait mention un peu plus haut du placement de trois exemplaires du 
livre sacré dans la synagogue ; nous pensons que deux d'entr'eux étaient ceux qui sont 
mentionnés ici. 

i4) Le Prince 7'r' était L- deuxiènu' fils de l'empereur ^^ TTî Yng-tsnng qui régna 



d'abord de 143r) à 14àO, etpuis ensuite, de 1457 Ti 146."). Le premier tils de 



Yng- 



tsoiig lui succéda sur le trône sous le nom de ,^ 7i> Hientsuiig il4f!.5-1488 . Le deuxième 
reçut le titre et le fief de roi de Té \Té-u'<iiig ^ 3uJ en la pi'emière année de la période 
7^ /'(3 T'irii-chtifii [Wû'\- Il se rendit au.x terres de sa principauté dans le |lj ^ Chan- 
iong en la troisième année de la période .^ yC Tch'-piig-lma il4()7), et mourut en la 
douzième année de la péi'iode jt va- Tclifiig-té [l-M?]. Cf. les Annales des Ming P/J ^c. . 
Kinen 14, fol. ], et Kim-n 119, fol 8. 

(.')) Dans le "p ^ Kaii-sou. C. Playfair, Tlie Citii-s vf China, n. 7)2TA. 

7 



50 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-FONG-FOU. 

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grand oncle, Cheng (1), avait été lieutenant de la compagnie de 
devant de l'Escorte impériale (2), achetèrent et placèrent la table des 
offrandes, le vase en bi"onze, les vases à fleurs et les chandeliers (3). 
[Kin] Yng, jeune frère de Kin Siuen, en la 2* année de Hong-tche, 
(1489) donna des fonds pour acheter une portion du terrain de la 
synagogue (4V 

De plus ce même Kin Yng et moi. Kin Tchong. nous char- 
geâmes Tchao Taiun de l'achat de la pierre pour l'inscription 
commémorative. Ainsi donc Yen-tou-la qui jeta les fondements et 
commença les travaux de construction, Li Yong et Kao Hong qui 
élevèrent l'édifice et (5) menèrent l'œuvre à terme, ont bien mérité 



(Il Le caractère Jw C7/ph.9 n'est pas lisible dans l'estampage : il est donné par les 
copies C et E. 

(2) C'est seulement par conjecture que nous avons traduit Kin-oii-tsien-wei-tsien- 

piu'j par «lieutenant de la compagnie de devant de l'Escorte impériale». ^ ^ ts'ien- 
j)inr/ semWe être la même chose que ^ i^ ts'itu-trliong ou lieutenant. Le coi-ps nom- 
mé ^ o Kivoii est le même que celui appi lé ^ ^ ^ Joan-i-irei, Escorte impériale 
ou «Imperialium insignium comitatus.» Dans ce corps il y a cinq divisions : anté' 
rieure. postérieure, de droite, de gauche et centrale. —Le P. Hoang dans son livre jE 
^ ^ ^ Trheng-kiao-fcDig-p'eoii fol. 40, explique dans une note, les deux caractères 

# ^ Kn,.„u[^ m Wïï t m^ m n ^ û ^,m# ^ <i 
^.± ^ ;f p- ^ ^ ai n-m i 5fe m.iâ m m t,^ m at 
M-m ^1 ^ 'Et ^ ^lû ^ m ^'\^M» n t-w. ^ mm 

TJ^ , p^ Js^ 3g PI- «Les tomtiounaii< s dit.s /(/(O/içr-ice/ sont pour porter le Kiii-oii: le 
commentaire dit : Le Kinou est un oiseau qui chasse an loin tout ce qui est de mau' 
valse augure. Quand l'Empereur se met en marche, les tchong-xcei sont chargés de le 
précéder pour éloigner du chemin Us divers contre-temps qui pourraient s'y rencontrer; 
c'est pourquoi ils portent l'insigne de cet oiseau. Le kou-kin ichou ajoute : Le Kin-ou est 
un bâton fait de cuivre, ayant ses deux extrémités dorées ; c'est ce bâton qui est appelé 
Xirt-oH.»'*' Peut-être que ce bâton portait aussi peinte l'image de l'oiseau fabuleux; à 
présent c'est un dragon qui est peint sur le batnn ; il garde cependant le nom de Kin-ou. 

(S! Dans la description de la synagogue donnée plus haut, il est souvent question 
de ces sortes d'objets. 

i \) Li' terrain en question devait être attenant à l'emplacement de la synagogue pos- 
sédée depuis plus de deux siècles; autrement la phrase n'aurait pas un sens raisonnable. 
Smith {The Jeiva.. , p. 22: donne: «and.... strengthened the foundations of the synagogue.» 

(5) L'estampage ne donne pas le caractère gi'avé entre ® cl ^. Les copies 



AKT. V. INSCRIPTION' DE 1489. 



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de la synagogue ; les autres familles [de la communauté juive] 
mirent des fonds en commun pour construire l'armoire du Livre sacré 
(1), pour élever l'arc de triomphe dit hin-leou (2), pour faire une table 
dite kin tcliouo (3), avec les long (4) et les balustrades (5), une table 
d'honneur et les fou-yen '\f)\ et pour se procurer les vases et les 
ustensiles nécessaires. De plus ces mêmes personnes contribuèrent en 
commun aux dépenses nécessaires] pour l'embellissement et la déco- 
ration des objets ci-dessus indiqués. En même temps tout ce qui 
avait quelque usage partout dans la synagogue fut alors décoré et 
embelli. 

En réfléchissant aux trois religions > 7), je remarque que chacune 
d'elles a des temples pour honorer celui qu'elles reconnaissent 
comme leur Seigneur ; ainsi les lettrés ou Confucianistes ont les 
temples dits Talch'enrj-lien (8) temples de la grande syniphome], où 
ils honorent Confucius. Les Bouddhistes ont les temples ou pagodes 
«Chemj yonrj tien temples de la Sainte Image , oii ils honorent 



G et E donnent j^ que nous avons mis dans notre texte. Un bon maitie préférait ^ 
tien ; le sens de la phra.se aurait été le môme. 

(V Cette armoire était- placée dans le sanctuaire ou Béthel de la synagogue. 

r2) C'était nn ai-c de triomplie semblable à celui marqué de la letti'e E dans la 
Fig. II. 

(3) C'était probal)lement une table d'honneur placée dans le sanctuaire devant 
les armoires des Livres sacrés. 

(4) Nous ignorons ce que ces long [corbeille, cage] pouvaient être. 

(h) Les balustrades étaient probablement semblables à celles qui sont notées des 
lettres bb dans la Fig. II. 

((]) Nous ne savons yas ce qu'étaient ces fou-ijen ; peut-être étaient-ce des orne- 
ments placés aux extrémités du toit, en dehors des murs de la synagogue. D'après un 
lettré distingué consulté par nous sur ce point, ces «fou-yen» sont des oi'nements, soit 
en sculpture soit en menuiserie, que les chinois placent aux extrémités des traverses qui 
joignent les colonnes à l'intérieur des grandes salles. 

(7i Les trois religions sent le Confucianisme, le Bouddhisme et le Taoïsme. 

,S) Pour l'intelligence de ce nom, Cf. Zottoli, Citrs. litt. sin., vol. II, p. •'>47. où le 
philosophe Mong-tse compare entre eux plusieurs sages de l'antiquité : en prenant sa com- 
paraison de la musique, il dit de Confucius qu'il était «le grand accord de tous les in- 
struments.» 



32 LES INSCRIPTIONS .IlIVES DE K At-FONG-FOU. 

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Ni-meou (1) ^Bouddha ; enfin les Taoïstes ont les temples dits Yu- 
hoang-tien (2) [temples de Yu-hoang], où ils honorent les trois Purs 
(3). De même les sectateurs de la religion dite Ts'ing-tchen pure et 
vraie~ ont le temple dit Ise-loyo tien ■ temple d'Israël", où ils honoi'ent 
l'Auguste Ciel. 

La religion des lettrés et la nôtre c'est-à-dire, celle des Juifs , 
s'accordent sur les points capitaux et diffèrent entrelles en des points 
secondaires ; toutefois le but principal de la Religion Juive et les 
règles qu'elle donne ne visent qu'à honorer la Voie du Ciel .Seigneur 
du Cier, à vénérer les ancêtres, à faire grand cas des relations 
entre Prince et ministres, à se montrer pieux envers ses parents, à 
vivre en bonne harmonie avec sa femme et ses enfants, à garder la 
subordination entre supérieurs et inférieurs, et à avoir des relations 
sincères avec ses amis ; en somme, ni le but ni les règles [de la 
Religion juive] ne vont au delà des cinq relations naturelles. 

Hélas ! Les hommes savent seulement que dans la synagogue 
dite T'singtchen-se on fait des cérémonies religieuses pour honorer 
la Voie (4), mais ils ignorent complètement que la grande origine de 
la ^'oie vient du Ciel et que toujours, depuis l'antiquité jusqu'à pré- 
sent, elle a été transmise sans erreur, 

(1) Ni-weoK est un des uoms chinois donnés à Bouddha. Cf. ^^ H't SdE ^^i fol. 43 et 
seq.. En la 2" année de W BE Chenlong[70ij&ç.J.C'},sous les^ ^ "".7, l'Empereur '-P Tji 
Tchong-taong accorda une inscription à la pagode houddhique gg "^ ^f Cheng-yong-sc. 
Elle y fut placée eu la 12'^ lune de la même annéi-. (^f. ^ /p 2^ ^, kiiipu fi8. 

(2) Sur ce Yti-hofuig, Cf. le livre chinois ^o>râ±^ ci-dtssus iiidi(|ué, fol. (51 et seq. 
(,3) Cf. encore le même auteur fol. 59 et seq. 

(1) Le sens du- xg employé deux fois dans cette phrase nous parait obscur; se 
rapporte-t-Jl seulement à la doctrine? Signitiet-il la Divinité? Exprime-t-il confusément 
l'un et l'autre? Nous n'osons rien afîirnier. —Au lieu de §J ^ Kingtao du texte, Smith 
(The JewH... pag. 60, 1. "J) donne ^[ xS ^ S: Kiiig-tau-pai-k'ung «We révérence Heaven 
and worship towards nu visible ohject.» 



ART. V. INSCRIPTION DE 1489. 



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Nous, sectateurs de aotre Religion juive], en nous adonnant 
de tout cneur au culte de la divinité,, comment n'aurions-nous en 
vue que d'obtenir la bénédiction pour les champs et d'abondants 
profits dans le commerce? Recevant les bienfaits du Prince et jouis- 
sant des avantages qu'il nous procure, d'un côté, nous épuisons la 
sincérité de notre cœur dans le culte que nous olïrons au Ciel et 
dans la prière que nous lui présentons ; et de l'autre, nous portons 
au ijlus haut point les sentiments que nous avons de reconnaissance 
envers l'Empire et de fidélité envers le Prince. Par là nous espérons 
obtenir (l) du Ciel] que l'Empereur ^l'égnant ^ '.J^ Hiao-tsong] de 
la grande dynastie des MiriQj par ses vertus, surpasse Yu et T'ang (2); 
que par sa sainteté, il aille de pair avec Yao et Choen (3), que 
par sa claire intelligence et perspicace prudence il égale le soleil et 
la lune lorsqu'ils éclairent la Terre ; et enfin que par sa miséricor- 
dieuse bienveillance et large bienfaisance il soit associé à l'universelle 
efficacité du Ciel et de la Terre. De plus, pour le plus grand bonheur 
de l'Empire nous prions ]le Ciel], pour que l'âge de l'Empereur 
s'étende an delà de 10.000 ans, et, pour la plus solide stabilité du 
pays impérial, nous désirons que la longévité de l'Empereur égale 
la durée du Ciel et celle de la Terre. Enfin nous désirons que les 
vents soufflent à propos et que les pluies tombent dans une juste 
mesure, pour que tous ensemble nous jouissions du bonheur d'une 
paix universelle. 

Ce qui précède a été gravé sur cette pierre douce de la solidité 
du métal, en vue de le transmettre [aux générations futures qui se 



(.1) Le caractère £^ ne se trouve pas dans le décalque, iniiis il est sans doute sur 
la pierre, puisqu'il est donné par le texte C ; au lieu de ^^ le texte B porte p^ • 

(2) Fondateurs célèbres, de la première et de la seconde d\-nasties. 

(,3) Tous deux Empereurs, l'un après l'autre, au commencement de l'époque 
historiçiue. 



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LES INSCRIPTIONS .HTVES DE k' AI-FONG-FOU. 



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succéderont] pendant une éternelle durée. 

Moi Kin Tcho}i(i (l). bachelier de la classe des Tseng-koang (2) 
de la préfecture de K'ai fong , jai composé l'inscription. Moi, Tf^no- 
tsouo. bachelier de la classe des lin-chan de la sous-préfecture de 
Sinng-fou (3), j'ai écrit les caractères, et moi, Fou Jou. bachelier de 
la classe des ling chnn de la préfecture de K'.-n'-fouii. jai écrit les 
caractères en forme antique [gravés sur le haut de la stèle]. 

En un jour heureux du 2" mois de l'été, de l'année Ki-yeou, 2" de 
la période Hong Ichc [14>S9], nous, Kin Yng deNin-liin, et Kin Li de 
Siang-fdU. descendants des liommes dits T>i'ing-tchen [Juifs], avons 
ensemble élevé cette stèle (4). Ou Liang et Ou Hai sont les ouvriers 
maçons [qui ont fait l'ouvrage]. 



(1) Nons ne savons pas sur quelle preuve s'est appuyé J. Finu, [tJie Jews in Chiiin, 
p. 07), i)our affirmer que ce baelielier auteur cle l'inscription n'était pas Israélite. I.e con- 
traire semble se déduire de ce qui est dit plus haut (p. ")0), où il est question du même 
personnage. 

(2) Sur ces titres de Tseng-hoang et de Lin-rhn» Cf. VariH. Sinol. n. V., pp. 8.■^8l. 
i3) Sinng-fou hipu est une sous-préfecture de la préfecture de K'ni-foiig. Cf. Playfair, 

n. 2778. 

(4) Le texte de notre estampage s'arrAte ici ; ce qui suit est pris de la copie E. La 
place occupée i)ar ces six caractères est laissée en hlaiu- dans notre décalque. 



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titre de 

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ti'auscrip- 



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ARTICLE VI. 



TEXTE ET VERSION ANXO'IEE DE L IXSCIÎIPTION 



DE 1512. 



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INSCRIPTION PLACEE DANS LA SYNAGOGUE 
DITE TSUEN-TCHONG-TAO-KING-SE (1). 



Moi, Tsoao T'ang, de Kiang-lou (2\ docteur, décoré du titre 
de Tchao li-ta joa 3), intendant (4) dans la province de Se-tch'oa.n, 
j'ai composé l'inscription donnée ci-dessous. 

Moi, Kao K'no, de Yang Icheou, docteur, décoré du titre de 
Tcheng che lang [o\ rapporteur de la Chambre des Censeurs pour 
les Revenus, auparavant étudiant attaché à l'Académie, j'ai écrit les 
caractères de 1" inscription (6). 



(1) Tsueii-trJioiig-tito-khig-se, syims'OK'iP nù l'on honore le livre sacré de la Voie 
[doctrine]. 

(2) Ki((uc/-toii, soi;s préfecture dans le ^ 71I j^ Yauq-trltciui fint. Cf. Plavfair, 

n. im. 

(3) Titre honoritique accordé sous les Miiig aux dignitaires de •_>« de,t;ré dn leranii', i/^ 
ffl nâ Tsoiig-srj<'iii. Cf. B^ ^ , 7v7//r« 72, fol. S verso. 

(4 ^ BçC R) 'P ^ sons les M/'iiff répondait à la cbar^f di- T<n>-t'ai ou ^ ^ tJ* 
as Ko-nIteiu/-cJieuii fan a.tuel. Cf. ^ fv flfj B ^) -"i^ Kiiifii, fol. 13 verso. 

(.") rc/(e;(.9-c//p/((??.(7, titre iionoritiinu' accordé aux ofldciers de L^ ,K.o;i-t. Cin 7'' rang, 
Î5ê 'fc iS Tsong-ts-tqriu. 

(G) La copie donnée au graveur est dite w 7T rJioii-iiui, îi cause d'une transci-ip- 
tion au vermillon, préalable au travail du graveur. 



56 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AT-FONG-FOU. 

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Moi, Siu Ngang, de Wei-iyaîiry (1), docteur, décoré du titre de 
Tcheng-chi'-lang , auparavant rapporteur de la Chambre des Censeurs 
pour les affaires du ministère de l'Intérieur, j'ai écrit les caractères 
de forme antique du haut de la stèle. 

Il est dit communément que les Livres canoniques (2) sont 
écrits pour y cunsi^ner la Voie (3). Ou'est-ce que la ^'oie (4"? C'est 
la droite ligne de conduite qu'il faut suivre continuellement dans 
les actions de chaque jour, et qui a été suivie par les hommes 
[sagesl depuis l'antiquité jusqu'à nos jours (5). C'est pourquoi la 
Voie, dans son objet principal, embrasse les trois grands liens (6) 
et les cinq vertus universelles (7), et dans son objet secondaire, 
s'étend même jusqu'aux plus petits détails de la a ie . 11 n'y a pas 
de chose ou action oii la \'uie ne se trouve, et il n"v a pas de 
moment où cela ne soit pas ainsi ; [bref], il n'y a rien où la Voie 
ne s(jit pas. Cependant la Voie, san.s les Livres canoniques, ne 
peut pas être conservée : et les Ijvres canoniques sans la Voie 
n'ont pas cours. Ainsi donc, supposons que les Livres canoniques 
n'existassent pas, alors la \'oie serait privée de récipient [sup- 
in ir-v-//rrHr/ K3nsl(S .V/»r/, est Ir ^ j^ Y,, ug-l rhrnii ■,xv\nv\. Cf. -^ \^ "?& ^ 
^. lO- Kiiirii, fol. I.". 

(2) Mr. Glov<T (The Bah. 'nul Orirnt. lÎPcoriT, 18!»1, .Tiin., n. '>:<. vol. V. p. K-i!»i écrit 
en note : «Hcre and clsewherf tbe Sarreil Writings are the cauonical bocks of the Old 
Testament » Il nous semble au contraire que les King signifient ici les livres canoniques 
(les Cbinois. Un peu plus l>aB il sera question des Livres sacrés des Juifs. 

(.31 Dans tout ce paragraphe Js tai) seiiililf signifier la loi naturelle. 

{\ Smith (27;^ ./^M'.s-, pp. r)4 et .";7 donne ici m ^ /rfo le sens à'Ett'riKil licdnini; de 
plus il a ajouté ces quatre caractères *' xM Ji* ra* 'TX 'b:d Kternal Heason is for the purpose 
of conimunicating the Sacred Writings.» 

(.")) On ne voit pas bien la ditïérence (ju'il \ a entre le ttm et le li : il semble ([ne iao 
est pris objectivement, comme étant au dedans de l'homme, dans sa raison. 

(lij Les trois grands liens sont: celui du Prince avec son ministre, celui du père 
avec son fils, et celui du mari avec sa femme. 

(7) Les cinq vertus universelles sont !a pliibinibropie, la droiture, la civilité, la 
piT.dence et la fidélité. 



ART. VI. INSCKIPTION LAPIDAIRE DE 1512. 



57 



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port], et les hommes erreraient aveuglément, ne sachant pas où 
aller ; à la iin ils arriveraient à donner foi à des paroles absurdes 
et marcheraient dans l'obscurité. C'est pourquoi la Voie [loi natu- 
relle connue] des saints et des sages a été transmise au moyen des 
six livres canoniques (1) pour l'instruction des générations futures, 
soit de celles qui ont existé jusqu'à nos jouis, soit de celles qui, en 
nombre incalculable (2), viendront après nous, 

Quant à la religion do I-tio-lo-ijè Israël', le premier ancêtre 
Ngo-tan [Adam; tire son origine du pays de Si-yu dans le T'ien- 
tchou (3). En examinant [les sources historiques], on trouve que 
la transmission première' des livres sacrés eut lieu sous la dynastie 
de Tcheou (4). Les quatre exemplaires (5) du Livre sacré de la Voie 
[doctrine] se divisent en cinquante-trois sections (6). La doctrine 
qu'il contient est très mystérieuse et très belle (7) ; elle est digne 
d'être vénérée et honorée à l'égal du Ciel. 

(1) Les six livres canoniques sont : le livre des Chanf^etnents, le livi-e de Annales, 
le livre des Vers, le livi-e des Itites, li> livre de la ;\[usi(jiie et le livre des Annales de 
Coi.'fucius. 

(2) A la lettre, 10 000.000 de générations. 

(3) Nous ne savons pas an juste quel pays l'auteur de l'inscription avait en vue; 
les quatre caractères 7^ ~. Hl J0i peuvent signifier aussi «les pays occidentaux de 
l'Inde». Mr. (ilover écrit (ib. p. 111) (2) : «tins naine llircii-chi'ih refers to India in a gêne- 
rai way, including Ci'ijloii. But in llie niind of botli Jew and Cliinanian, India ^\•as not 
contined by its modem boundaries. It practically refers to Ilindostau and niucli of tlie 
country North and North-west of it.» 

(4) Sur l'époque désignée par les deux caractères /pj ^ 'rcJiriiii-fcIiKo, Ci. ve que 
nous avons dit plus hai;t, p. .38 (1). 

(5; Par l'inscription de 1-181I, nous savons que vers 14S0 il y avait dans le sanctuaire 
de la sj'uagogue trois exemplaires du Livre sacré, et la dernière ligue de cette inscrip- 
tion nous apprend qu'en cette année de l.")12 on y plaça respectueusement un autre 
exemplaire. 

((')) Sur ce nombre, M. (Ilover rennxr(j ne (il>., p. 111. not. '.'A: «Tliis number is tbat 
observed among tbe Persian .lews.» Cf. plus haut, p. 2S (Ti). 

(7) Dans ces deux phrases parallèles le caractère ™ // semble signifier la nn'nie 
chose que ^ fan. 

8 



58 



LES INSCRII'TIUN'S JUIVKS DE Iv' AI-FONG-FOU. 



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L'auteur de cette Religion juive est Ngo-ou-lo-han [Abraham] 
qui pour cette raison en est le [premier] ancêtre ; après lui, Mié-ché 
[Moïse], qui transmit le Livre sacré, est le [premier] maître de la 
Religion. Dans la suite, à partir de la dynastie de Han (1), cette 
Religion juive entra et s'établit dans l'Empire du milieu [la Chine]. 
Sous lEmpereur Hiao des So»;/, en l'année K'oei-wei, l'^'"'' de la 
période Long-hiug (1163), une synagogue fut bâtie dans la ville de 
P'ien [K'ai-foii(j]. Sous les Yuen, en l'année ki-mao, 16" de la 
période Tche-yuen (1279), on rebâtit l'ancienne synagogue pour en 
faire un lieu où Ton vénérerait ce [.ivre sacré (2). 

Les sectateurs de cette Religion ne se trouvent pas seulement 
dans la ville de P'('e/( [K-ni-fong]: sous le Ciel [dans l'Empire? 
partout sur la Terre?] ceux qui professent la Religion juive honorent 
tous le Livre sacré et vénèrent la \'oie [doctrine] qu'il contient. 
Cependant, quoique les caractères du livre sacré de cette Religion (3) 
diffèrent des caractères avec lesquels sont écrits les livres des lettrés 
[Chinois], si Ion examine la doctrine du premier, on trouve qu'il 
contient aussi la Voie [doctrine] constamment suivie, et c'est par là 
que [les Livres sacrés des Juifs et les livres canoniques des Chinois] 
s'accordent mutuellement (4), C'est pourquoi, quand la Voie [règle de 



(1) Quant à l'époque de l'oitivc des .Juifs en ("liiiic, nous en traitcKUis plus bas à 
l'Article VIII de ce travail. 

(2) On abri'j,'e ici ce qui est t'crit dans rinsfiiplion de 1 |sl). Cf. plus haut, pp. -11-4:"). 
('.i) .Au coniin<iKc)ni)it de la phrase il y a les deux caractères ^^ ÇSC /Vn)/,/(((), tjui 

ne se lient pas hien a\ec les suivants; n'v aui'aitil pas une erreur du copiste, qui, au lieu 
de ^> aui'ait éci'it ^' Le sens de hl phrase est eepenihuit assez, chlir. 

( 1) La traduction donnée par le Dr. Medhurst est coninie il suit : «The cluiracters 
iu wiiich tlie sacrod AVritiugs are penned ditïer indeed fioni Ihose einployed i:i the books 
of tJie learned in China, but if \ve trace their principles up to their origin, \Vb shall tiiid 
tliat they are moiu- othei' than Ihe Etvnuil Hciikhii which is conmionly foUowed by nmn- 
kind.» Cf. /'///■.Ir(r<( .. p. es, Mr. Clciscrajoiite en note (7'Ar7i((/;_v/.(M/(/ Or. lire. v-ol. \, n.7, 



AKT. VI. INSCIVIPTION I. Al'ID AIKK DK 1480. 59 

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conduite qui est contenue dans le fJvre sacre des Juifs] (1) règne 
entre père et fils, le père est aimant et le fils est pieux ; quand la 
Voie règne entre Prince et ministre, le Prince est humain et le 
ministre est respectueux ; quand la ^'oie règne entre frères, le frère 
aîné montre de l'affection, et le frère cadet montre du respect: 
quand la Voie règne entre époux, le mari est conciliant et la femme 
est soumise ; enfin qua:":d la Voie règne entre amis, des amis utiles 
(2) se garderont mutuellement la fidélité. 

La Voie n"a rien de plus grand que la bonté et la droiture ; 
et quand elle règne parmi les hommes, ils ont naturellemet aussi 
des sentiments de commisération et de pudeur. La Voie n'a rien 
de plus grand que la civilité et la prudence, et quand elle régne 
parmi les hommes, ils ont naturellement aussi des sentiments de 
vénération pour ce qui csi digne de respect, et de discrétion pour 
approuver ce qui est bien et désapprouver ce qui est mauvais (3). 
Quand les hommes suivent la ^'oie dans leurs purifications [préa- 
lables aux sacrifices], ils se montrent nécessairement graves et 
respectueux. Quand les hommes suivent la Voie dans leurs obla- 
tions faites en honneur des ancêtres, ils se montrent nécessairement 
pieux et sincères. Quand les hommes suivent la Voie dans leurs 
actes religieux accomplis en vue de prier et de louer le Ciel supérieur 
[Dieu], auteur et conservateur de tous les êtres, dans tous leurs 
mouvements et dans toute leur tenue, ils font de la sincère vénéra- 
tion Tunique fondement de toute leur conduite. 

p. I(i2) (1 : Thej' [the Jews] traced the Cliinese characters back to the same Source as their 
own alphabet.» 11 nous semble que ces deux auteurs fout dire au texte ce qu'il ne dit pas. 

(1) Dans cette phrase et les suivantes, Smith donne à JB /rto le sens de «Eternal 

Reason.» 

(2) Sur les amis utiles dont parle le Liirn ijti, cap. YIII, Pars post. n. 4, Cf. Zottoli 

Cnrs. litt. sin., Vol. II, p. 339. 

(3) Cf. Mong-fse, cap. II. Pars prior, n. 1>, Zottoli, ibid., p. 427. 



60 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K ' AI-lONn-roU. 

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Quand aux vieillards veufs, aux veuves âgées, aux jeunes or- 
phelins, aux vieillards sans enfants (1), (quant) aux estropiés et aux 
infirmes de toute sorte (2), ils sont tous secourus et aidés avec 
compassion, en sorte que personne ne vient à perdre la place qu'il 
doit occuper h. e. vivant il ncst pas un vagabond, et mort il n'est 
pas enseveli hors du tombeau de la famille". One si quelqu'un par 
pauvreté ne peut pas prendre femme, nu ne peut pas inhumer [les 
cercueils des membres de sa famille , tous les autres parents, amis 
et corréliyionnaires] s'empressent pour lui porter secours, en sorte 
qu'il ait les fonds requis pour le mariage et les objets nécessaires 
pour l'ensevelissement. Si quelqu'un est en deuil, il s'interdit la 
viande et le vin ; dans les funéi'ailles, il ne déploie pas de luxe, 
mais il suit les statuts rituels ; il ne se sert pas non plus de prati- 
ques superstitieuses auxquelles il ne croit pas (3). Enfin quant à la 
justesse des balances et à la dimension des mesures, ils n'osent pas 
tromper les autres, même dans la plus petite choss (4). 

(Jue si l'on cherche à voir ce qui a lieu maintenant parmi les 
Juifs? parmi les Chinois en général?', (5) on constate que quel- 

(1) Cf. Movg-tsc, cap. I, Pars prior, n. .'i, Zottoli, ibid., p. 397. 

(2) Ces malheui'eux sont désignés jiar quatre caractères; ^^ y/'/ destitué de forer; 
1^ long vieillard courbé; ^ ts'an estropié et ^ tsi infirme. 

(3) Sniitli donne ici (The Jevs..., p. Ti.ô. 1. .'i-fi.) les caractères suivants fjui ne sont 
pas dans le texte: Z :^ ^ jï^ j^ É ^ -^ ^ È 3^ ^' H fij «And in the seeond 
place [let thein] net luiiki; niolten or f,'ra\(n iniRLiis, liut in evei-ytliing follow tlie cere- 
inonies that hâve beeii introduced froiu Indi;i.)> — Mr. (Jlover y voit «a référence to the 
Deralogue. injunction.» Comme on Je voit, l'allusion se trouve, non pas dans le texte de 
l'inscription, mais dans la copie donnée par Smith.— Les pratiques superstitieuses réprou- 
vées plus bas (p. <i2) par l'inscription semblent f-tre celles qui, dans les funérailles, sont 
employées d'après les doctrines bouddhiste et taoïste. 

(4) Tout le contexte exige que dans les phrases précédentes on supplée l'incise sui- 
vante : «Quand la Voie [doctrine] contenue dans le Livre sacré des Juifs est suivie parmi 
les hommes.» 

(5) L'inscription n'indique pas clairement de qui il est parlé dans la description 
un peu trop oratoire qui suit; quelques indices portent à croire qu'il s'agit des Juifs; c'est 



AKT. VI. INSCRIPTION rAl'IDATRE DE 1512. 61 

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ques-uns, arrivés aux degrés littéraires, illustrent leurs parents et 
acquièrent de la renommée ; que d'autres, placés eu dignité, soit 
à la Coivr, soit dans les provinces, élèvent leur Prince à un haut 
degré de perfection et répandent des bienfaits parmi le peuple ; que 
ceux-ci, dans les opérations militaires soit offensives soit défensives, 
déploient jusqu'au bout leur fidélité envers le Prince, et montrent 
leur reconnaissance envers l'Empire ; que ceux-là, adonnés à la 
perfection morale de leur personne, donnent de bons exemples à 
toute une contrée; qu'il y a aussi des agriculteurs qui cultivent leurs 
champs et en tirent de quoi payci- le tribut (public), des artisans 
très habiles dans leurs métiers qui fournissent les objets d'un com- 
mun usage, des marchands qui s'empressent d'aller aux pays lointains 
et font que leurs noms soient célèbres le long des fleuves et des lacs, 
et enfin des commerçants qui s'occupent d'emmagasiner des mar- 
chandises, dont ils obtiennent ensuite des bénéfices en les vendant 
dans les marchés ouverts au commerce. 

Cependant leur crainte )"eligieuse de la Providence du (^iel, leur 
observance des lois impériales, leur haute estime des cinq relations 
sociales (1), leur vénération (2) pour les cinq lois universelles (3), leur 
respect des coutumes reçues des ancêtres, leur piété filiale envers 
leurs parents, leur déférence respectueuse envers les supérieurs, leur 
harmonie avec les voisins, leur attachement à leurs maîtres et à leurs 
amis, leur soin d'élever leurs fils et petits-fils, leur application à leurs 

aussi ropinion des sinologues qui ont lu l'inscription. On n'a pas de preuves cependant 
que les Juifs de cette époque aient accompli plusieurs choses qui leur y sont attribuées; 
de plus, rien n'indique la transition des hommes en j-'énéral dont parle l'inscription plus 
haut, aux Juifs en particulier dont elle parlerait ici. 

(1^ Elles sont exposées plus haut dans cette même page. 

(2) Nous soupçonnons une faut de copiste, à savoir ^ au lieu de ^« 

(3) C, plus haut, p. 56, [7). 



62 r.ES INSCRIPTIONS .TL'IVES DE K ' AT-FONG-l-dr. 

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F?3 5t * « Se ia ^ * # i& ;i ni il 



professions, leur accumulation de mérites secrets (l), et leur patience 
pour de petits ressentiments (2). — ce à quoi tendent les défenses, 
les prescriptions, les exhortations et les encouragements — tout cela 
appartient à cette Voie ou doctrine luontrée aux homiues dans le 
Livre sacré des Jviifs. 

Oh ! Ce T>ivre sacré manifeste à ce point la Nuie à suivre tou- 
jours dans les diverses circonstances de chaque jour I C'est par là 
que les décrets du Ciel sur chacun sont tous accomplis et que les 
bons penchants de la nature sont tous perfectionnés (3;. C'est encore 
par là que les hommes entrent dans le chemin de la perfection mo- 
rale (4\ et enfin c'est par là que les quati-e vei'tus — bonté, droiture, 
civilité et prudence — sont conservées. Pour ce qui est de ceux qui 
représentent la Voie Divinité ; par des statues et de ceux qui la 
peignent sur des tableaux, tout cela n'est qu'une vaine décoration, 
faite pour étonner les spectateurs et les illusionner; par conséquent 
la conduite des uns est hétérodoxe et celle des autres est assurément 
indigne d'attirer l'attention des hommes. 

D'un autre côté, ceux qui vénèrent le T^ivre sacré en connais- 
sent-ils l'origine? Car il faut savoir que] la tradition du Livre sacré 
de la Voie doctrine a eu un commencement. Après la création (5), 



(Il Mériten secrets, c'ent-hàive, que lashomuH s ne connaissent pentôtre pas, mais 
nui. connus du Ciel, seront récompensés par lui. 

(2) Smith ajoute ici l'hr Jcus..., p. r.(i, 1, 1) ces trois caractères ; ^ yv ^ i, in 
orcler to complète great afîairs». qui ne sont pas dans le texte. 

(3; Cf. le t' ^ T(ho})f/-ijo7ig, Zottoh Ciim. litt. .lin., vol. Il, p. 171, d'où cette 

phrase est prise. 

(4) Le Dr. Medhurs traduit ainsi : «The religion wiiich incnlcates obédience to 
FJfvval Reason is by this means entered upon.» Cf. The Jeics..., p. 00. 

(5) Littéralement: après l'ouverture [du Ciel] et la fermeture [de la Terre]; expres- 
sion usuelle pour désigner la création ou première formation de l'Univers. 



AHT. VI. r.NSCHIl'TIO.N I.MnUAIKK VE 1512. 



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le premier mailre Ngo-lait Adiim le (1) transmit à Niu-wa Xoë ! ; 
Niu-wii ['Soi: le transmit à Xgo-ou-.lo-lian Abraham i ; Lo-luin 
[Abraham^ le transmit à I->i(>-Uo-h('' Isaac ; Ho-Ik' Isaac^ le transmit 
h Ya-ho-lni(é-oii [Jacubj ; Kiw'-oa [Jacobl le transmit aux douze 
Patriarches qui à leur tour le transmirent à Mié-cJié [Moïse] : Mié- 
chè [Moïsej le transmit èi Nijo-ho-l ii')i [Aaron] : Ilo-licii [Aarouj le 
transmit à Yué-choii-wo [JosuéJ ; ('h()u-\K-o NJusuéj le transmit à 
Xgid-lse-Ui [Ksdras]. A partir de ce moment, la Heligion du premier 
maître brilla d'un iiouvel éclat (2!. C'est poni"c(U()i ceux qui pratiquent 
cette Religion ne pensent qu'à imiter ce qui est Ijon et à s'interdire 
ce qui est mauvais ; matin et soir ils s'excilent au respect, et s'adon- 
nent avec sincérité à la perfection moiale de leurs personnes ; ils 
pratiquent les puritications et abstinences aux jours prescrits, et 
dans leurs repas ils observent la distinction de ce qui est permis et 
de ce qui ne l'est pas ; en tout cela ils s'appliquent à prendre le 
Livre sacré comme règle de leur conduite: ils le tiennent en grande 
vénération et y croient religieusement. !l*ar là ils espèrent que] les 
faveurs du Ciel viendront sur eux en abondance et que les bienfaits 
de la Providence (3) ne leur feront pas défaut. Les simples particu- 
liers acquerront la renommée d'hommes vertueux et bienfaisants, et 



(1) La phrase semble exiger que Tolijet transmis soit le Li\re sacré; cepeudaut un 
peu plus haut cette incme inscription affirme avec raison .iuc Moïse fut le premier qui 
transmit le I,i\ri' sacié. On peut liicu dire ([ue J2 ^'t' rapporte à la doctrine. 

('2' Au lien des di\ (■:u':ictèri'^ ([ui suivent Jj^ /g; » Smith ( 77/r ./(vrv..., p. Tit;, I.7-81 
donne; M fîC [^ 11^ ' ® ic S ^ -'^ Ap fj^ a B.v whoni Hzra^ the doctrines of the 
bol}' religion were iirst sent ahroad, ai;d letters of the -^fl JÇ^ Jcir i/na-, Jewish nation 
first made plain.» — Ou sait pai- ailleurs (jue h- nom de Ycoti-fai donné à la Judée est 
d'une date hcaur(uip plus récente (lue rinsci'iptiiir.. 

(.■-t) S S ll-htiri siuihle être synonxnie de y^ f/j^ 'l'-jcn-hnou. 



(Î4 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K' AI-FONG-FOU . 

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les familles jouiront du bonheui" délever tons leurs membres. De 
cette manière il est à espérer que la pensée des ancêtres de la 
Religion ne sera pas frustrée et que les cérémonies du culte seront 
faites sans la moindre faute. 

Ceci a été gravé sur une pierre placée dans la synagogue pour 
en transmettre la connaissance pendant une durée éternelle et ensei- 
gner à tous Torigine [du Livie sacré de la doctrine]. Il est à désirer 
que nos successeurs le lisent attentivement (iV 

En Tannée j>/(-t/(('7}^ 7'' de la période TchciKi-lé (151 2) de la 
dvnastie des grands Mirujj au jour I\i;\-lse de la 7* lune [3 Août], (2) 
dans la synagogue ^Dàtie et] rebâtie respectivement par Yon, Li et 
A'ao (3), Ki)i P'nu de Wci-iinnij ' Ycinij-lvlu'inr plaça respectueuse- 
ment un exemplaire du fJvre sacré de la doctrine; de plus il éleva 
le corps de bâtiment oii est la seconde porte. Kin Jueii de XiiKj-ltin 
bâtit le pa\illon pour la pierre commémorative, et' Kin Tcliong (4) 
répara le pavillon de Tautre inscription composée par lui (5). Tcliang 
Loan et Tcliang Si gravèrent les caractères de l'inscription. 



(I) Mr. Glover écrit en iiote {Tlie B. and Or. lire., Aiig., ^'ol. V. (S), p. 182); «Thèse 
tablets were iiot ri ad and ti'atislatcd by any Western sclu)l!ir iintil 1S30, (when thej" 
were discoveri'd .» Fst-ce (pie les l'èros Gozani, DdinenLrc, (uiubil, i^'. n'étaient pa.s des 
Européens? 

Cil 11 y a erreur: la 7' lune de cette année n'eut pas de jour Kia-fsr. Dans cette lune 
il y eut un jour Kiasiu '-f' }%■> '' .\uùt, un jour KiacJicii tp ^ ■, \'.\ .Voùt, et un jour 
Kia-uii ^ 4^' -■' Août. 

i.'<) Il nous semble ([wt- l'inscription résuuie ici ce (jui a été exposé plus au long 
dans l'insei-iption de 14^!). Cf. plus liaut pp. 44. 48-l'.t. 

(4l Ce l)ienfaiteur (11- la synaf,'0t,'ue est ar.ssi nommé dans rinscriiilion de 14S!). Cf. 
plus haut pp. ."lO et .'")4. 

{.">) La phrase chinoise est très concise ; elle est ménu' incomplète. Notre traduction 
est ftjndéc sur ce que ce fut Kiit Trhoug qui composa l'inscription commémorative f,'ravée 
en l'année 148'.(; or il était natui-cl ([ue le pavillon protccteui-, après plus de vingt ans, 
eut besoin île réparation, et que ce fût ce mènu' Kin TcIihikj ipii s'en cbarf,'eMt. 



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ARTICLE VII. 

TEXTE ET VERSION ANNOTÉE DE L'INSCRIPTION DE 1663. 



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INSCRIPTION COMMÉMORATIVE 
DE LA RÉÉDIFICATION DE LA SYNAGOGUE DITE 

• TSING-TCHEN-SE. 



L'origine de la religion de I-sc-lo-yé [Israël] est fort ancienne. 
Elle commença au temps de Ngo-tan [Adam], qui était un descen- 
dant de P-an-hou (1) à la 19'' génération (2), et fut continuée, dabord 
par Niu-\ca [Noë], et ensuite par Ngo-ou-lo-han [Abraham], 

Lo-han [Abraham] comprit la fin de l'union du Ciel et de 
l'homme, ainsi que le principe d'où découle la perfection morale 
de celui-ci et l'établissement de la Providence ; il comprit aussi 
que, quoique la Voie du Ciel [la Divinité] soit sans voix et sans 
odeur, très mystérieuse et très belle, c'est par elle que les êtres qui 
sont doués de mouvement et de vie, qui se transforment et se 
développent, accomplissent toutes ces opérations, d'après la loi qui 
leur est assignée. C'est pourquoi il ne modela pas de statues, ni 
ne peignit d'images [pour .représenter la Divinité] ; il ne se laissa 

(1) Cf. plus haut, p. 37, (3). 

{2< L'auteur de l'inscription commet ici une méprise, ce qui ne doit pas étonner de 
la part d'un lettré qui n'était pas juif. Il a pu être induit en ei-reur par la lecture superfi- 
cielle de l'ins-cription donnée en premier lieu, où il est dit (pag, 36) qu'Abraham, fondateur 
de l& ftjligion d'Israël, était descendant de P'an hou [Adam] à la l'J*-' génération. 

i) 



66 



LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K AI-FONG-FOU. 



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pas non plus halluciner par des doctrines sur les esprits et les 
âmes séparées ; mais faisant du culte du Ciel le point capital [de 
la Religion], il porta les hommes à développer entièrement les 
aptitudes de leur nature, et à se conformer au Ciel ; en un mot, à 
Taide de leur propre cœur, il les porta à connaître la Voie [Divinité? 
Religion?] et rien de plus (1). 

Plusieurs générations s'étant transmis la doctrine, le saint 
Patriarche Mé-ché [Moïse] naquit; doué d'une grande intelligence, 
par son extraordinaire pénétration, il surpassait les autres hommes. 
Cherchant la Voie [doctrine] avec un cœur sincère, il réprima les 
appétits sensuels ; il oublia le sommeil et les repas, et enfin il reçut 
le Livre sacré sur la montagne Si-na [Sinaï]. Il n'éleva pas de 
cabanes ni ne se servit de maisons [pour les actes du culte]. Le 
Livre des Rites dit : «On n'élève pas de tertres, on n'ouvre pas 
de fosses, on balaie le sol et là-dessus on sacrifie, ce qui manifeste 
la simplicité du culte.» 

Le saint Patriarche [Moïse], avant dans son jeûne et sa 
purification, porté au plus haut point sa sincérité pénétra dans le 
silence de sa méditation jusqu'au cœur du Souverain Seigneur; 
dans un état où la figure des choses et la voix de l'homme ont 
disparu ; seul il comprit le principe très cflicace et en même temps 
très mystérieux des choses, et aussitôt il écrivit les cinquante-trois 
sections du Livre sacré. Ce Livre est facile, il est succinct ; il peut 
être appris et mis en pratique ; il enseigne aux hommes à faire le 
bien et leur défend de faire le mal. 

La piété filiale, les égards du frère cadet envers le frère aîné, 
la fidélité et la sincérité qui ont leur fondement dans le cœur ; la 

(i) L'auteur de l'iuscriptioii vent faire à tout prix d'Abriiham un partisan do 
la doctrine des lettrés; c'est pourquoi il le fait penser et agir comme ceux-ci pensent 
et agissent. 



ART. VII. INSCRIPTION LAPIDAIRE DE 1663. 67 

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bonté, la droiture, Tobservance des rites et la prudence qui tirent 
leur orig-ine de la nature, le Ciel, la Terre, les dix mille êtres (1), 
les liens, les vertus, les relations sociales (2) et la narration des 
faits (3), forment les grandes lignes du Livre Sacré; le mouve- 
ment, le repos, l'action, la cessation du travail, les choses d'un 
usage journalier, la boisson et la nourriture : telle est la liste dé- 
taillée des matières dont traite ce même Livre. Cependant les cé- 
rémonies du culte et le sacrifice sont les matières les plus impor- 
tantes. Celui qui veut faire des actes du culte, enlève d'abord de 
soi ce qui est mauvais et se règle sur ce qui est droit ; il dompte 
en lui-même ce qui n'est pas conforme aux rites, pour ce remettre 
en conformité avec eux. Par conséquent, avant d'accomplir les 
actes du culte, il pratique sans faute les purifications et les ablu- 
tions, il refroidit l'ardeur des appétits sensuels, il tranquillise son 
âme, il ajuste ses habits et sa coiffure, et il prend un maintien 
grave ; après quoi, regardant le Ciel, il accomplit les actes reli- 
gieux . 

Le Ciel est toujours parmi les hommes ; c'est pourquoi, trois 
fois par jour, le matin, à midi et le soir, le sectateur de la Religion 
juive accomplit les actes religieux ; et précisément parce qu'il 
accomplit ces actes au moment oîi les hommes voient le Ciel, il 
porte au plus haut point son remarquable respect [de la Divinité] ; 
dans son application à suivre la 'Voie l^loi naturelle] et à pratiquer 



(1) C'est-à-dire, l'histoire de la création du Ciel, de la Terre et de ce qui y est 
compris. 

(2) C'est-à-dire, les trois grands liens, les cinq vertus universelles et les cinq rela- 
tions sociales exposées plus haut, pp. 56 (6), (7), et 59. 

(i') Ceci semble se rapporter à l'histoire des grands faits racontés dans le Pcnta- 
teuque. 



G s LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K'AI-FONG-FOtî. 

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la vertu, il déploie toute sa diligente sincérité qu'il renouvelle tous 
les jours de plus en plus. Cette sentence du Livre des Vers (1) : 
«[Le Cielj monte et descend vers nous dans nos occupations, 
et son regard est toujours sur nous», n'aurait-elle pas ce môme 
sens? 

Les prières employées pendant l'accomplissement des actes 
du culte sont tantôt récitées à haute voix, et le sectateur de la 
Religion juive vénère ainsi la Voie \ Divinité] en public ; tantôt elles 
sont dites au fond du cœur en silence, et il honore ainsi la Voie 
Divinité] en secret; en faisant les actes du culte, il avance, et 
regarde [la Divinité] qui est devant lui ; il recule, et à l'instant [la 
Divinité] est derrière lui; il se tourne vers la gauche comme si 
elle était à sa gauche, et il se tourne vers la droite comme si elle 
était à sa droite. Pendant ces actes il nose pas se laisser aller 
au dégoût et à l'ennui, il n'ose pas se laisser aller à une noncha- 
lante paresse ; alors même qu'il est seul, il se surveillera par res- 
pect pour l'Être perspicace et intelligent [Dieu] (2). N'est-ce pas 
aussi le sens de cette sentence du livre des Vers (3). «Le roi 
Wen actif et respectueux servait avec pureté le Souverain Domi- 
nateur.» De plus, l'adorateur dans ses mouvements pour avancer, 
pour reculer, pour monter, pour descendre et pour adorer age- 
nouillé, ne pense qu'à suivre les rites ; c'est pourquoi il ne parle 
pas alors à d'autres, il ne tourne pas les yeux, et des pensées sur 
des choses particulières ne viennent pas le distraire alors que son 

(1) Cf. le p$ n^ Chrkiiif), /m] m Trliroiiscnifj, ode 2.S, l^rc str. Zottoli, Curs. 
lut. sin., vol. m. )). M.i. — Pour rintilli^'inec do ci' (jui suit Cf. p. 41. 

(2j Cf. le p$ M. Chc-hiiig, :k ffÉ Ta-ija, ode 20, str. S". Zottoli, ibid. p. 271. 

(3) Cf. le i^ ^ Chc-king, i^ ^ Ta-ya ode l», str. o"^. Zottoli, ibid., p 229. 



ART. VII. INSCRIPTION LAPIDAIIU-: DE 1663. 69 

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intelligence est occupée à entrer en communication avec la Voie 
[Divinité]. Le Livre des Rites dit (1): «Le cœnr ne se laissera pas 
aller à des pensées futiles, appliqué qu'il devra être à la Voie 
[manière droite d"agirj; les pieds et les mains ne se mouvront 
pas au hasard, mais suivront les prescriptions des rites.» C'est 
de la sorte que la Voie Divinité] se trouve présente aux actes 
du culte. 

Sacrifier, c'est employer tout ce qu'on a, et épuiser sa sincé- 
rité afin de répondre respectueusement [à la Divinité] pour les 
bienfaits de l'existence et de la conservation (2). Au deuxième mois 
du printemps tous les êtres naissent et croissent ; alors on offre en 
sacrifice le persil et . les plantes aquatiques [ceratophyllum] ; le 
sens de ce sacrifice est de remercier [la Divinité] du bienfait de la 
production des êtres. Au second mois de l'automne, tous les êtres 
arrivent à maturité ; on offre alors en sacrifice des fruits ; le sens 
de ce sacrifice est de remercier [la Divinité] du bienfait de la 
maturité des êtres. Tout objet qui peut être offert est parmi ceux 
qu'on offre. On n'assaisonne pas les mets offerts, ce qui est si- 
gnifié par cette phrase (3) : «le grand bouillon n'est pas assaison- 
né»; en somme, ce qu'on se propose par là est de porter à son plus 
haut point la sincère fidélité dont on est animé. Cette sentence 
du Livre des Rites (l) : «A l'extérieur on offre en sacrifice toute 
sorte de choses, et à l'intérieur on applique sa volonté» a ce même 

(1) Cf, le la lE Likl, chap. ^ ^ T^i-t'ong. Zottoli, ibid., p. 745. 

(2) Dans notre décalque, avant '^ il manque un caractère qui semble devoir être 
WK hing. — Liittéralement ; bienfaits d'être couvert par le Ciel]et soutenu par la Tt^rre. 

(3) Cf. le H lE Li-ki, 1C« Kiuen, chap. W. ^ Li-¥i où il est dit : ;:^ H ^ ^ 
«le grand bouillon n'est pas assaisonné.» 

(1] Cf. le ^ pt Li-ki, chap. ^ ,pt Tsi-t'ong. Zottoli, ibid. p. 715. 



10 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K^\I-FONG-FOU. 

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sens qui vient d'être explique. En hiver et en été on prend les 
mets de la saison pour en faire des offrandes aux ancêtres ; au 
moment de présenter loffrande aux ancêtres (1), celui qui la leur 
présente doit se tenir daprès les rites ; en haut de la salle il regarde 
vers l'intérieur ; en bas, il regarde vers le haut ; vers la fin du sa- 
crifice, tous [les assistants' participent aux bienfaits des esprits (2), 
et de plus on en distribue les restes [aux inférieurs^. C'est ainsi 
que la Voie [Divinité^ se trouve parmi les sacrifices et les oblations. 

Parmi les matières secondaires [contenues dans le Livre sacré] 
viennent les purifications. La purification [le jeûne?] est le comble de 
la parfaite pureté, dont le complet développement fait l'occupation 
de la semaine (3). Au jour de purification, le sectateur de la Re- 
ligion juive ne mange pas de mets cuits au feu, afin d'avoir le loisir 
d'examiner ses actions ; il conserve ses bonnes qualités naturelles et 
fait disparaître de sa personne ce qu'il y trouverait de vicieux ; par 
là il fera briller la bonté [naturelle qu'il conserve encore], et rétabli- 
ra la bonté primitive [qu'il avait perdue]. Le Livre des Change- 
ments dit (4) : «En sept jours s'accomplissent les changements de 
manière qu'il faut recommencer; cette action de recommencer ne 
vcut-cUc pas dire que do nouveau se manifestent les intentions du 
Ciel et de la Terre?» 

Mais il est à craindre encore que l'homme ne se laisse domi- 
ner par l'amour propre et n'approfondisse pas ses connaissances 



(1) Sur la ijiurre, après ^ ^si il manque un caractère; probablement c'est Z Iche 
qu'il faut suppléer. 

(2) C'est il-dire, tous mangent de ce qui a été offert aux esprits. 

(.'^) Cf. le W. Kfi LiJci, ch. ^ ^ Tsi-f'ong. Zottoli, vol. III, p. 7-in. 
(A) Cf. le ^ 7^ I-king au diagranimc 'fS/o" y l'explication littérale des phrases 
citées présente plusieurs difficultés. 



ART. VII. INSCRIPTION LAPIDAIRE DE 1663. 71 

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âE «. * ^ ?E 4^ ja ^ # â. s. « f# 



sur la doctrine ; c'est pourquoi, à la fin de l'automne, ayant fermé 
la porte de sa maison pendant un jour, il s'adonne à la culture 
de la perfection morale. Ce jour-là, il se prive entièrement de 
nourriture et de boisson pour développer sa rectitude naturelle : 
le lettré interrompt la lecture et l'étude des livres ; l'agriculteur 
suspend les travaux des champs ; les marchands sédentaires arrê- 
tent leur commerce sur les marchés, et les voyageurs s'arrêtent 
sur les chemins ; ils oublient toutes leurs affections et laissent de 
côté leurs connaissances ; ils s'appliquent à conserver leur cœur 
et à développer leur nature, en vue d'améliorer leurs bonnes qua- 
lités conservées et de renouveler celles qui ont été perdues ; de là 
on peut espérer que l'homme gardant le repos, sa bonne nature 
atteindra son parfait développement, et que, les mauvaises affec- 
tions disparaissant, sa raison naturelle acquerra de grands ac- 
croissements : n'est-ce pas là le sens de cette sentence du Livre 
des ChangemeL>ts (1) ; «Les anciens Empereurs au jour du solstice 
d'hiver fermaient les barrières, en sorte que les marchands et les 
voyageurs ne marchaient plus, et les princes ne visitaient pas non 
plus le pays de leur juridiction ?)> 

Pour ce qui est de l'imposition du chapeau viril, du mariage 
et des funérailles, on suit en tout les rites chinois; de plus, les 
orphelins, les vieillards sans enfants, les vieillards veufs et les 
veuves sont tous secourus et aidés. 

Il est difficile d'exposer complètement les grandes lignes et 
les articles détaillés du Livre sacré ; cependant la pensée du saint 
Patriarche [Moïse] en l'écrivant n'est autre que la doctrine du 
Juste Milieu solidement établie et parfaitement dégagée des affec- 

(I) Cf, le ^ ^ l/vj»!/, diagramme •(§ fou. 



72 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K AI-FONG-FOU. 

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4^ fc S. -mO iî- i: IS *. A - M 



lions de ramour propre. Cette doctrine y est exposée d'une ma- 
nière éclatante de clarté ; elle }• est comme le soleil brillant de 
lumière suspendu au firmament ; il n'y a donc personne qui ne 
puisse voir et connaître la Voie [doctrine' et personne qui ne sache 
pas honorer le Livre sacré qui la contient. Quoique les caractères 
dans lesquels le Livre Sacré est écrit soient de forme antique, 
et que leur prononciation diffère de la prononciation actuelle des 
caractères chinois, on reconnaît cependant que, pour ce qui con- 
cerne la doctrine, il n'y a rien dans le Livre sacré [des Juifs] qui 
ne s'accorde avec la doctrine des Six Livres canoniques [des Chi- 
nois] (1). 

La Religion [des Juifs] a pris son origine dans le pays dit 
T'icn-lchou [Inde]; au temps des Tcheou [1122-255 av. J. C] elle 
commença à être prèchée dans la Chine (2) ; pour accomplir leurs 
devoirs religieux, les Juifs élevèrent une synagogue dans la ville 
de Ta-liami [K'ai-fong] (3). A travers les dynasties des //an [206 
av. J. C. — 221 ap. J. C], T'ang [620-907 ap. J. C], Song [960- 
1280] et Ming [1368-1644] jusqu'à présent, elle a subi beaucoup de 
vicissitudes ; cependant la multitude des fidèles a persévéré dans 
son culte sans faillir; [c'est que la Religion a été pour eux] com- 
me la nourriture et les vêtements qui vont tout à fait à l'homme, 
dont il n'ose pas se passer, pas même pendant un court espace 
de temps. 

La synagogue fut d'abord élevée par l'e?i-/o;(-/a en la l^'''e an- 
née de Long-liing [1163], sous l'empereur Iliao des Song; elle fut 



(1) Voilà la pensée dominante de l'auteui' de rinsciiiition, qu'il a développée dans 
tout ce qui précède. 

i2 Au sujet de cette question Cf. l'Art. VIII. 

(.']) La phrase chinoise donne à entendre que la synagogue de Ta-Iintitj fut fondée 
BOUS la dynastie de Tcheou; l'auteur de l'inscription n'a pas bien rendu la pensée des 
Juifs, telle au moins qu'elle ressort des deux autres inscriptions, 



ART. VII. INSCRIPTION LAPIDAIRE DE 1663 

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ensuite rebâtie par Ou-se-la [le rabbin] (1), en la 16° année de Tche- 
tclieng [1356J sous les Yuen (2); enfin en la 5* année de T'ien- 
choen [14611 sous les Ming, la synagogue ayant été submergée et 
détruite par une inondation du Fleuve jaune, Li Yong, Li Liang, 
Kao Kien, Kao Hong et Kao Joei donnèrent encore des fonds pour 
la réparer (3) ; de plus, à l'intérieur de la grande salle de la syna- 
gogue, ils placèrent treize (4) exemplaires du Livre sacré de la Voie 
[religion], et plusieurs dizaines des cahiers nommés fang-liing et san- 
king (5). La multitude des sectateurs de la Ileligion juive s'augmen- 
tant de jour en jour, ils ne pensaient qu'à honorer le Ciel et à imiter 
leurs ancêtres, dont ils n'osaient pas laisser tomber dans l'oubli la 
volonté transmise de génération en génération (6). 



(1) Sur Ou ae-ta Cf. plus. haut, p. 4t ;!)• 

(21 La l^'"*^ inscription porte que la sj-nagogne fut rebâtie en la 16' année de 
Tche Yuen [1279]. 

(S) La l'^"'"'^ inscription donne quelques détails sur cette réparation ou plutôt recons- 
truction. Cf p. i^. L'auteur, en résumant ce qui y est dit, n:anque à l'exactitule 
historique. 

(-1) La l^'''*^ inscription ne parle que de trois exemplaires. Lors de l'inondation de 
1U42 rapportée plus bas, il y avait dans la synagogue treize exemplaires du Livre sacré, 
mais l'auteur de l'inscription affirme cà tort qu'ils furent tous déposés en 14()1. D'après la 
seconde inscription, en 1.512 il n'y avait encore que quatre exemplaires. 

(.5) Sur ces sortes des livres, Cf. Art. X. 

(ij) Le P. Trigault, (De chrlstiana expeditionr aintd Siiias. p. 110,, parle d'une autre 
réparation de la synagogue faite au commencement du XVII» siècle; au dire du premier 
Juif qui visita le P. Ricci à Pékin, elle aurait coûté dix mille écus. «Ex hoc Judreo audie- 
runt nostri in ea metropoli [K'ai-fong']... esse synagogam perelegantem quam imper 
decem aureorum millibus instauraverunt.» M. R. Martin, dans son livre China, vol. II, 
Ch. X, p. 410 dit que les Livres sacrés ((were consumed in a g)'eat conflagration which 
happened 200 years ago»; c'est-à-dire vers 1G47. Wylie {Chiii. and Jap. llepiosit. Aug. 
1803, p. 48) écrit»: At the close of the sixteenth century the Jews were again deprived 
of their books by a tire.» J. Finn [The Jeius in China pp. .?4-35) est encoi'e plus expli- 
cite. 11 affirme que l'incendie est consigné dans les inscriptions placées sur les mu- 
railles. L'origine de ce rapport sur l'incendie de la synagogue se tiouve, ce nous semble, 
dans ces lignes du Mémoire du P. Brotier {Lett. vdif., Etc. XXXt, p. 3'>S) : «Voici ce que 
le P. Gaiibil apprit [ lu Tchang-kiao ou cU.f de la Sy:ia^ojue] . Du temps de l'Empereur 

10 



i\ LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K AI-FONG-FOU. 

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A la fin des Ming, en Tannée jen-ou du cycle, 15° de Tch'ong- 
tcheng [1642], le chef de brigands ^ § J5K -Li Tse-tch'eng s'étant 
révolté, assiégea par trois fois la ville de P'ien [Kai-fong] ; les 
habitants de la ville s'engagèrent par serment à la défendre jus- 
qu'à la mort. Plus l'attaque était vigoureuse, plus vigoureuse était 
la défense ; après six mois et plus de siège, ayant épuisé leurs 
stratagèmes, les rebelles dérivèrent les eaux du Fleuve jaune de 
manière à les faire déverser sur la ville qui fut submergée par 
les flots (1). La ville ayant été submergée, la synagogue s'écrou- 
la, et les Livres sacrés flottèrent sur les eaux. Parmi les fidèles 
juifs, à peine deux cents et quelques familles purent atteindre en 

Wan-lié la Synagogue fut brûlée.» Le même fait est rapporté encore un peu plus loin 
(loc. cit. p. 370). Il est étonnant cependant que notre inscription si détaillée au sujet 
des vicissitudes par lesquelles la sj-nagogue a passé, ne mentionne ni la restauration 
indiquée par le P. Trigault, ni l'incendie consigné par le P. Gaubil. Malgré les affirma- 
tions des interlocuteurs des PP. Ricci et Gaubil, nous doutons fort de la réalité de ces 
deux faits. 

(1) Comme on le voit, d'après l'auteur de l'inscri^^tion, ce fut le brigand Li Tse- 
trh'entj, qui en rompant les digues du Fleuve jaune, submergea la ville de IVai-fovg 
dans ses eaux. Le P. IMartin INIartini, ancien missionnaire en Chine, publia peu de 
temps après les événements une histoire des Guerres des Tartares [De hello Tuiinrico, 
anctore R. P. Martine Martini S. J. Amstcrdamii lO.'^G). Il y dit (pp. 7(5-77) que la rup- 
ture des digues fut le fait du chef des soldats impériaux. Brotier {Lett. édif. XXXI. Rec, 
p. 300), semble aussi indiquer cette manière de présenter le fait; il attribue la rupture 
des digues au Gouverneur de la ville «qui força ainsi l'ennemi à se retirer, en s'enseve- 
lissant lui-môme sous les eaux.» E. Chavannes, dans son article sur K'ai-fovg-fou inséré 
dans rEnc5'clopédie Lamirault, a recueilli cette manière de présenter la catastrophe; il 
semble aussi indiquer que le général auteur de la rupture des digues défendait la place 
contre les conquérants IMandchoux, ce qui n'est pas exact. L'Histoire officielle de la 
dynastie des Ming met l'accord entre les deux premières relations en disant que' les 
troupes impériales et les soldats rebelles rompirent en même temps les digues du Fleuve 
en deux endroits différents. Voici comment cet effroyable accident y est rapporté. «On 
fit dire au chef des troupes impériales que si l'on rompait la digue dii Fleuve jaune, tous 
les rebelles pourraient Hre submergés, sans qu'on eût rien ù craindre pour la ville 
de K'riifn7ig. Sur cette assurance, le général résolut d'ouvrir la digue à l'endroit dit 
Â^ ^ ^ n Tchou-leia-tchaik'eou. I,es rebelles, ayant eu de bonne heure vent des 
iutenlions dus impériaux, transportèrent leurs campements, sur une colline, et préparé 



ART. Vir. INSCRIPTION LAPIDAIRE DE 1663. ?5 

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bac la rive nurd du Fleuve, où elles eiTÙrent séparées les unes des 
autres. A peine remises de ce malheur et de l'épuisement qui en 
résulta, elles se mirent à délibérer sur la manière de retirer de la 
synag-ogue écroulée les Livres sacrés qui y restaient encore. Le 
docteur Kao Siuen, membre de la religion juive, sur l'ordre de son 
père Tong-teou, entra dans la synagogue pour y prendre les Livres 
susdits. 11 y alla et en revint plusieurs fois; en supputant le 
nombre des livres sauvés, on trouva qu'il y avait plusieurs exemplai- 
res du Livre sacré de la Voie [Religion^ et vingt-six cahiers des 
livres dits san-hing (1) ; les Juifs prièrent le chef de la Religion Li 
Tcheng, et le mollah (2) Li T'cheng-sien de collationner et 
de réviser les livres sauvés; Tchao Yngcheng membre de la 
Religion juive, docteur de la promotion de l'année ping-siu [16i6], 
sous l'Empereur Choen-lche de la dynastie Ta T^sing, se chargea de 
les classer et de les mettre en ordre. La collection ainsi formée se 
composait d'un exemplaire du Livre sacré, de plusieurs exemplaires 

rent uu giand nombre de barques et de radeaux pour attendre l'arrivée des flots. En 
outre ils réquisitionnèrent par force beaucoup de personnes du peuple au nombre de 
plusieurs dizaines de mille, et s'en servirent pour rompre à leur tour la digue à ^ ^ Cl 
Ma-Jiia-k'eou eu vue d'inonder la ville. A minuit du jour ^ ^ Jen-ou de la 9^" lune (S 
Oct. 1612) les digues furent ouvertes en même temps aux lieux susdits... L'eau en se 
précipitant par les ouvertures faisait un tel bruit qu'on l'entendait jusqu'à cent U de 
distance [près de 12 lieues]. Le nombre des victimes de l'inondation fut considérable; 
seulement parmi ceux qui portaient des bêches pour les travaux il y eut plus de 100 000 qvxi 
furent noyés le long de la digue. Les rebelles eurent à déplorer la perte de 10.000 person- 
nes noyées... Au commencement du siège il y avait à K^ai-fong un million d'habitants; 
deux ou trois dixièmes de cette population avaient déjà péri avant l'inondation par la 
faim et la peste ; les eaux du Fleuve firent périr le reste ; à peine 20.000 personnes échap- 
pèrent à la mort. Cf. Ç^ $Ci ^Hng-lci, K'iuen .56, fol. 22. Parmi les personnes noyées, nous 
dit Martini (1. c.\ se trouvait le P. Robert de Figuereido, qui ayant pu prévenir le danger 
en abandonnant la ville, préféra d'y rester pour le bien des chrétiens, car la cité en conte- 
nait un bon nombre. Non raros enim Christianos urbs habebat. 

(1) Cf. Art. X, où nous nous occupons de ces livres. 

(2) Le texte donne par erreur Wi H au Heu de ^J la. 



76 LES INSCRIPTIONfS JUIVES DE k' AI-FO>'G-FOU. 

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des livres dits fan-kingj et de plusieurs dizaines des cahiers nommés 
san kîng (1). La restauration des livres fut achevée et réussie au 
point qu'ils parussent tout à fait neufs. Les Juifs louèrent alors 
nne grande maison, où ils les placèrent en sûreté. Les fidèles s'y 
réunissaient pour faire leurs actes du culte; ils y vénéraient [le 
Livre sacréj comme par le passé. Et voilà comment les Livres sacrés 
n'ont pas été perdus, et comment la Religion se transmet toujours. 
Cependant, bien que les membres de la Religion vécussent 
tranquilles dans leurs maisons, ils étaient toujours peines de ce 
que leur synagogue de la ville de Pien restait submergée. En ce 
temps-là Tcliao T'chenrj-hi, sectateur de la Religion juive, ayant la 
charge de lieutenant-colonel du bataillon du centre et intendant 
de Ta-linng [K'ai-fong], vint à la tète des soldats protéger la ville 
de P'ien [K'ai-fong]. Il répara les routes, construisit des ponts et 
rappela les habitants, les exhortant à rentrer dans leur patrimoine. 
Craignant que, la synagogue une fois détruite, les adhérents 
de la Picligion juive ne se dispersassent pour ne plus se réunir, 
voyant aussi avec peine qu'un édifice élevé et conservé par ses 
ancêtres pendant plusieurs siècles avait un matin été subite- 
ment jeté à terre, il envoya des soldats qui de jour et de nuit 
fissent la ronde autour de la synagogue pour la garder. Son frère 
Yng-leou, étant venu à la ville de P'ion pour les examens, 
s'unit b lui, et ensemble, au milieu des broussailles, ils retrou- 
vèrent l'ancien emplacement de la synagogue. I>es habitants de 
P^ien qui retournaient à leur demeure étaient chaque jour plus 



(1) Sur ces sortes de livres Cf. Art. X. 



ARÎ. Vir. INSCRIPTION LAPlIiAlFtE DE 1663. 



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nombreux; c'est pourquoi, Tch'er\g-hi, ayant prié plusieurs fois 
ses coreligionnaires de revenir à leurs maisons, Li Tclieng et Tchao 
Yun-lchong, prirent avec eux les Livres sacrés qui restaient et 
retournèrent à la ville de P'ien. Cela se passait en Tannée hoei-se 
[1653], sous TEmpereur Choen-lche. On délibéra en commun sur 
la contribution de fonds pour reconstruire la synag^ogue et tous 
se firent un plaisir de contribuer de leur argent et d'aider au travail 
de reconstruction. 

Alors le docteur A'ao Siuen et d'autres, avec les bacheliers 
Kao Wei-ping et Li Fa-l'ien, préparèrent une pétition qu'ils pré- 
sentèrent aux divers tribunaux ; ils y demandaient aux autorités 
des proclamations qui leur permissent de reconstruire l'ancienne 
synagogue dite Ts'ing-lchen-se. Tcliao Tch'eng-ki et d'autres don- 
nèrent les premiers pour cette œuvre des fonds pris sur leurs 
appointements, Li Tcheng, Tcliao Yun-tchong et d'autres employ- 
èrent toutes leurs forces pour réunir des ouvriers et faire sortir 
du sable l'emplacement de la partie antérieure de la synagogue ; ce 
fut donc la première partie de la synagogue qui commença à être 
bâtie (1). Le docteur Tchao Yng-cheng, intendant de Tcliay^g-nan 
dans le Fou-hien, étant retourné dans son pays natal à cause du 
deuil de ses parents, donna des fonds pris sur ses appointements 
pour bâtir à lui seul la partie postérieure de la synagogue qui 
consistait en une salle à trois chambres (2), Quant aux dépenses 
pour la salle à trois chambres des saints Patriarches [.Fig. I. n.], la 
salle à trois chambres du fondateur de la Religion '^Fig. I. n." 



(1) Cf. Art. I. p. .3 (2), et Fig. I. 

(2) Cf. ibicl. 



78 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-FONG-FOÙ. 

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(1), la salle du Nord à trois chambres qui sert aux explications | Fig. 
1. L^,, la salle du Sud à trois chambres qui sert aux explications [Fig. 
I. L], les trois chambres du bâtiment où est la porte d'entrée [Fig'. 
I. Cj, les trois chambres du bâtiment où est la 2° porte [Fig. I, 
D'i, les trois chambres de la cuisine [Fig. I. M], l'arc de triomphe 
ou pai-fang (2), les neuf chambres du bâtiment dit hing-tien (3), 
le pavillon élevé à l'intérieur de la synagogue en l'honneur de 
de l'Empereur de la dynastie régnante des Ta-ts'ing [Fig. II. Ccc], 
les deux pavillons extérieurs élevés pour protéger les pierres 
commémoratives [Fig. I. e e], les deux appartements pour brûler 
de l'encens et s'adonner au travail de la perfection morale (4), et 
en tin la peinture en vermillon de divers objets, ainsi que la vernis- 
sure en noir d'autres objets, — le tout bien orné et éclatant de beauté, 
— ces dépenses ont été payées, soit avec l'argent mis en commun 
par les membres de la religion, soit avec de l'argent fourni par la 
bourse d'un seul (5). La synagogue fut ainsi achevée; elle avait 
tout plus au complet que l'ancienne. Tous ceux qui la Aisitent sont 
saisis d'un religieux respect. 

Les treize exemplaires du Livre sacré (6) placés primiti- 
vement dans la synagogue flottèrent sur les eaux ; bien qu'on 

(1) Nous pensons que de ces deux salles [Fig. I. un], l'une servait au culte des pre- 
miers Patriarches de la nation, 'et l'autre' à celui d'Abraham ou de Moïse fondateur de la 
Iteligiou. 

^2) Comme il y avait plusieurs arcs de triomphe [Fig. I. B, E et Fig. II. E], nous 
ignorons quel est celui qui est ici mentionné. Les noms de ceux qui ont élevé le premier 
sont donnés plus haut pp. 9 et 10. 

(3) Nous ne savons pas quel était ce bâtiment. 

(l) L'emplacement de ces appartements nous est inconnu. 

(•5) La 2» partie de l'inscription donne lildissus quelques détails. 

(G) C'est-à-dire, les trois exemplaires places dans la synagogue entre 14(15 et 1488 
(cf. sup., 48) plus de nouvelles copies ajoutées ensuite — .La transcription du Livre ba- 



ART. VII. INSCRIPTION LVPID.VIRE DE 1663. 



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réussit à en sauver quelques-uns, on n'en put mettre en ordre 
qu'un seul exemplaire (1), lequel est honoré par les membres de 
la Relig^ion ; maintenant il est placé respectueusement dans l'ar- 
moire dite «tsuen-king-k'an, [armoire où le Livre sacré est hono- 
ré]. Les douze autres exemplaires placés à droite et à gauche du 
précédent ont été réparés peu à peu après l'inondation (2). Les 
livres de Religion dits shu tclie (3) et fang k\ng ont été réparés avec 
des fonds fournis par tous les fidèles. Tchao Yng-cheng, conseiller 
du grand trésorier, a écrit une notice sur les vicissitudes traver- 
sées par le Livre sacré, et son frère cadet Yng-teou a publié un 
travail en dix chapitres intitulé Ming-tao siu (4). Après ces travaux, 
le texte du Livre sacré est complet, et sa pensée principale est 
évidente ; l'un et l'autre brillants de clarté se manifestent à tous 
comme le soleil et la lune placés au firmament, comme les fletives 
et les rivières qui parcourent la terre. 



cré était réputée très méritoire parnii les Juifs chinois. Cf. Letl. cdif. XXXI rec, p. lîJl. 
«Les riches se dispensent aisément d'aller à la S3'nagogue. Il suffit d'avoir fait transcrire 
un Takiug et de l'avoir mis dans les armoires. Aussi ne voit-on souvent aux Fêtes ordi- 
naires que quai'ante à cinquante personnes dans le U-pai-se [synagogue].» 

(1) C'est peut-être de ce livre que fait mention le Mémoire du P. Brotier quand 
il dit [Lett. édif. Eec. XXXI, p. 314) : «Il y a un livre qu'ils respectent plus que tous les 
autres. Ils prétendent qu'il a 3000 ans d'antiquité.» — Cf. Art. IX. 

(2 1 Ou donne plus bas quelques détails sur ce travail de restauration des exemplaires 
du Livre sacré et les noms des personnes qui y ont contribué. 

(3) San-tche est un autre nom des livres ou cahiers mentionnés plus haut, pp. 

7Ô. 76. 

(4) Nous ne savons pas quel est cet ouvrage ; peut-être est-ce le livre mentionné 

dans le Mémoire du P. Brotier (loc. cit. p. 339--100) : «Ils n'ont imprimé en Chinois qu'un 
fort petit livre sur leur religion. C'est celui qu'ils présentent aux mandaiùns lorsqu'ils 
sont menacés de quelque persécution.» Un des Juifs venus de K'ai-fong à Chang-hai eu 
1851 se souvenait encore d'un vieux volume Chiaois tout usé qu'il avait vu à la synagogue, 



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Le Livre sacré a un vrai sens qu'il faut chercher avec soin ; 
c'est pourquoi ceux qui l'expliquent n'osent pas y ajouter leurs 
commentaires discordants ; le Livre sacré est facile et court ; c'est 
pourquoi ceux qui l'expliquent n'osent pas y mêler leurs commen- 
taires nombreux et embarrassants. De là, les hommes savent que 
les bonnes relations entre Prince et sujet, l'amour entre père et 
fils, l'ordre entre frères, la fidélité entre amis et la distance con- 
venable entre le mari et la femme, ont leur premier fondement 
dans la faculté naturelle de connaître et de vouloir. Si tous les 
hommes voulaient effectivement connaître le bien et se replacer 
dans leur première rectitude, alors par rapport à la pensée du 
saint Patriarche [Moïse], qui composa le Livre sacré, et par rap- 
port à l'antiquité des premiers ancêtres, qui ont vénéré le Livre 
sacré, quoique entre ceux d'en haut [les anciens] et ceux d'en bas 
[les modernes] il y ait une séparation de plusieur milliers et centai- 
nes d'années, ce serait comme s'ils étaient tous contemporains. 

En somme, après la dernière inondation, la synagogue est bien 
redevable à Tcliao Tchanrj-ki et à son frère Tchao Yng-leou qui 
retrouvèrent l'emplacement et les fondations de l'ancien édifice et 
commencèrent les travaux de reconstruction; à Tchao Yng-cheng, 
Kao Teng-h'oei et autres qui contribuèrent de leurs biens pour la 
reconstruction elle-même et menèrent l'entreprise à bonne fin. 
D'un antre côté, le Livre sacré est fort redevable à Kao Siuen et 
Tcliao Yng-cheng, qui le révisèrent d'abord, et à Li Tcheng et 

et dont le contenu lui paraissait conforme k ce qu'il entendait lire du Pentateuque. Cf. 
2'ho North China Herald, 10 Août, IfjJl. Ne serait-ce pas le livi'e p^entionny ici duag 
rjubcription? 



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autres qui le réparèrent ensuite (l). Les inscriptions commémora- 
tives (2), ainsi que les autres inscriptions horizontales et verticales 
placées à l'intérieur et à l'extérieur de la synagogue (3), ont toutes 
été écrites par des mandarins en charge des divers tribunaux de la 
province de Ilo-nan. 

Tcliao Tcli'cng-hi, lieutenant-colonel dans le corps d'armée 
appelé Kou-ijuen-si-lou (4) de la province de Clien-sij a3'ant, au 
retour dans son pays natal, contemplé létat magnifique de la sy- 
nagogue, dit en soupirant : "La splendeur de l'ancienne synagogue 
acquise peu à peu pendant une durée de quelques siècles, il m'a 
été enfin donné de la revoir aujourd'hui à son apogée ! Sans aucun 
doute nos successeurs penseront de nous, les hommes d'à présent, 
comme nous, les hommes d'à présent, pensons des hommes d'autre- 
fois.» Craignant cependant qu'après un long laps de temps, lCC 
qui regarde la reconstruction de la synagogue et la réparation du 
Livre sacré] ne soit plus transmis d'âge en âge, il a voulu le 
graver sur la pierre pour le confier à l'immortalité, et m'a prié 
d'en faire la relation commémorative. [Moi, l'auteur de l'inscrip- 
tion], je suis natif de P'ien [K'ai-fong], et depuis longtemps je 
connais la religion de I-se-lo-yé [Israël]; de plus je suis lié d'étroite 
amitié avec le lieutenant-colonel Tchao Yng-hi, avec Tchao Yng- 
cheng assistant du grand trésorier, et avec le médecin officiel 

(1) Le travail de révision et de réparation du Livre sacré donné plus haut (pp. 
75-78) et résumé ici, est exposé plus en détail dans la partie postérieure de l'inscription. 

(2) C'est-à-dire, celles qui ont été données p. 30 et seq. et 55 et seq. L'affirmation 
de l'auteur de celte inscription dans sa généralité n'est pas certaine. 

(8) Nous avons donné ces inscriptions aux Art. II et III. 

{i\ A l'époque dont l'inscription parle, les deux provinces de "tf ^ Kansou et de 
^ M Chen-si n'étaient pas encore séparées ; c'est poiirquoi Koii-yiioi, qui à présent 
fait partie de la province de Kansou (cf. Tlayfair, n. 3(333', est dit dans l'inscription 
appartenir à celle de Chcug-si, 

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.Yyai llien-cheng ; enfin je puis suffisamment raconter en détail, 
du commencement à la fin, tout ce qui se rapporte à la synagogue; 
c'est pourquoi, en m "appuyant sur les anciennes inscriptions, 
j'ai écrit la présente, dans laquelle j'ai ajouté et suppléé ce qui 
manquait aux premières, afin que les hommes sachent les origines 
et la suite de la Voie [Religion] des Juifs. Du reste, ayant été 
témoin de la réparation du Livre sacré et de la reconstruction de 
la synagogue accomplies de nos jours, il ne convient pas de 
laisser tomber dans l'oubli le mérite des membres de la Religion 
qui y ont contribué. A ces causes j'ai composé la présente 
inscription. 

Moi, Lieou T'cliang, par nomination spéciale promu aux di- 
gnités de Koang-lou-ta-fou (l), de second précepteur de l'Empereur 
pour l'étude des Livres classiques et de premier précepteur du 
prince héritier, auparavant président du Ministère des Peines, et à 
présent président en congé du Ministère des travaux, j'ai composé 
l'inscription. 

Moi, Li Koang-lsou, docteur, par nomination impériale exami- 
nateur provincial et assistant du grand juge criminel de la province 
de Yun-nan, j'ai écrit les caractères de l'inscription. 

Moi, Heou Liang-lian, docteur, par nomination impérial exami- 
nateur provincial et assistant du grand juge criminel de la province 
de Koang-tong, j'ai écrit les caractères de lorme antique [gravés en 
haut de l'inscription] (2). 

(1) Titre honorifiqiU' donné aux dignitaires du l"" d(gr6 du !"■ rang: JH """ DP 
Trheiiffi-p'in. 

(2) Nous avons indiqué ailh urs que ]a partie snpéripuvc de l'inFcrij-tion fait défaiit 
sur notre décalque. 



ART. VII. INSCRIPTION LAPIDAIRE DE 1663. 

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[Cette inscription a été placée] en un heureux jour de la 1^''*^ 
décade de la 5° lune, de Tannée K'oei-mao, 2'^ année de K'ang-lii 
[1663], de la grande dynastie des Ts'infj. 

Moi, Wang Kien-yu, tailleur de pierre, de la sous-préfecture 
de Ou-ngan (1), j'ai gravé cette inscription. 



NOMS GRAVÉS SUR LA PARTIE POSTKRIEURE DE LA PIERRK 



{■2). 



La réparation [construction?] de la synagogue dite Ts'ing- 
Ichcn-se commença en la l^'"'' année de Loug-hing [1163], sous 
TEnipereur Iliao des Song ; depuis lors jusqu'à présent plusieurs 
siècles se sont écoulés, et bien que la synagogue eût passé par 
plusieurs vicissitudes, ses fondements restaient encore intacts ; 
mais après le changement [l'inondation] qui eut lieu en l'année 
jen-ou, \b^ de Tcli'ong-tcheng [1642], vers la fin des Ming, les 
fondements même de la synagogue furent détruits ; tous ceux 
qui en furent témoins, furent profondement attristés. Quand en 
Tannée h'oei-se, 10'^ de Choen-tclie [1653] de notre dynastie, les 
membres de la Religion juive furent retournés à la ville de P'ien 
[K'ai-fong] et furent rentrés dans leurs maisons, après délibé- 
ration commune, ils souscrivirent des fonds pour rebâtir la syna- 
gogue ; les sept familles Li, Tchao, Ngai, Tchang, Kao, Kin et Ché 
donnèrent toutes de l'argent pour réédifier la partie antérieure de 
la synagogue qui consistait en une salle à trois chambres formant 

(1) Ou-ngan, dans la préfecture de ^ ^© Tchangté, province de Hou-nan. Cf. 
riayfair, n. 8083. 

(2) Le texte chinois est donné d'après la copie B. 



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la partie antérioure de la synagogue (1), et la salle à trois cham- 
bres de la salle du fondateur de la Religion (2). La salle à trois 
chambres formant la partie postérieure de la synagogue, et Tar- 
moire où l'on vénère le Livre sacré ont été faites, uniquement 
avec de l'argent pris sur ses appointements, par Tchao Yng-tche:tg, 
promu docteur aux examens de l'année pin-siu, [1646J, assistant 
de l'intendant militaire de Tchang-nan, qui était revenu à son 
pays natal à cause du deuil de ses parents. La salle à trois 
chambres formant la salle des saints Patriarches (3), le bâtiment 
à trois chambres de la grande porte d'entrée [Fi g. L Ccc], les 
trois chambres du bâtiment de la deuxième porte [Fig. L Ddd], 
les vases en bronze et les six paires de chandeliers, ont été faits 
aux frais de Kao Teng-k'oel et de Kao Ten-k'ou. La salle du 
Nord à trois chambres pour la lecture du Livre sacré [Fig. L L], 
a été reconstruite par tous les membres de la famille Ngai. Tcliao 
Yun-lchong, [Tchao] Yun-tch'eng et [Tchao] Yng-koen avec leur 
neveu Yuen-liien ont ensemble rebâti la salle du Midi à trois cham- 
bres pour l'explication [de la doctrine] [Fig. L L]. La porte d'hon- 
neur dite pai-fmig (4) a été bâtie par Ngai Cheug-tche. Kin Tclie-fong 
a élevé à l'intérieur de la synagogue le pavillon dit Wan-^oei~Jong~ 
loou, en l'honneur des Empereurs de la glorieuse dynastie des Ts'ing 
[Fig. II. Ccc]. Tchao Yun-tchong et [Tchao] Yun-lcli'eitg ont encore 



(1) Cf. article I. p. 3 (2). 

(2) Pi'obablemcî.t l'une des salles nu de la Fig. I. 

(3) Probablement l'autre salle mi de la Fig. I. 

(l) Il }' avait plusieurs arcs de triomphe dans l'enclos de la sj'iiagoguc [Fig. I. 1>. 
E. et Fig. II. E.]; iiou=; ne savons pas lequel de ces inonumeuts est nommé ici. Eu tout 
cas ce n'est pas le preiiiier [Fig. I. B] qui fut élevé par Tchao Yng-teou et Tchao Yitg- 
chcug. Cf. pp. U-10. 



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rebâti les neuf chambres de la salie dite Idng-tien (1), et à lintô- 
rieur de la S3'nagogue ils ont renouA'elé les balustrades, le plancher, 
les chandeliers, les tables d'honneur [pour placer les ofifrandes?] et 
les deux allées pavées, l'une qui va depuis le devant de la synago- 
gue jusqu'à la grande porte d'entrée, et l'autre qui conduit [de la 
grande allée du milieu] à la salle du Midi pour la lecture du Livre 
sacré [Fig. I. L]. Ngai Yn-k^oei avec ses fils Ts'ong-c'ieng, Yong- 
yng, Hien-cheng, Ta-cheng et Fou-cheng ont réparé le puits qui a 
une balustrade en pierre, une couple de lions en pierre, une lan- 
terne dite fong-teng, cinq claies en bambou et sept inscriptions 
horizontales ornées, dites hoa-pien. Li hoei a acheté trois paires de 
vases à brûler l'encens et Ngai Che-ié, deux lampes en bronze dites 
lien-hoa-ieng [lampes à fleur de nénuphar] ; il a de plus réparé la 
balustrade en pierre qui entoure la terrasse située devant la synago- 
gue [Fig. I. gggg[ et l'allée pavée qui va à la salle du Nord pour 
la lecture du Livre sacré [Fig. L L.] Xgai Wei-i a rebâti les trois 
chambres de la cuisine [Fig. L M[; Tchao Yun-tchong, Kao Teng- 
k'ou et Tchao Yun-hien ont bâti tout le mur d'enceinte; Ngai Che-té 
et [Ngai] Che-fang ont bâti le mur d'honneur et la terrasse situés en 
dehors de la grande porte d'entrée (2). Enfin les sept familles ont 
souscrit des fonds mis en commun, pour bâtir les chambres où 
l'on s'adonne au travail de perfection morale, et pour acheter les 
tables, tabourets, vases à brûler de l'encens, trépieds, ainsi que 
tous les autres ustensiles en bois et choses semblables, dont on se 
sert dans la synagogue. 

(1) Nous avous dit plus haut, p. 7S, que nous ne savions par ce que cela était. 

(2) Ce mur d'honneur n'est pas nommé dans les diverses descriptions de la synagogue; 



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Voilà comment la synagogue a été achevée de manière à pré- 
senter la splendeur du temps passé ; par rapport aux ornements 
et aux couleurs, elle est encore plus belle. Afin de conserver le 
souvenir de sa magnificence, on a ajouté et gravé ce qui précède sur 
la face postérieure de la pierre. 

Dans l'intérieur de la synagogue on avait placé autrefois trei- 
ze (l) exemplaires du Livre sacré de la Voie [doctrine], lesquels 
furent tous submergés en Tannée jen-ou du cycle [1642J. Le doc- 
teur Kao Siuen en retira de l'ean sept exemplaires et Li Tch'eng- 
tsiun, membre de la Religion juive, trois autres. Ayant envoyé ces 
exemplaires au Nord du Fleuve jaune, ils prièrent le chef de la 
lleligion de les réparer. Celui-ci enleva des exemplaires sauvés ce 
qui était illisible, retrancha ce qui avait été détérioré par l'eau, 
[ajouta ce qui manquait], collationna et révisa ce qui restait, et de 
cette manière il composa un seul exemplaire complet du Livre 
sacré. 11 fut placé avec vénération dans une armoire, où il reçoit les 
honneurs des membres de la religion. L'exemplaire placé à la gau- 
che du précédent est un exemplaire ancien du Livre* sacré, qui de 
nouveau a été réparé par Li Tcheng, chef de la Religion. L'exem- 
plaire placé à la droite du premier a été de nouveau réparé par le 
mollah Li Tchenrj-sien. Les dix autres exemplaires ont été ensuite 
renouvelés peu h peu; ainsi l'un d'eux l'a été par le membre de la 
Religion Ngai Wei-i avec toute sa famille ; un autre a été renouvelé 



c'est peut-t'tre le mur orné (^u'on voit à rixtérieur de la grande porte [Fig. I. Ccc]. 
(1) Cf. p. 78 ((i). 



ART. VII. INSCRIPTION LAPIDAIRE DE 1663. 



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par Tchao Yun-se ; Kin Yn-siuen avec sa famille ont renouvelé le 
troisième; Kao Teng-k'oei a renouvelé le quatrième; Tchao Yiig- 
clieng a renouvelé le cinquième; le mollah C7ie Tsc-lsiun a renouvelé 
le sixième; Li hoei avec son neveu Ya-sieou a renouvelé le septième; 
Kao Teng-h'ou a renouvelé le huitième; le mollah Tcliatig Wen- 
choei avec sa famille a renouvelé le neuvième, enfin le mollah Ngai 
Ta-clieng avec son frère et son neveu ont renouvelé le dixième. 
Voilà comment les treize exemplaires sont complets. Ils brillent 
dans leur nouvelle splendeur ; ceux qui les lisent, les comprennent 
facilement, et ceux qui les voient, sont ravis de joie. En somme, 
ils ont été écrits par le chef de la religion et les mollahs, et ce sont 
les membres de la Religion qui ont aidé [de leur argent] à leur 
transcription. 

[Ce qui précède] a été gravé avec soin sur la pierre, afin que 
nos descendants sachent comment les Livres sacrés et la synagogue 
ont été réparés. 



ARTICLE Yllï. 

DE L'ENTRÉE DES JUIFS EN CHINE. 



Les trois inscriptions dont nous avons donné le texte et la 
traduction mentionnent en termes généraux l'entrée des Juifs dans 
TEmpire central (l) et toutes les trois placent le fait à une époque 
différente. L'inscription la plus ancienne dit que soixante-dix fa- 
milles juives vinrent en Chine à la cour des Song, c'est-à-dire, à 
celle qui régna de 960 à 127 S P. C. L'inscription de 1511: afîirme 
qu'à partir des Han la Religion juive entra en Chine et s'y fixa. 
La dynastie des llan, ayant régné depuis l'an 206 A. C. jusqu'en 
221 P. C, c'est entre ces deux dates que, d'après cette inscription, 
il faudrait placer l'entrée des Juifs en Chine. Nous avons suggéré 
(2) que ces deux témoignages, en apparence contradictoires, peuvent 
se concilier en admettant que deux colonies diff'érentes soient venues 
en Chine à deux époques diverses, l'une sous les Han et l'autre sous 
les Song. 

La dernière inscription nous dit enfin qu'à partir de la dynastie 
des Tcheou (1122-249 A. C.) la Religion juive commença à être 
prêchée en Chine. Que faut-il penser de cette assertion qui con- 
tredit celle des autres inscriptions? A notre avis, ce dernier témoi- 
gnage mérite peu de créance; car son auteur, bon lettré peut-être, 
président d'un ministère d'après son affirmation sur la stèle, ministre 
même de l'Empire d'après celle du P. Rrotier (3), semble avoir été 
distrait en lisant les documents sur lesquels il dit s'appuyer (4). 
Nous avons fait j-emarquer quelques-unes de ces distractions en leur 
lieu (5). A l'endroit même où il parle de l'entrée des Juifs en 
Chine, il a tourné sa phrase de manière à faire croire que non 
seulement l'entrée en Chine, mais la construction même de la 
synagogue, avait eu lieu sous les Tcheou, ce qui n'est pas vraisem- 
blable. La distraction est du reste excusable, puisque l'inscription 
de 1489, source des renseignements, mentionne l'origine de la 
Religion juive sous les Tcheou, et que l'auteur de l'inscription do 
1663 qui nous occupe, n'étant pas Juif, a bien pu confondre un fait 
avec un autre. 

La tradition orale, qui aurait pu apprendre à l'auteur de l'ins- 
cription quelque chose à ce sujet, est pour l'entrée des Juifs en 
Chine sous les Ilan et non sous les Tcheou. C'est le P. Gozani 



(1) Cf. pp. 43, 58, 72. 

(2) Cf. p. 43 (.0). 

(3.1 Cf. Lctt. ihlif, XXXI. Rec, p. o48. 



(4) Cf. p. 82. 

(.-j) Cf. pp. G.-> (2), 72 (.3), 73 (2J (4), 74 (1) 



ART. VIII. DE l'entrée DES JUIFS EN CHINE. 89 

qui le premier a consig^nc cette tradition dans sa lettre de 1704 (l). 
11 y dit : "Les premiers Juifs qui parurent à la Chine, ainsi qu'ils 
me le racontèrent, y vinrent sous le Han-tchao ou la dynastie des 
Ilan.» Plus tard, le P. Brotier, qui avait eu sous les yeux les 
lettres de plusieurs missionnaires, écrivait à son tour: "Les Juifs 
ont dit constamment à tous les missionnaires qu'ils étaient entrés 
en Chine sous les Han (2).» On peut opposer à cette afiirmation 
quelques paroles écrites par le P. Gaubil, soit dans une lettre du 4 
Sept. 1725 où il dit (3): «C'est du temps des Tclieou que les 
Israélites entrèrent en Chine»), soit dans son Traité sur la Cliron. 
Chin., p. 264, où il écrit: «On lit dans les inscriptions que des 
Juifs vinrent à la Chine du temps de la dynastie Tc/ieou», et p. 
267 : "Je laisse aux savants à décider en quel temps de la dynastie 
Tclieou les Juifs ont pu venir à la Chine», soit enfin dans quelques 
autres ouvrages (4). ^lais nous ferons remarquer que cette affirma- 
tion du P. Gaubil s'appuie, non sur la tradition orale, mais sur les 
inscriptions, et encore non sur toutes les trois, mais uniquement 
sur la dernière, c'est-à-dire, sur celle de 1663. Cela est évident 
pour la première citation du P. Gaubil donnée plus haut ; que la 
même chose ait encore eu lieu pour les autres citations, cela nous 
est g'aranti par le R. P. Bruckcr (5) qui a pu les avoir toutes sous 
les yeux. Or ce que nous venons de dire nous montre combien 
faible est la valeur du témoignage consigné dans l'inscription de 
1663 (6) (7;. 



(1) Cf. Lett. édif., Rec. YII. p. IG. 

(2) Cf. Lett. édif., Rec. XXXI. pp. 306, 3fJG. 

(3) Le manuscrit d'où cette phrase est tirée se trouve à la bibl. de l'Ecole S'*' Gene- 
viève, ù Paris. 

(4i Cf. Ecvtie des Quest. Hist., t. .'-.7, 1S85, p. 497. 

(.5) Cf. Bévue des Quest. Hist., 1. c. p. 407-— C'est par distraction sans doute oii dn 
P. Gaubil, ou du R. P. Brucker, qu'il y est dit : «Le P. Gaubil, a toujours écrit que la plus 
ancienne des inscriptions, datée de l'an 1489 de notre ère, rapporte l'anivée des premiers 
Juifs en Chine à l'époque de la dynastie de l'cheou.n C'est la j^lits moderne, datée de 1GG3, 
qu'il faudrait dire. 

(G; Dai.'s le Traité sur la Chron. Chin , p. 204, le P. Gar.bil semble indiquer que ce 
soient toutes les trois inscriptions lapidaires de la synagogue qui contiennent l'affirmation 
de l'entrée des Juifs en Chine sous les Tclieou; mais, après avoir étudié les inscriptions, 
nous n'avons trouvé l'affirmation en question que dans la dernière d'entr'elles. 

(7) Ce que nous avons dit de l'entrée des Juifs en Chine sous les Han, en nous ap- 
puyant sur le témoignage de l'inscription de 1.t12 et sur la tradition orale, ne signifie pas 
que nous voulions nier l'existence de relations commerciales entre Juifs et Chinois bien 
avant le commencement de cette dernière dynastie Han. De fait, quelques commen- 
tateurs anciens et surtout modernes, catholiques ou rationalistes, croient que la terre des 
Sinim C^'ulg. terra australi) dont parle Isa'i'e (XLIX, 12) est la Chine. Cf. Kuabenbauer, 
Comment, in Isai. XLIX. 12, vol. II, pp. 241-242 et The Chin. Rep., vol XIII. 1844, 
pp. 118123. 

12 



90 LES INSCPvirTIONS JUIVES DE Iv' AI-FONG-FOU. 

A quel moment sous les Ilan les Juifs seraient-ils entrés en 
Chine? Nous ne sommes pas encore en mesure de répondre caté- 
goriquement à cette question. En attendant, nous croyons opportun 
de placer ici l'assertion de M. Terrien de Lacouperie et celle de M. 
H. Cordier avec quelques-unes de leurs explications. «En la 34* 
année de Tère chrétienne, dit le premier, de nombreux Juifs établis 
i\ Babylone furent forcés de la quitter pour aller en Séleucie, en 
punition de la mauvaise administration d'Asinai et d'Alinai leurs 
compatriotes, qui avaient été satrapes du XIX° Arsace Astabanus 
III. La persécution contre eux continua néanmoins encore, et 
50.000 d'cntr'eux furent massacrés dans leur nouvelle résidence. 
Les autres, en Tan 40, allèrent à Ctésiphon, et cette nouvçlle 
résidence ne s'étant pas montrée hospitalière, ils se retirèrent finale- 
ment dans les villes provinciales de la Parthie (1). Ces circonstances 
ont leur importance. Nous voyons ici des Juifs dans l'Asie anté- 
rieure sur les grandes voies de commerce avec l'Est, qui sont obligés 
de chercher des régions plus favorables pour s'y fixer. Il y a donc 
de fortes probabilités ponr affirmer que quelques-uns de ces Juifs 
allèrent en Chine, probablement d'abord comme marchands, et s'y 
établirent ensuite définitivement. Les Juifs une fois fixés en Chine 
clierchèrent à se mettre en commuiMcation avec leurs frères de 
l'Ouest, d'où sans doute de temps à autre il leur vint de nouvelles 
recrues (2).» M. H. Cordier (3j soutient »que les Juifs arrivèrent 
en Chine par la Perse, après la prise de Jérusalem par Titus, au 
premier siècle de notre ère, sous la dynastie des Han et sous 
l'Empereur Ming-ti » 

Mais comme M. de Lacouperie observe justement, il n'y avait 
alors aucune raison pour que ceux des Juifs qui émigrèrent de la 
Judée portassent si loin leurs pas vers l'Est jusqu'à arriver en 
Chine. Le fait n'était pas impossible; il faudrait cependant avoir 
quelque raison pour l'admettre ; d'autant plus que, entre la destruc- 
tion de Jérusalem par Titus [l'an 70 P. C] et la mort de l'Empereur 
Ming-li [76 P. C.]. le laps de temps n'est pas long. 

Quoiqu'il en soit de la manière d'expliquer l'arrivée des Juifs 
en Chine sous Ming-ti, il est certain que ce fait a en sa faveur la 
tradition orale des Juifs chinois. Elle a été recueillie par les anciens 
missionnaires et consignée par le P. Brotier dans son Mémoire (4). 
«Ces Juifs disent qu'ils entrèrent en Chine sous la dynastie des Han 
pendant le règne de llan Ming-ti [58-76 P. C.]» «Plusieurs de ces 
Juifs ont assuré qu'ils étaient arrivés sous le règne de Ming-ti.» 



(\, Cf. G. Rawlinson, Thn sixih Grcat Oririifal MunarrJiij, p. 244. 

(2) Tlir Bah. ,11, il Or. l{rr., J/nic 1,S!)1, pp. l;!-.>i;{3. 

(3) (."f. L'AutliropuluQir, sept.-oct. ISilO, ii. .-)", p. M!), et Kiicijrlop. Lamirault, au 
mot Cli'.na, VI. Religions, Judaïsme, vol. 11, p. !I2. 

(4; Cf. Lctt. cdif. IJec, XX.XI. pp. .''Oii, Sd'j-JGJ. 



ART. VIII. DE L ENTREE DES JUIFS EN CHINE. 



91 



Sur un iait d'une telle d'importance pour la colonie juive en Chine, 
cette tradition orale, à notre avis, a ;ine valeur probante qui n'est 
pas à dédaigner, et tant que de nouveaux documents ne seront pas 
mis au jour, elle peut être suivie par tous ceux qui s'occuperont de 
cette question. 



ARTICLE IX. 

LE PENTATEUOUE DE K'AI-FOXG. 
ANTIOUITÉ — ÉTAT ACTUEL. 



S'il fallait ajouter foi aux rapports que les Juifs chinois firent 
aux missionnaires, le manuscrit de K'ai-fong remonterait à la plus 
haute antiquité. Le premier Juif qui entretint le P. Ricci à Pékin 
lui assura que ses compatriotes de K'ai-fong gardaient les cinq 
Livres de Moïse avec grande vénération depuis cinq ou six siècles 
(1). Lentretien ayant eu lieu dans les premières années du XVIP 
siècle, le Pentateuque chinois remonterait au XI" ou au XII° siècle. 
Les Juifs qui montrèrent la synagogue au P. Domenge ne furent 
pas si réservés dans leurs paroles. «Ils prétendent, nous dit ce 
Père (2), qu'un des livres qu'ils respectent plus que tous les autres 
a plus de trois mille ans d'antiquité.» ^lais le P. Brotier (3) explique 
ce témoignage en disant: dl est évident qu'ils ne parlaient pas 
d'un manuscrit qui eût trois mille ans d'antiquité, mais de la Loi 
qui avait été donnée à Moise il y a trois mille ans.» 

Les données des inscriptions lapidaires sont plus explicites et 
en même temps plus modestes. Celle de 1663 nous assure qu'en 
ce temps-là on possédait à la synagogue treize exemplaires du Livre 
sacré; de ces treize manuscrits, dix étaient des copies faites sur un 
exemplaire plus ancien, sauvé de l'inondation de 1642 et complété 
après l'inondation, et deux étaient composés de plusieurs morceaux 
appartenant à d'autres exemplaires retirés aussi des eaux. C'est 
sans doute du premier de ces manuscrits que parlaient les Juifs de 
K'ai-fong en exaltant son antiquité. Ce fut celui-là même qui fut 
montré au P. Gaubil. Le P. Brotier (4) en a fait la description 
suivante: «C'était un reste de Pentateuque qui paraît avoir beau- 
coup souffert de l'eau. Les caractères en étaient grands, nets et 
d'une forme mitoyenne entre l'Hébreu de la Bible d'Anvers et celui 
qui se voit dans la grammaire Hébraïque et Chaldaïque imprimée à 
^Vittemberg en 1531. Il n'y avait rien au-dessous de ces lettres, 
mais au-dessus il y avait des accents et des espèces de points tels, 
dit le P. Gaubil, que je n'en avais pas vus ailleurs.» 



0) Cf. Trigault, De Christ. Exped. 
lib. I. cap. Xr, p. Ilî). 

(2,1 Cf. LcH. i-dlf. Kec. XXXI, p. 311. 



(3) Cf. Ibid. p. SC!). 

(4) Cf. Lett. câif. llcc. XXXI, p. ?,:,!. 



ART. IX. LE PENTATEUQUE DE K*AI-FONG. 93 

Voyons maintenant quelle est Tantiquité de ces épaves de 
l'inondation. Puisque d'un côté, en 1512, il n'y avait à la synago- 
gue que quatre exemplaires du Livre sacré et qu'avant rinondation 
en 16^ii:, il y en avait au moins dix et peut-être treize, il y a 
quelques probabilités que les épaves sauvées taisaient partie du 
dépôt sacré constaté en 1512. Mais, on le voit, ce n'est pas certain. 
Il est même plus probable qu'elles avaient appartenu aux copies 
faites sur un des quatre exemplaires qui le formaient. 

Supposons cependant que les restes du Pentateuque retirés 
des eaux en 1642 aient fait partie des exemplaires existant en 1512. 
Quelle serait alors leur antiquité? L'inscription de 1489 nous affir- 
me qu'après la reconstruction de la synagogue faite entre 1465 et 
1488, on y plaça trois exemplaires du Livre sacré. La même ins- 
cription affirme aussi qu'entre 1457 et 1476 on obtint des correli- 
gionnaires de Ning-pouo les deux premiers exemplaires du môme 
Livre; par conséquent deux des copies conservées encore en 1512 
devaient être d'une date bien récente, puisqu'elles auraient eu à 
peine un demi-siècle. Les manuscrits sauvés en 1642 apparte- 
naient-ils à ces deux copies? Ou bien faisaient-ils partie des deux 
exemplaires primitifs? La réponse est bien problématique, 

Mais au cas bien peu probable que ces restes eussent fait 
partie des deux exemplaires primitifs, quelle serait leur âge? Il 
nous est difficile d'y répondre, attendu que l'inscription de 1486, 
tout en affirmant la provenance de ces deux exemplaires, se tait 
complètement sur leur âge au moment de leur entrée dans la sy- 
nagogue. 

Le. P. Brotier (1) d'abord, et après lui, Finn, Wylie, le cor- 
respondant du Norlh China Herald et d'autres ont affirmé que 
l'ancien manuscrit du Pentateuque sauvé de l'inondation de 1642 
et conservé à K'ai-fong venait od'un Mahométan» de Xing-hia. «Un 
Juif de Canlon étant près de mourir, le lui avait confié comme un 
dépôt précieux.» Ce livre, d'après le P. Brotier, aurait été sauvé de 
l'incendie de la synagogue qui eut lieu (2) sous Wan-lié et d'après 
le témoignage du Chef de la Religion donné au P. Gaubil (3), 
aurait été reçu des Juifs de Si-yu (Inde), précisément après le même 
incendie, pour remplacer les livres brûlés. — Nous avons indiqué 
plus haut (p. 73, not. 6) que l'incendie de la synagogue sous Wan- 
lié est peu probable, et nous n'avons pu trouver nulle part l'origine 
de la légende relative au Livre sacré. Nous pensons même qu'elle 
n'est qu'un encadrement imaginaire du fait relaté sur la stèle de 
1489, à savoir que, après l'inondation [et non l'incendie^, en 1461 
et après la réparation de la synagogue entre 1465 et 1488, on y 
plaça trois exemplaires du Livre sacré, dont l'un était un don des 
Juifs de Ning-pouo; de plus sur la même ligne de l'inscription 



(1) Cf. Lntt. (■■dif., Bec. XXXI, pp. 
SOS -309. 



(2) Cf. ibid. 

(3) Cf. ibid. p. 358. 



94 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k'.VI-FONG-FOU. 

(cf. plus haut p. 49) il est aussi fait mention des Juifs de Xinri-liia 
dans le Chen-sij mentionnes aussi par le P. Brotier dans sa 
légende. 

Bref, les deux plus anciens manuscrits du Pentateuque qu'on 
ait conservés à K'ai-fong sont arrivés de Ning-pouo entre l'i57 et 
1465 ; de ces manuscrits on a tiré plusieurs copies qui avec les 
manuscrits furent submergées dans les eaux du Fleuve Jaune en 
1642. Avec les épaves de ces copies on compléta tout au plus trois 
exemplaires, et l'on y ajouta dix copies écrites d'après les exemplai- 
res sauvés. Ce sont ces treize exemplaires qui ont été vus à la 
synagogue de K'ai-fong par les anciens missionnaires au siècle 
dernier et par les Délégués protestants (1) au milieu du siècle qui 
finit. 

A présent que la synagogue est détruite, en quel état se trou- 
vent et que sont devenus ces treize exemplaires du Pentateuque ? 
D'abord, en 1851 les Protestants de Chang-hai en achetèrent six (2) 
qui sont ainsi décrits dans le Norih-China Herald (16 Août 1851). 
«De ces six exemplaires un se distingue clairement des autres par 
la forme de l'écriture, l'apparence du parchemin, et par les signes 
évidents qu'il porte d'avoir beaucoup souffert de l'eau à une époque 
antérieure... Après un examen attentif nous trouvons que ce ma- 
nuscrit, comme le Codex Malabaricus trouvé par Buchanan parmi les 
Juifs noirs dans l'Inde, est fait de morceaux ayant appartenu à 
deux copies ou même davantage, l'ajustement de morceaux ayant 
été accompli après qu'ils eussent été dans l'eau. Ce fait est suffisam- 
ment démontré par la grossièreté de nouveaux raccordements, la 
fraîcheur des ligatures et cette particularité que dans un endroit 
le raccordement a été fait au milieu d'une colonne, la dernière 
lettre du premier morceau étant laissée au commencement de' 
l'autre morceau, et la différence d'écriture étant si marquée 
qu'on ne peut pas ne pas s'en apercevoir... Les nouveaux rouleaux 
sont faits de fort parchemin (3) de différentes largeurs, mais tous 

1.1) Ceux-ci ne virent, parait-il, que douze exemplaires. Cf. Smith. The Jeivs... 
Introd. X, et pp. 27, FO. 

(2j En parlant de cet achat, plusieurs auteurs écrivent six ou sept copies. Mais 
déjà en Août 1851 le correspondant du North China Herald, n. .")5, écrivait: «Parmi k-s 
fragments fort détériorés qui étaient liés ensemble, et religieusement conservés comme 
s'ils eussent été 2in rouleau, nous avons trouvé les doubles de quelques parties des 
Nombi-es.» Le cori'espondant décrit aussi seulement six rotdemix. L'acquisition do 
ces rouleaux est racontée dans The Chin. Bcp. vol. XX, p. 439.— A la fin de l'article 
son auteur a inséré la description du North China Herald indiquée dans notre texte. 

(;i) Déjà le P. Gozani dans sa lettre de 1704 [Lett. vdif. Rec. VII, p. C) avait dit que 
les treize exemplaires du Pentateuque «étaient écrits sur de longs parchemins et plies 
sur des rouleaux.» Cette affirmation semble contredite par le P. Brotier (Lett. édif. Rec , 
XXXI p. 313) : «Ils sont écrits, dit-il, non sur des parchemins, comme l'a dit le P. Gozani, 
mais sur du papier, dont on a collé plusieurs feuilles ensemble pour pouvoir les rouler 



ART. IX. LE PEN'TATEUQUE DE k'aI-FOXG. 95 

en bon état de conservation. Chaque rouleau porte un numéro écrit 
en Hébreu à l'angle inférieur de la dernière peau, indiquant proba- 
blement son ordre dans la synagogue (1). Ces numéros sont: Belh 
2, Dnleth 4, He 5, Theth 9 et Jod-helh 12.— En outre, chaque 
peau est marquée en haut d'un numéro, le dernier indiquant le 
nombre total de peaux du rouleau. Ainsi le rouleau n° 5 contient 
75 peaux, le n° 4, 79, le n" 9, 47, et le n" 12, 66. Le n" 2 a ses 
peaux numérotées dans un autre ordre composé de séries successives 
de 19. — Quoique le nombre de pièces de parchemin varie si con- 
sidérablement, il n'en est pas de môme pour le nombre de colonnes, 
chaque rouleau en contenant 239. Il y a aussi une diversité bien 
notable quant h la largeur des colonnes, bien qu'il y ait une 
correspondance générale de colonne à colonne entre les rouleaux. 
Ainsi pour le Cantique de Moïse (Exod. XV.) la colonne du rouleau 
n" 2 a neuf pouces de largeur tandis qu'ailleurs elle n'a pas plus de 
trois pouces. Dans chaque colonne il y a 49 lignes horizontales, 
séjDarées entr'elles de près d'un demi-pouce, tracées, semble-t-il, avec 
un stylet en acier ou en bois, et servant de limite supérieure pour 
les lettres. Les colonnes commencent et finissent presque uniformé- 
ment par la même lettre, sauf dans le n" 2 qui présente quelques 
exceptions. Il n'y a pas de points, à l'exception d'un mot (Deut. 
XXXtlI, 4); au-dessus de chacune des lettres de ce mot, dans les 
rouleaux n°' 2, 4, 9 et dans le rouleau le plus ancien, il y a un 
peint sur chaque lettre, comme dans les Bibles imprimées, mais les 

sans craindre de les décbii-er.» (Cf. aussi ibid. p. 321). Le P. Kœgler (Von Jlurr, Journal 
ztir Kunstgescldclite VII Tlieil. ]779. p. 248) dit aussi ; «Les Juifs, pour l'écriture de leurs 
Livres sacrés, se servent de papier plié en double à la manière chinoise, ou bien ils collent 
ensemble plusieurs feuilles, afin que le papier ainsi solidifié puisse ôtre écrit des deux 
côtés.» Nous pensons que les affirmations des PP. Brotier et Kœgler se rapportent, non aux 
grands rouleaux dont parle le P. Gozani lorsqu'il dit que les Livres sacrés étaient écrits sur 
des parchemins, ce qui a été trouvé vrai, mais aux autres petits cahiers des Livres sacrés 
d'un usage plus fréquent. Cette explication est confirmée par ces mots du correspondant 
du A"or</(-C'//fHa-//em?<? du 1() Août 18.t1 : «Les petits cahiers manuscrits sont petits, et 
sont écrits principalement sur un papier épais fait de plusieurs feuilles de papier collées en- 
semble.» Notre manière de concilier les diverses relations n'est pas arbitraire. Car les ma- 
nuscrits dont parle le P. Kœgler à l'endroit cité sont des cahiers ou des rouleaux «ayant 
des pages dont la largeur est de près de sept pouces, et la hauteur de trois ou quatre.» Or 
ces dimensions ne cadrent pas avec les grands rouleaux et peuvent bien s'accorder avec 
plusieurs des petits manuscrits. Cette observation s'applique aussi au texte du P. Brotier 
qui à l'endroit cité p. 321 du XXXI. Rec, des Lett. édif.). est identique à celui du P. Kœ- 
gler. Ue plus, dans toute cette page et la précédente, le Pèi-e décrit, non les Ta-king des 
grands rouleaux placés dans le Béthel, mais les cahiers conservés dans les armoires, et, à 
notre avis ce fut une distraction du P. Brotier que d'appliquer aux premiers dans la page 
313 de son Mémoire ce que le Père Domenge, source de ses informations sur ce point, ne 
dit que des seconds. Ce n'est qu'après l'impression de la p. 32 que la dissertation du P. 
Kœgler éditée par Von Murr est venue entre nos mains. 

(1) Peut-être que ce numéro indique l'ordre dans lequel les copies ont été faites tel 
qu'il est relaté sur l'inscription de lu73 dans sa partie postérieure. 



96 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-FONG-FOU. 

rouleaux n*" 5 et 12 en sont dépourvus (1). Presque tous les 
rouleaux fourmillent d'erreurs, de taches, de ratures et de correc- 
tions. Les rouleaux n"' 4 et 12 en particulier ont presque autant 
de corrections que de colonnes. Quelques-unes ont été faites après 
avoir enlevé la surface de la peau ; pour d'autres, on a essayé 
préalablement de laver ce qui avait été écrit d'abord, enfin pour 
quelques autres, on a couvert l'écriture primitive d'une composition 
blanche étendue dessus ; cependant dans ces deux derniers cas les 
lettres écrites en premier lieu sont en général assez clairement lisibles 
à travers les corrections» (2). 

Le rouleau n° 9 se trouve dans la bibliothèque publique de 
Hong-kong. Il y a été déposé par le Rev. Bishop Bourdon et le 
Rev. Cobbold ; il n'est que prêté, non donné. Une description fort 
détaillée du rouleau a été faite par un hébraïsant dans la revue Noies 
and Querics on Cliin. and Jap,, Apr. 1868. Le fond de la relation 
ressemble beaucoup à celle du NorUi China Herald donnée plus 
haut. Nous 5' avons cependant trovivé quelques détails nouveaux que 
voici : «Le rouleau ne commence qu'au verset 30 du chap. XXIV 
de la Genèse ; c'est que les huit premiers morceaux de parchemin 
ont été décousus et envoyés en Angleterre pour être examinés... Los 
peaux sont cousues ensemble proprement par un double fil blanc, et 
le manuscrit est attaché aux extrémités à un rouleau en bois d'envi- 
ron un demi-pouce de diamètre, et de vingt-sept pouces de longueur 

(1) The Chin. Bep., vol. XX, p. 4G3, % fait observer que dans le texte du North- 
China Herald il doit y avoir une faute d'impression, attendu qu'à l'endroit indiqué le mot 
signalé ne se trouve pas.— C'est peut-ôtre Gènes. XXXII, 4, qu'il faudrait lire. 

(2) Pour ce qui est de la matière môme des rouleaux on voudrait avoir quelques 
renseignements sur les peaux emplo3-ées pour les former, sur l'instrument dont ou s'est 
servi pour écrire et sur l'encre avec laquelle les lettres hébra'iques furent tracées. Au sujet 
de la première question nous n'avons rien trouvé dans les relations tant anciennes que 
modernes. A défaut d'autres documents, voici l'opinion du Dr. J. Edkii;s. «Les peaux 
ont dû être apportées de Bokhara; cependant il n'est nullement impossible que, sous la 
dynastie des Mhig, alors que les Juifs du Hovan étaient riches, ils aient eu à leur dispo- 
sition des peaux préparées, dans le Ho-nan même, d'après le procédé employé à Bokhara, 
procédé qui du reste était d'un commun usage dans l'Asie occidentale.» Les peaux de 
mouton épilées sont, paraît-il, peu connues en Chine. Dans le Nord de la Chine on se sert 
de ces peaux pour confectionner certains sachets dits Ho-pao ^pf 'S» Quant à l'ins- 
trument pour écrire et à l'encre employée, le P. Domenge {Lett. cdif. Rec, XXXI. p. ;->20) 
nous dit que «tout est écrit à la main avec des pinceaux de bambou taillés en pointe 
comme nos plumes, et de bonne encre que les Juifs chinois font eux-mêmes et qu'ils 
renouvellent tous les ans à la fête des Tabernacles. Car ils se feraient un grand scru- 
pule de se servir de pinceaux et d'encre de la Chine.» Le P. Kœgler (Von Murr, loc- 
Bup. cit. pag. 218' ajoute : «L'encre dont on s'est servi pour l'écriture des Livres sacrés est 
beaucoup plus rroire que celle en u.sage pour l'impression des livres Européens. Les Juifs 
la préparent tous les ans au commencement de l'année civile et la conservent dans de 
petits vases à la manière européenne.» D'après le Dr. J. Edkins, le pinceau serait venu 
(lUBsi de Bokhara avec les peaux. 



AUX. IX. LE l'ENT.\TEL(jUK 1)K K'AI-FO.NG. 97 

sur lequel il est enrcmlé. Les extrémités du rouleau sont vernies à 
la chinoise et terminées eu pointe. La lonj^rueur actuelle du manus- 
crit est de 95 pieds, mais il était probablement auparavant plus lon^i: 
de 16 ou de 18 pieds quand il était complet... Les colonnes ont 
quatre pouces de largeur, séparées les unes des autres par un espace 
d'un pouce, ou dun pouce et demi. Chaque cohmne est limitée par 
deux lignes verticales entaillées, jointes ensemble par quarante-neuf 
lignes horizontales... L'a espace est généralement laissé en blanc à 
la hn de chaque chapitre, mais cela a aussi lieu parfois à la fin dun 
paragraphe.,. Les espaces laissés entre les mots sont clairement 
reconnaissables et les lettres sont dune hauteur uniforme à quelques 
exceptions près... Les corrections paraissent avoir été faites avec de 
l'encre de chine, ce qui cependant est nié par un maître chinois. . . 11 
y a fort peu de taches, mais plusieurs peaux sont légèrement altérées 
par Ihumidité ; lune d'elles est même très endommagée et déchirée, 
sans doute par la même cause. Cela, chose curieuse, se trouve près 
du milieu du rouleau, où elle semblerait avoir été moins exposée: 
(cette peau porte le n" 31)... (Juant à l'âge de cette relique intéres- 
sante, elle est probablement postérieure au X^''^ siècle." 

Les cinq autres rouleaux .furent envoyés en Angleterre. D'après 
J. Finn Ij, l'un fut envoyé à la Société des Juifs à Londres, un 
autre au British Muséum, le troisième au Bodleian Muséum à Oxford 
et le c^aatrième à la Bibliothèque publique de Cambridge. Finn ne 
dit pas où le sixième lut envoyé. Après avoir examiné en 1866 le 
rouleau de Cambridge, Finn en dit ce qui suit : <'D"après le Dr. 
Schiller le rouleau était de la main d'un scribe ignorant... L'écriture 
est bonne, mais par ci par là on trouve quelques versets ou quelques 
mots qui ont été endommagés par accident, et qui ont été suppléés 
à l'aide de morceaux de peau, écrits dune écriture plus récente et 
différente du reste du rouleau... Cela toutefois peut arriver partout, 
et de fait, ce n'est pas rare.> Après sa visite à la svnagogue de 
K'ai-fong en 186("), ^Nlr. A\'. A P. Martin réussit à obtenir des Juifs 
chinois deux rouleaux du Pentateuque : il envoya l'un deux à son 
ami le Dr. S. Wells ^\'illianls, qui l'ollrit à la bibliothèque du 
Collège de Yale en Amérique (2). 

Le Dr. J. Edkins croit savoir qu'un autre rouleau sorti de 
K'ai-fong a été acheté il y a une trentaine d'années par le ministre 
d'Autriche Herr Scher/.er et envoyé à une des Bibliothèques de 
^"ienne. 

(1) T/ic orplian Colotiij, p. '><>. 

(2) Cf. Ilaii-Iin P<77)c>-s by W. r. Martin, p. S(J3 >(C. ("est iiroliaMenieut iiii il.- lls 
deux rouleaux qui fut décrit dans une commuuicatiou faite à Tlir Ain. Or. Soc. en Mai de 
ISGi», et rapportée dans le .7o»n(a/, IX, p. LUI. Cf. H. Cordier, Bibl. Sin. col. (i37 : M. 
C'ordier y ajoute : «.A.U chap. 2(J du Bihiiral Criticisiii» de Davidson (éd. ISCili, pp. oliO- 
.S70) il est fait mention de la comparaison qui a été faite du texte sacré avec un aiitre 
rouleau provenant de la même soui'ce de K^ai-foiif/.yi 



98 LES INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-FONC-FOU. 

Dernièrement la Mission catholique du Kiang-nan a pu se 
procurer aussi un ronleau, qui, autant qu'un profane en Hébreu 
peut en jug:er, ressemble beaucoup aux rouleaux décrits plus haut ; 
c'est aussi le sentiment dos Pères de la Mission. [.e texte est sans 
points, d'une longueur de .'!(> mètres sur une hauteur totale de 
0"\ ô8. Le rouleau a 239 c(jlonnes verticales dune largeur variable 
portant 49 lignes horizontales. 11 est monté sur un seul bâton rond 
avec un bouton supérieur jadis doré. Le texte paraît écrit au roseau 
(calamus), avec une encre assez noire encore, svir un seul côté des 
morceaux de peau de mouton, de largeur variable, de hauteur 
uniforme, cousues solidement Tune à l'autre, avec un bourrelet 
extérieur indiquant la couture (l). 11 semble qu'il n'y a ni titre ni 
marque de copiste. Des morceaux de peau plus blancs paraissent 
provenir des exemplaires plus récents. Cette dernière remarque fait 
penser à quelques-uns qui ont examiné le rouleau en question qu'il 
peut bien être un de ceux qui furent sauvés des eaux en 1GG2 et 
réparés ensuite (2). Nous n'y croyons g:uère. Les dernières colonnes 
sont très endommagées par nous ne savons quel accident. Pour 
mieux les conserver, elles ont été provisoirement décousues du reste 
et mises à part. Le tout a été envoyé à quelques Hébraïsants de 
Paris, qui peut-être nous donneront un jour le résultat de leur 
examen. 

Ainsi donc, de treize rouleaux conservés à K'ni-fonij, neut ou 
dix sont allés enrichir les bibliothèques des Européens. Aujourd'hui 
en reste-t-il quelque autre entre les mains des Juifs de K'ai-loivj? 
Il devrait en rester encore deux ou trois ; cependant, d'après l'affir- 
mation d'un Juif de K'ai-fong résidant près de l'emplacement de la 
synagogue, en 1897 ses coréligionaires ne conservaient alors qu'un 
seul manuscrit du Pentateuque (3) ; les autres auraient été détruits 
par l'humidité. L'achat du rouleau de la Mission catholique ayant 
eu lieu après cette entrevue, il s'ensuivrait qu'il n'y en aurait plus. 



il) La couture avec du fil de soie n'est pas conforme, parait-il, aux prescriptions 
taliimdiques; d'après files, les morceaux de parchemin doivent <*tre cousus ensemble 
avec des nerfs. — Cf. h'n-tioii. (h' ht Jiihic par F. \'iK«)Uioux, vol. II, au mot «Écriture 
hébraïque» col. ].").*^I. 

(2| Cf. plus haut, pp. 7"', S(). 

(:{) Cf. Cliinii's »ulll(»is, I\lai's l,s'.)7, p. tf, Tlic ./cics /';/ Ho-iuin by Mr. Deinijs J. 
Mills. 



ARTICLE X. 

AUTRES LIVRES SACRÉS CONSERVÉS 
DANS LA SYNAGOGUE. 



L'inscription de 1663. en outre des treize exemplaires du 
Pentateuque conserAés dans la synagogue, mentionne plusieurs 
autres livres appelés -)j ^ fang-king, ^ ^ san-hi7ig et ^ l[j^ san- 
Iche (1). Quels étaient ces livres? La réponse à cette question de- 
mandant trop de place pour une note, nous en avons fait Tobjet 
d'un article spécial. Nous y rapporterons ce qu'ont écrit sur ces 
deux sortes de livres ceux qui les ont vus de leurs propres veux. 

Commençons par le P. (îozani (2). ■<()n voit en deux autres 
endroits de cette synagogue plusieurs anciens coffres, où ils con- 
servent avec soin un grand nombre de petits livres dans lesquels 
ils ont divisé le Pentateuque de Mo'ise et les autres livres de leur 
Loi. Ils se servent de ces livres pour prier; ils m'en montrèrent 
quelques-uns qui me parurent être écrits en Hébreu. Les uns 
étaient neufs, et les autres vieux et à demi déchirés." 

Le P. Domenge qui savait l'Hébreu donne sur ces livres de 
plus amples détails (3). "Les autres livres se nomment ^ -g 
San~tsao, c'est-à-dire supplément ou livres détachés ; sous ce titre 
sont compris Josué et les Juges qui ne sont pas entiers ; Schemou- 
nel ou Samuel qui est entier; Melacliim ovi les deux derniers li- 
vres des Rois qui sont mutilés en quelques endroits ; David ou les 
Psaumes, dont on na pas examiné l'intégrité. Cette première par- 
tie des ?an-tsao fait plus de trente volumes." 

"La seconde partie renferme les Hasoutala (4). C'est ainsi qu'ils 
nomment les Ilaphtavalh ou sections prophétiqiies. Ils disent qu'ils 



(1^ Cf. plus haut, pp. 73, 75, 76, 79. 

(2) Leltr. édif., Rec. VU, pp. 7-S. 

(3) CtLettr.é(Jif.,l{ec. XXXI, pp. .334 :1.^8. — La relation du P. Domensp qui a 
spiH'i de base au Mèmoiri' du P. Pirotier siMiible avoir aussi servi aux «XofitifP qiicpâani 
cirra .S'.S'. Bihlia Judœorumr) données parle P. Ignace Kœgler et publiées par Chv. Von 
Murr dans le 7* vol. de son Journal znr Kinistgeschirhte, 177!', pp. 240-2-52, tant il y a 
d'uniformité entre les deux travaux; le dernier est cependant un peu plus détaillé que 
le premier. Nous ajouterons en note les quelques petites additions contenues dans les 
Notitiœ du P. Kœgler. 

(4) Le P. Kœgler donne ce nom à la collection des livres historiques et des com- 
mentaires. Cf. loc. cit., p. 244. 



100 LES INSCniPTIONS .HlVrS 1)K Iv'AI-FONG-FOl'. 

en avaient autrolois plus do quati-e-vin^ts volumes. ( )n p/a pas de 
peine à le croire, parce que leurs livies ne contiennent pas un 
grand nombre de chapitres, et qu'ils joignent encore aux Prophè- 
tes les Chroniques ou les Paralipomènes. Isaïe. qu'ils nomment 
Iséhahn et Jcrémie qu'ils nomment Jnnu'lpiohinn sont presque en- 
tiers. Ils les lisent aux jours de fêtes. Ils n'ont rien d'E/échiel. 
Ils n'ont de Daniel que quelques vei-sets du premier chapitre." 

'■P'jur les petits Prophètes, il leur reste Jucunha ou Jonas ; 
.V/ca/i.-j ou Michée ;.V.-i/(Ouai/) ou Nahum : ILijincoiiqnc ou Ha- 
bacuc (1) ; Sécnleio ou Zacharie. La plupart de ces petits Prophè- 
tes ne sont pas entiers, et ils n'ont rien des autres. 1 ,e livre des 
Chroniques ou des Paralipomènes qu'ils appellent TireU-IIaïaiiiiiin 
est aussi fort mutilé. 11 ne leur en reste que les quatre ou cinq 
premiers chapitres. Les li\res de Xèhèmie et d'l\sther sont un 
peu moins imparfaits.» 

T-es Juifs possèdent aussi les "deux jiremiers livres des AL-\- 
chabf-es (2). Il paraît qu'ils les nomment M;nili ioli um ou Matha- 
tias, et qtiils n'en ont qu'un exemplaire (3)." 

"A tous ces livres du San-l.^ao, ces Juifs ajotitent encore leurs 
Li-pai, c'est-à-dire leurs lîituels ou livres de prières. Chaque 
Li-pai contient cinquante ou cinquante-deux cahiers. Ils sont 
écrits en gros caractères. Ces prières sont presque toutes tirées 
de l'Ecriture et stutout des Psaumes. Enfin ils ont quatre livres 
de la Mischna et divers interprètes assez mal en ordre, qu'ils 
appellent en chinois Tianri-lchaïKj Kianri-trlvnvj /l'- 

Les Délégués protestants, en revenant de K^ii-fona ne retour- 
nèrent pas les mains vides. Smitli dit ('i) qu'ils "cn rapportèrent huit 
manuscrits qui apparemment remontaient à une haute antiquité ; 



(1) Le P. Kregler fibid.) ajoute «Soplioiiias (Sefaneioha) et Afîgée (Hokavi.)» 
['2i D'aiJrès le P. K(rf,'ler (eod. loc", ils étaient complets, mais en mauvais état, 
«intègres sed iu nialo statu.» Le Père eoutinue: «Cette collection comprenait at;ssi 
plusieurs autres livres, dont les Juifs ont perdu le nom liébraïque, mais (jii'en chinois 
ils appellent Kiaug-irhoi'ig, c'est-à-dire, commentaires.» 

(3) Le même P. Kœgler remarque qu'autant qu'on a pu le constater, les Juifs 
de K'ni-foiifj n'avaient rien des Proverbes, de Job, des Cantiques ni de l'Ecclésiaste. 
Quant au livre de Puth et à celui des Lamentations, par manque de temps, ils n'ont pas 
pu être examinés. Le Père finit la description des livres conservés dans la synagogue 
de K'ai-foug avec ces réflexions, ([ui montrent bien l'état d'igTiorance et d'indolence par 
rapport aux Saintes Écritures où vivaient les Juifs cliiiiois de son temps. «Peut-être ils 
possèdent encore d'autres livres que ceux qu'ils disent ou pensent posséder effectivement; 
car ils man(]uent complètement de zèle pour s'enquérir de ce qui touche aux livres et 
a\ix sciences; de plus ils ne pei-mettent pas à qui que ce soit d'emporter avec soi hors de 
la synagogue aucun livre qu'ils y conserverit ; enfin à l'intéi'ienr de la synagogue il est 
bien difficile de se livrer à un examen minutieux de chacun de leurs livi-es, à cause de 
la grande coufusion et du désordre complet où ils restent abandonnés.» 

(4) Cf. Tlie ■Teirs.,. Introduction, p. X. 



AHT. N. AUTP.KS I.IVUF.S SACRES. 101 

ils conlonaient des rraLjmenls de l'Ancien Testament. Ces huit 
manuscrits sont écrits sui" un |)apier épais, couNcrls en suie, et 
présentent des marques intrinsèques d'une oriy;ine étrangère, proba- 
blement persane. L'écriture semble avoir été faite avec un stylet, 
en caractères anciens avec des points-voyelles. Après un court 
examen des manuscrits, nous sommes portés à croire que les 
hébra'isants européens les trouveront remarquables, pour leur exacte 
identité avec le texte reçu de l'.Vncien Testament... Les parties de 
l'Ancien Testament reçues jusqu'à présent sont les suivantes : Exode, 
chap. I — VI : XXXVIIl — XL. Lévitique, chap. XIX et XX; 
Nombres, chap. XIII — XV. Deutéronome, chap. XI — X\T, et 
chap. XXXI I du même livre. Diverses parties du Pentateuque, des 
Psaumes et des Hagiographes qui semblent avoir tait partie d'un 
ancien livre liturgique sont aussi contenues dans deux des manus- 
crits reçus." 

Quelques mois plus tard de nouvelles acquisitions de manuscrits 
hébraïques furent faites à K':ù-fo}>ri et apportées à Chang-hai. Ces 
manuscrits se divisent, par rapport à leur contenu, en quatre 
classes, à savoir : des exemplaires du Pentatcuc[ue, de nouveaux 
fragments du Pentateuque, un cahier généalogique des principales 
familles juives de K'Hi-fov(i et enfin des livres rituels, l'ne descrip- 
tion fort détaillée de tous ces manuscrits fut donnée dans le Xorlh- 
China IlcralrJ de Chang-hai (n. .jÔ, 16 Août 1851^. Nous avons 
transcrit dans l'article précédent ce qui se rapporte aux manuscrits 
du Pentateuque. Voici ce que le même correspondant du journal 
dit des autres manuscrits. "11 y en a cinquante-sept (1). Ils forment 
des cahiers de petites dimensions (2), et sont écrits sur un papier 
épais fait de plusieurs teuilles collées ensemble. Il est évident que 
l'on a donné à l'écriture de ces cahiers beaucoup moins de soin qu'à 
celle des rouleaux complets du Pentateuque. Comme dans ces 
rouleaux, des lignes ont été tracées sur le papier pour servir de 
guide pour l'écriture et elles sont toujours en nombre impair.» 

l'La Loi étant divisée en cinquante-trois sections, trente-trois 
des petits cahiers contiennent chacun une de ces sections, et il y en 
a aussi sept ou huit en double, hos lettres sont accompagnées de 
points et d'accents, dont le système diffère peu de celui usité en 
Europe. Plusieurs des cahiers de cette classe, dont les couvertures 
en soie fanées et déchirées montrent leur ancienneté, portent des 
notes surajoutées donnant leur date, les noms des copistes, ceux des 
correcteurs ou témoins, et enfin ceux des rabbins au temps oii ils 

(1) Dans ce nombre sont compris les hnit petits cahiers manuscrits r.ipportés de 
K'ai-fo)ig par les DéléRués lors de leur visite, et qui ont été indiqués plus haut dans cette 
même page. 

(2) Deux fac-similé que nous avons vus à la Bibliothèque de la N. Ch. Br. of the 
B. As. Soc. de Chang-hai étaient de la dimension d'un petit caliier in — 12 Cf. aussi plus 
haut, p. 94 (3). 



102 I.ES INSCRIPTIONS .TllvrS DF, k' AI-FONG-FOO . 

avaient vécu. La langue maternelle des auteurs de ces noies paraît 
avoir été le persan, car plusieurs mots de cette langue sont insérés 
en caractères hébraïques, et ne peuvent que très diflicilement être 
identifiés. >• 

"Les missionnaires catholiques qui visitèrent autrefois la syna- 
gotrue ont transcrit quelques notes semblables à celles dont nous 
parlons... (l). Dans une de ces notes on lit que la copie a été faite 
à Pion-liaiuj ' K':ii-fong] en Tannée 1931. Les Juifs se sont servis 
de Tère des Séleucides, c'est-à-dire, des rois grecs de Syrie, jusque 
dans les derniers siècles. Prenant l'année 312 A. C. comme point 
de départ de cette ère, ce manuscrit aurait été écrit en l'année 1621 
P. C. ■ 

"T-a classe suivante des petits manuscrits est un registre de 
plusieurs familles importantes de la colonie juive de K'ai-fong.. . 
11 est divisé en deux parties, consacrées respectivement aux hom- 
mes et aux femmes. Les noms hébreux sont tous donnés au 

complet, et les noms chinois le sont aussi en majeure partie 

Ces derniers ont été choisis entre ceux qui sont d'un usage com- 
mun parmi les chinois, sans rapport avec le son ou le sens. Les 
noms de famille sont souvent écrits en lettres hébraïques. A la fin 
de la partie du cahier consacrée aux hommes, il y a une prière ; 
son auteur prie que tous ceux des Juifs dont les noms sont inscrits 
dans le cahier puissent être unis au groupe des vivants avec les sept 
anciens justes et saints, Abraham. Isaac, Jacob, .Moïse. Aaron, Elle 
et Elisée, et placés avec eux sous l'arbre de vie dans les jardins de 
l'Éden. Une prière semblable est placée à la tin de la partie du 
cahier consacrée aitx femmes. ( )n y prie pour que celles dont les 
noms ont été enregistrés dans le cahier puissent être jointes aux 
sept justes et saintes femmes de l'antiquité, Sara, Rachel, Lia, 
Jochebed [Josaba?]. Miriam [ou Mariej et Zipporam Débbora? 
Séphora ? et placées aussi avec elles sous l'arbre de vie dans les 
jardins de l'Eden.» 

"Les autres cahiers, dont quelques-uns ont des points tandis 
que d'autres en sont dépourvus, sont des rituels pour le service 
religieux dans la synagogue. Plusieurs d'entre eux contiennent le 
rituel à observer à l'office du jour et du soir pour la fête de 
l'Expiation. Un autre cahier porte le titre des cent bénédiction^^ 
pour la même fête. Vn autre donne à la fin les noms des mois juifs 
et des jours de la semaine, et un autre est consacré aux cérémonies 
et prières pour la fête de Purim [ou des sorts]. La plupart des 
autres cahiers qui n'ont pas été mentionnés contiennent des prières et 
des passages des livres sacrés qui doivent être récités et chantés 

(1) Cf. Lrttr. rdif., Rec. XXXI, p. .332, Clir. Von Um-r, Journal znr KinintfjrsrhirJife, 
RichcntPr Theil, ITJλ, pp. 2*11-252, .1. Fimi TJir Ji-us in CJiinn, pp. .3638 et p. 83, A. Wylie 
Thr Cliin. fDifl Jtij). ri>])ns., .liû. 18<ii, jip. 22-23. Von Miut et .T. I-'inn donnent anssi le 
texte liébraïfiue d'aiie de ces notes. 



ART. X. AUTRES I.IVKES SACHES. 103 

respectivement au service religieux quotidien. Les psaumes em- 
plo3'és à cette Hn sont si nombreux qu'une bonne moitié du psau- 
tier pourrait être tirée de ces rituels. On y trouve aussi souvent 
des passages pris soit dans les Prophètes soit dans les Hagio- 
graphes. La tendance caractéristique de ces livres de prières 
montre assez c^ue leurs auteurs ont dû être des hommes bien ver- 
sés dans la manière d'exciter au cceur des sentiments religieux, 
et qui à cet effet ont mis à contribution les plus riches matériaux 
tournis par les Livres saints. Les psaumes qui ont pris place 
dans les rituels juifs de K'ai'foriij sont le plus souvent ceux-là 
mêmes qui sont le plus familiers aux lecteurs chrétiens de l'Ancien 
Testament." 

L'auteur de l'article que nous traduisons a ajouté les rétle- 
xions suivantes : "Le sujet de la venue du Messie a été introduit 
dans ces livres de prières, mais, comme pour les autres portions 
de la race juive dispersée sur la terre dans toutes les directions, 
il n'y tient pas la part importante que nous sommes portés à 
supposer. Cependant ce point de leur foi, comme aussi celui 
dune espérance bien définie d'une autre vie, a été perdu par les 
Juifs chinois, lorsqu'ils ont perdu le langage hébraïque et le con- 
tenu de leurs Livres sacrés. La prière conservée dans le registre 
des noms indiqué plus haut, est une preuve remarquable et carac- 
téristique de la foi à l'immortalité de l'àme et au bonheur fu- 
tur réservé aux bons, cjne les Juifs chinois professaient lors de 
la composition du registre. 11 est très douloureux de constater 
que cette doctrine ait ensuite disparu si complètement parmi 
eux. Les Rabbins du Ho-rian se sont donné trop peu de peine 
pour conserver leur théologie et leurs traditions sous un costume 
chinois. >' 



ARÏICLK XI. 



RESUME DES INSCIUPTIONS. 



I. Sur Dieu. Il va de soi que des Juifs, dans des monuments 
lelij^Meux comme sont nos inscriptions, nont pas pu s'abstenir de 
consij^ner leur croyance sur Dieu. Ils en parlent comme d'un 
«r^tre unique" , "immatériel (l)", "vcnerable sans pareil (2)", "très 
beau et très mystérieux (3)», «présent en tout lieu (4)", "auteur 
et conservateur de toutes choses (ô)», "ayant une providence qui 
s'étend à tout (6).') D'après les inscriptions. Dieu «se laisse tou- 
cher par la prière (7)», «par le repentir du mal commis et par le 
désir de s'en corriger (8).» "11 est l'auteur du Livre sacré de la 
doctrine (9!" le Pentateuque^; et "l'objet principal du culte (10\» 

C'est une chose dit;ne de remarque que nulle part sur les 
stèles il n'est fait allusion à la croyance au Messie (11). 

II. Xonis diriu.<. Si de la nature et des attributs de Dieu 
nous passons à considérer les noms ou caractères employés par 
les Juifs chinois pour désigner Dieu, nous trouvons que sur nos 
inscriptions ils se sont servis des noms suivants : 

^ T'ien, "Ciel» Seigneur du Ciel^ (12). 

M. ^ Tclicn-t'ien^ "^'rai Ciel", Vrai Seigneur du Ciel (13'. 

^ 5^ Ilo.nifj t'ien , "Auguste Ciel", Auguste Seigneur du 



Ciel 
Ciel 



14 



Ciel supérieur". suprême .Seigneur du 



_b 5^ ('linriq-l' ion. 

(15). 

^ ^ //ao-/'/''//, " Auf^uste Ciel" Auguste Seigneur du Ciel ^16). 

^ ^ _t '^ Ilno-l'ion çliiiutiU. ■Suijrème Seigneur du Ciel 
majestueux" (17). 

^ '-^ Hoang-li'onij, "Ciel Auguste" Auguste Seigneur du 
Cier (18). 



(1) Cf. pp. 1"', IS, 2», 2S. 40. 

(2) Cf. p. ?,7. 

i3) Cf. p. (;.-.. 

(4) Cf. pp. 40-4), (u. 

(.")) Cf. pp. 23, 2'., 2'.», ;VJ, G."i, G8. 

(fi) Cf. pp. 29, :^7, <il,fi2. 

(7) Cf. pp. 2S, 20, r>3. 

(8) Cf. p. i:5. 

(9| Cf, pp. 25, :i'.l, fifl. 

(10) Passiin. 

(11) Déjà le P. Gozaiii o(ii%ait en 1704 
(Cf. Li't{. i'ilif., l{(c. VII, p. 25): «Je parlai 
aux Juifs du Messie promis dans les Kcritn- 
res. Ils fiii'eiit fort siirf)ris de ce que je leiii' 
r'ii dis.» liC iii"'ine silenee est Lrai'dé à ce 



sujet dans la letti-e des Juifs de K'tii-foiiy 
adressée à U. Finn en IS.'O. (Cf. 77/c Orph. 
Colon, by J- Finn, pp. ;î9-42), — Dans les 
livres de iirières en usaffe parmi les Juifs 
chinois il y a cependant fjuel((ues indices de 
leur croyance au Messie. Cf. plus haut, 
Art. X, p. 103, le ténioi(,'nage du correspon- 
dant du yorfliCliiiKi Uoiihl. 
(12i Passim. 

(13) Cf. p. 37. 

(14) Cf. p. 52. 

(\:^) Cf. p. r.ii. 

(IC) Cf. pp. 10, 20. 
(17)Cf. p. 11. 
lis) Cf. p. k;. 



ART. XI. KKSUMK DKS INSCRIPTIONS. 



105 



^* Ti, Dominateur (i). 

_fc ^ Chang-ti, "Suprême Dominateur» (2). 

1^ M. T'sin-tchen, «L'jEtre] pur et vrai- (3). 

^ j^ Tclie-t-sing, <(L'[Être] très pur» (4). 

M i^ Ou-siang, uL[Êtrel sans forme extérieure» (5). 

fffi ;^:g Oit-siang, «L'[Ètroj sans figure)) (6). 

m. it Ji Tsao-lwa-t'ipu, -Le Ciel créateur» [Le Seigneur du 
Ciel créateur] (7). 

■M ^ i Tchang-cheng-tchou, "Le Seigneur toujour vivant» (8). 

j^ Tao et ^ î^ T'ien-lRO, La Voie (9) et la Voie du Ciel (10). 

Hj§ j3 Ming-tan, Le perspicace et intelligent (11). 

III. Du culte de VÈhe supnhne. Il ressort des inscriptions que 
les Juifs chinois se servaient de plusieurs sortes de rites pour 
honorer Dieu. 

En premier lieu vient le sacrifice. L'inscription de 1663 en 
parle assez longuement (12") pour exposer la fin du sacrifice, qui 
était surtout de remercier l'Être suprême des bienfaits reçus, les 
temps ou saisons où il fallait sacrifier, ce qui y était offert en 
sacrifice, les dispositions intérieures et extérieures qu'il fallait 
avoir au temps du sacrifice, et enfin la distribution qu'on faisait 
des mets offerts en sacrifice (13). 

Après le sacrifice viennent les actes d'adoration. Sous ce nom 
les inscriptions désignent certains actes extérieurs de l'homme, 
exécutés en diverses dispositions et manières, en vue d'honorer 
la divinité ; elles marquent en outre les dispositions dans lesquelles 
il faut accomplir ces actes (14). 

On voit par les inscriptions que les Juifs de la Chine se ser- 
vaient dans la synagogue de certains vases en métal (15), sans doute 
pour y brûler de l'encens dans un but religieux, de chandeliers (16), 
où ils mettaient des cierges à la manière des payens dans leurs 
pagodes, et de vases à fleurs pour l'ornementation (17). 



(1) Cf. pp. 29, 66. 

(2) Cf. pp. 12, 68. 

(3) Cf. p. 20. 

(4) Cf. p. 18. 
(5j Cf. p. 18. 

(6) Cf. p. 15. 

(7) Cf. p. 28. 
. (8) Cf. p. 23. 

(9) Passim. 

(10) Cf. pp. 37, 6.5. 
(11) 

(12) Cf. pp. 09, 70. Voyez aussi p. 2;", 
inscription VIII. 

(l.">) Les oblations auxquelles la troi 
siôme stèle fait allusion étaient-elles des sa- 



crifices vrais dans le sens strict de ce nom ? 
On peut en douter. L'auteur de l'inscription 
a peut-être vu présenter dans la synagogue 
des oblations, à l'extérieur semblables à 
celles cxui sont mentionnées dans les Classi- 
ques chinois et à celles en usage dans les 
familles payennes de lettrés, et, sans trop 
examiner le sens que les Juifs attachaient 
de fait à leurs oô'randes, ni à qui elles 
étaient présentées, il leur a donné le nom de 
sacrifices. 

(14) Cf. pp. 42 43, ()7, 70-71. 

(15) Cf. pp. .00, 84, 85. 

(16) Ibid. 

(17) Cf. pp. .50, 51, S.5. 

14 



106 LKS INSCRIPTIONS JUIVES DE k' AI-FONG-FOU. 

En outre des actes solennels du culte accomplis en certains 
jours, les Juifs adoraient Dieu trois fois par jour, le matin, à midi 
et le soir (1). Ils avaient aussi l'habitude de réciter des prières 
(2), tantôt à haute voix, tantôt <\ voix basse ; mais nos stèles 
sont muettes sur les prières quon disait et sur le temps de la 
récitation (3). 

Aux pratiques du culte on peut rattacher: 1" les purifications 
accomplies pendant quatre jours de chaque mois lunaire (4) et aux 
jours où l'on pratiquait certains actes du culte (5) ; 2'' le grand 
jeune d'un jour observé vers la fin de l'automne (6) ; 3" le grand 
repos gardé en ce même jour (7) ; 4" la fête des tabernacles célébrée 
vers la même époque, et qui durait une semaine (8) ; 5" la grande 
expiation accomplie en même temps (9) ; &° la semaine avec le 

(1) Cf. p. 40. — Les Juifs de K'cii-fong, dans leur lettre adressée à J. Finn, disaient 
(The Orph. Colon, p. 40) : «Moniing and uight with tears in our eyes and with offerings 

of incense do we implore that our religion may again iiourish » (p. 41) «Daily with 

tears bave we called on the Holy Name.» 

(2) Cf. pp. 41, GS. 

(3) Cf. p. 102, quelques détails sur les livres de prières en usage parmi les Juifs chinois. 

(4; Cf. pp. 42, 70. (7) Cf. p. 71. 

(.5) Cf. pp. 40, 03. (8) Cf. p. 12. 

(6) Cf. p. 71. 
,9) Cf. ibid.— Au XVIII« siècle, quand les Juifs chinois furent visités par les 
Missionnaires catholiques, «ils gardaient encore plusieurs cérémonies de l'Ancien Testa- 
ment; par exemple, la Circoncision... les Azj-mes, l'Agneau Pascbal..., le Sabbath et 
d'autres Festes de l'ancienne Loi.» ^Lettre du P. Gozaui, Lett. éclif. Rec. MI, pp. 
1.5-16.) — Dans leur lettre à J. Finn, les Juifs chinois ont ajouté un post-scriptum 
donnant en détail les fvtes qu'ils gardaient encore en IS.ôO. Ces fêtes sont: «Le 14» jour 
du 2« mois, fête du temps brillant et pur, on du pain non levé. En ce jour on distribue 
aux amis des gâteaux frits dans de l'huile odoriférante.— Le 10" jour de la 6'^ lune, fête où 
l'on n'allume pas de feu. Cette fête est appelée aussi le jeûne de la porte des juges. — Le 
24» jour de la 8e lune, les saintes Écritures sont prêchées dans la synagogue. Les portes 
ayant été fermées, le Rouleau du Livre sacré est déroulé et l'on en fait la lecture. En ce 
jour-là on distribue de la monnaie ["en papier?] de couleur. — Le 1"' jour de la 8« lune, fête 
en honneur des grands Patriarches o^i prophètes. — Le 2» jour de la 9' lune, fête en hon- 
neur des petits Patriarches ou prophètes.— Le 1'='' jour de la G» lune, fête de la fuite ou de 
la délivrance de l'Épée.» Cf. The Orph. Colon, by J. Finn, p. 42. Un peu plus loin cet au- 
teur essaie d'identifier ces fêtes avec celles en usage parmi les juifs européens ; il dit ce- 
pendant : «Les deux dernières mentionnées dans la lettre des juifs chinois n'ont pas lieu 
dans les calendriers occidentaux des Juifs. Nous remarquons que dans la même lettre 
nulle mention n'est faite de la fête de la Pentecôte, de celle des Tabernacles, ni de celle 
des Purim ou des Sorts, quoique ces fêtes soient célébrées communément par les juifs 
des autres pays.» La fête des Tabernacles cependant était encore en vigueur du temps 
du P. Domenge en 1721. Ce Père, «à la Fête des Tabernacles, vit faire la procession du 
Ta-king ; celui qui le portait avait une écharpe de taffetas rouge, qui lui passait de 
dessus l'épaule droite au-dessous du bras gauche. {Lett. vdlf. Rec. XXXI, p. 315). D'après 
les Délégués {The Jeus..., p. ^û\ cette fête était appelée Çs| W iP Tclioan-king-tsic 
la fête où l'on tourne en procession le Livre sacré.» — Sur la tiiiue des Juifs dans la 



ART. XX. RÉSUMÉ DES INSCRIPTIONS. 107 

sabbat (1), et 7" la distinction générale d'aliments permis et non 
permis (2). 

lY. Superslitions. Par nos stèles nous apprenons que les Juifs 
chinois n'étaient pas adonnés anx pratiques superstitieuses, si 
communes parmi les payens. On v loue, en effet, l'époque qui 
précéda Abraham de ce qu'alors les hommes ne faisaient pas de 
superstitions (3) ; on y affirme l'inutilité et la fausseté des actes 
superstitieux (4), et on y recommande expressément, pour le temps 
des funérailles, de ne pas se livrer aux pratiqties superstitieuses (5). 

.De cette aversion des Juifs chinois pour les superstitions, on 
peut et on doit conclure qu'ils ne voyaient rien de superstitieux dans 
les rites observés envers les défunts, dont nous parlons dans le 
paragraphe suivant (6). 

V. Culte des ancêtres. Il est plusieurs fois recommandé sur 
nos inscriptions (7). Ce culte est sans doute celui qui est usité 
parmi les lettrés chinois, et dont la partie la plus importante con- 
siste en des oblations dites ^ tsi et ^g, .se (8j. 

Les stèles nous font connaître l'existence de deux temples cons- 
truits l'un en honneur dos saints Ancêtres [Patriarches?] et l'autre 
en honneur du Fondateur de la Relig^ion [Abraham? Moïse?] (9). 

synagogue, le P. Brotier éciit (Lett. cdif. Rec. XXXI, p. 315' : «Le P. Domenge n'y a vu... 
ni habit de cérémonies. Tout se réduit à (' tre sans pantoufles ; et ils ont tous la trte 
couverte d'un bonnet bleu.» Les Juifs de K'ai-fong écrivaient en 18-51 à J. Pinn : «In 
the syiiogogue are worii a blue cap and shoes witli soft soles.» Depuis que la synagogue 
a été détruite, d'après le témoignage de Mr. W. A. Martin (Han-lin Pap., p. 364) et Mr. 
Dennis J. Mills (C'hina's Milliotis, Mars l'-Q'ii on peut dire que la vie religieuse des Juifs 
de K^ai-fong a complètement disparu. 

(1) Cf. pp. 42, 70. (4) Cf. p. 02. 

(2) Cf. p. 63. (5) Cf. p. 60. 

(3) Cf. pp. 36, 05-06. 

(6 Les bacheliers juifs ne se faisaient pas non plus scrupule de prendre part anx 
actes de culte faits par les lettrés et par les mandarins chinois en l'honneur de Confucius. 
Cf. Lett. édif. Eec. VII, pp. 18-19, 26. 

(7) Cf. pp. 41-42, 52, 59, 70. 

(8) Cf. Ibid. 

(9) Cf. 25, 77-78, 81 '82. — Cette donnée des stèles est confirmée par le témoignage 
des PP. Gozani et Domenge. Le premier écrit (Lett. édif., Rec. VII, p. 19) : «En sortant 
de la synagogue on trouve une salle que j'eus la curiosité de voir; je n'y remarquai qu'un 
grand nombre de cassolettes. Ils [les Juifs] me dirent que c'était le lieu où ils honoraient 
leurs Chin-gings ou les grands hommes de la loi ... Ils m'ajoutèrent qu'au Printemps et 
à l'Automne ils rendaient à leurs ancêtres les honneurs qu'on a coutume de leur rendre 
en Chine ; qu'à la vérité ils ne leur présentaient pas des viandes de cochon, mais d'autres 
animaux; que dans les cérémonies ordinaires ils se contentaient de présenter des porcelai- 
nes pleines de mets et de confitures, ce qu'ils accompagnaient de parfums et de profondes 
révérences ou prosternements.» Cf. aussi le plan de la synagogue fait par le P. Domenge, 
Fig. I nn. — Les Juifs de K^ai-fo7ig, dans leur lettre à J. Finn, mentionnent deux fêtes 
célébrées par eux pour honorer les grands et les petits Patriarches. Cf. plus haut, p. 106 (9). 



108 LES INSCRIPTIONS JUIVKS DE K AI-FONG-FOU. 

Cependant, nialfiré tant de pieté à Têtard des défunts, il est 
impossible de savoir par nos stèles ce que les Juifs chinois pen- 
saient de la vie future. Par ce que les stèles disent en l'honneur 
d'Abraham, on conclut que ni Abraham ni ses descendants n'avaient 
aucune confiance dans le pouvoir soit des esprits soit des âmes 
des morts séparées de leurs corps; mais on ne peut pas aller jusqu'à 
dire qu'ils aient nié l'existence des uns et des autres (1). 

VI. Monih'. Nos inscriptions traitent des vertus et des devoirs 
à la manière des Confucianistes, dont elles empruntent les termes 
et les délinitions ; ainsi elles recoinmandent les trois grands liens 
(2j, les cinq relations (3), les cinq vertus universelles ('i), etc., etc. 

Les stèles recommandent plus spécialement deux vertus : la 
justice dans les poids et mesures (5), et la bienfaisance à l'égard 
de toutes sortes de malheureux, com^me les orphelins, les veuves, les 
vieillards veufs et les vieillards sans enfants (6). Notons encore 
deux sortes de bonnes œuvres particulièrement recommandées dans 
nos inscriptions : aider à prendre femme ceux qui par manque 
de fortune ne trouveraient pas à se marier, et aider à ensevelir 
les morts, dont les parents sont trop pauvres pour le faire con- 
venablement (7). 

Il y a cependant une diiïérence de grande importance entre 
la morale des Juifs chinois et celle des Confucianistes ; c'est que 
celle des premiers, telle qu'elle apparaît sur les stèles, revient 
souvent sur les devoirs de l'homme envers Dieu, qui sont toujours 
omis dans la morale des seconds. 

Nous avons indiqué un peu plus haut que les inscriptions 
se taisent au suiet de la sanction de la Loi, réservée pour la vie 
future ; une d'elles marque une récompense en biens de ce monde 
accordée aux observateurs de la Loi [S) et suppose la valeur des 
mérites ^ secrets», qui recevront leur rétribution dans la personne 
des descendants (9). 

VIL. Chronologie ancienne. Les données des inscriptions sur 
ce point ne sont pas nombreuses et quelques-unes encore ne semblent 
pas bien fondées. Tout d'abord les inscriptions enseignent que 
le Ciel et la Terre ont eu un commencement (10) et qu'Adam 

(1) Dans les catalogues indiqués plus haut (p. 102) il y a deux prières qui prouvent 
clairement la foi de leurs auteurs à une vie heureuse promise par Dieu aux bons. — Ee 
P. (Jozani (Lett. (hlif. Rec. VII, p. 21 dit : «Les .Juifs me pai-lèrent du Ciel et de l'Enfer 
d'une manière peu sensée. Il y a hien de l'apparence qu'ils ont tiré du ïalmud ce qu'ils 
en disent.» Le P. lirotier fLe</. rv///'. Kec. XX.XI, p. !?3!») écrit: «Les Juifs connaissent 
les .\nges, les Chérubins et les Séraphins.» 



(2) Cf. p. 24, rA\. 

(:i) Cf. pp. !), 52, .ÔG, Gl, 80. 

(4) Cf. pp. 22, 5i», (ll-CJ, (ifiG7. 

(.".) Cf. p. m. 

(f.) Ibid. 



(7,1 Ibid. 

(8^ Cf. p. 53. 

(0) Cf. p. (12. 

(10) Cf. pp. 22, ;!G, GJ. 



ART. XT. RKSUMK DES INSCRIPTIONS. 



109 



h\t le premier homme (1). Elles aflirment ensuite quWbrahatn 
fonda la l>elij;ioa, depuis appelée juive, en Tannée 146 de Tclieou 
[977 av. J. C] (2), que Moïse vécut vers l'année (313 de la même 
dynastie 1510 av. J. C' (3), et enfin que la Relij^non juive entra en 
Chine sous les Ilan (4). 

Entre Abraham et Moïse, linscription de 1489 place un 
intervalle de 467 ans; comment faut-il les compter? Est-ce de 
la naissance de l'un à celle de l'autre? Ou bien est-ce d'une 
certaine époque de la vie du premier jusqu'à une autre de la vie 
du second? Et, en ce dernier cas, quelles sont ces époques de la 
vie d'Abraham et de Moïse que l'auteur de l'inscription a eues en 
vue? Par la seule inscription il est difficile de répondre à ces 
questions (5). 

VIII. Organisation de la rommunaulé Juive. Les stèles nous 
disent qu'il y avait parmi les juifs trois sortes de dignitaires ; à 
savoir, celle de 5. ,g, j^ Ou.-se-ta [rabbin] (61, celle de ^ ^ 
Tchang-Itiao (7) [chef de la religion; et celle de p^ Pj) Man-la, 
Mollah (8), ou maître de la doctrine. Nous ne savons pas au juste 
quelles étaient leurs attributions ; il paraît cependant que le Mollah 
devait être bien instruit dans la connaissance du Livre sacré, 
puisque ce fut un Mollali qui fut chargé de la restitution des 
copies sauvées de l'inondation de 1642 (9), et c'étaient encore les 
Mollah qui avaient la charge d'exhorter leurs coreligionnaires à 
l'accomplissement de leurs devoirs, et de veiller à la conservation 
des pratiques de la religion, telles qu'elles avaient été reçues des 
ancêtres (10). 

IX. Phonétisation des noms étrangers Nous réunissons en- 
semble tous les noms tant de personnes que de dignités qui se 
trouvent dans nos inscriptions. 

pgf |;t Ngo-tan Adam (11). 'k i^ Xiu-wa Noë (12). 

psy p Nqo-lo Abraham (13). ^ M ^■^Xgo-ou-lo-han Abi-aham 

B ,g, P^ ^ l.^e-ho-hé Isaac {\b) . ^$\^ )$Ji^Ya-ho-hiné-ou Jacob IQ) . 



(1) Cf. pp, 36-65. 

(2) Cf. p. .38 et la note (1). 
(:j) Cf. Ibid. 

(41 Cf. Art. VIII. 

(.5) Le P. Brotier {Lett. édif., Rec. 
XXXI, p. SGS) écrit. «Entre la naissance d'A- 
braham et celle de Mo'ise il n'y a que 425 
ans. Il reste 42 ans. Je conjectureiais assez 
volontieis que c'est le temps que Moïse resta 
dans la maison de Pharaon.» 

(fi) Cf. pp. 14-45, 73. 

(7) Cf. pp. 75, SG. Dans la lettre du 



P. Gozani et dans le IMémoire du P. Brotier 
il est souvent fait mention du Tchavg-kiao 
ou chef de la synagogue. 

(S) Cf. pp. 4G, 73, S3. 

(91 Cf. p. 75 et 82. 

(10) Cf. p. 16. 

(11) Cf. pp. 36, 57, 63, 66. 

(12) Cf. pp. 2-^ 63, 65. 

(13) Cf. p. 23. 

(14) Cf. pp. 36, 58, 63, 65. 

(15) Cf. p. 63. 

(16) Cf. Ibid. 



110 



LES INSCRIPTIONS JUIVES DE K AI-FONG-FOU. 



-12 -^^ Mié-rho Moïse {\\ ^ ^ Mé-ché Moïse (2). 

M nnj 5^. Ngo-ho-lien Aaron (3). ^ ^^ Wi yué-chou-wo Josiié (4'. 

lé ■? #1 ^'.nn-t^e-l'' Esdras (f)}. - ji^ ^ H I-se-lo-ué Israël (6). 

31 S ^ Ou-.^('-fa Rabbin (7). pp^j l^ij Man-Ui Mollah [8). 

1^ M I"!'! yen-lou-la (9). Nous en ignorons la signification. 

11 est à remarquer que quand le nom d'un Patriarche dans une 
phrase est répété immédiatement après dans la phrase suivante, s'il 
est composé de plus de deux caractères, on se contente de répéter 
les deux derniers ; ainsi, sur nos stèles, on a écrit ^ -^ Lo-han 
pour Abraham ; P^ ^ Ho-Ik- pour Isaac, J^ ^ Kiuè-ou pour Jacob, 
et ainsi des autres (10). 

CONCLUSION. 



Tels sont brièvement résumés les principaux enseignements que 
nous fournissent les inscriptions juives de K'ai-fong fou. 

Nous serions heureux de pouvoir donner, à la fin de ces pages, 
de bonnes nouvelles des descendants de ceux dont les noms sont 
gravés sur les inscriptions de la synagogue ; nous aimerions surtout 
à annoncer qu'ils ont reconnu le Sauveur promis dans leur Livre 
sacré, et embrassé la Religion par lui tondée. Hélas ! Ils sont bien 
déchiTS de leur ancienne spliuideur et sont bien éloignés de la 
Religion chrétienne. 

Voici les impressions d'un visiteur à K'ai-I'omj fou en 1866, 
]Mr. W. A. P. Martin. "Peu parmi eux sont à Taise et très peu 
sont des personnes honorables. Leur nombre est de trois à quatre 
cents. Ils ne peuvent pas établir leur généalogie, ils n'en gardent 
plus le registre, et jamais ils ne se rassemblent nulle part comme 



(1) Cf. pp. 38, .58, 6.3. 

(2) Cf. pp. 23, 66. 
(«) Cf. p. 63. 

(4) Cf. p. 63. 

(n) Cf. pp. 39, 63. 

(6) Cf. pp. 36, .52, b7, Ci— Au sujet de 
ces quatre caractères, les Délégués écrivent 
(The Jeivs... p. 30 : «Quelques-uns affirment 
qu'ils ont été donnés aux Juifs par l'Empe- 
reur..., cependant ils ne sont pas écrits sur 
la porte de la synagogue, quoique peut-être 
ils le soient ailleurs....» D'un autre côté Mr. 
W. A. Martin (Han-Jin Papers, p. 364) dit: 
«La tablette sur laquelle était écrit en or le 
nom d'Israël, ~* BS ^j^ ^ I-sr-lo-yr, et 



qui ornait autrefois la porte de la synago- 
gue, est devenue la propriété d'une des 
Mosquées.» 

(7) Cf. pp. 14, 4.5, 73. 

i8) Cf. 46, 75,83. 

(9) Cf. p. 44, (2). Les deux dernières syl- 
labes tou-la se rapprocbent de Tôra [Loi]; 
on peut supposer que Yen-tou-la était un 
nom hébreu. — Rappelons encore que f® 
Ye», grand, se prononce aussi Nga7i et Nan 
et, parmi les gens du Nord, signifie moi, 
nous deux. — Enfin le caractère to ^^'^ on 
Nfjan fait aussi partie du Tiom d'une per- 
sonne lîè ^ Yfii Tchoig. Cf. p. 47. 

(10) C f. p. 63. 



AKT. XI. RÉSUMÉ DES INSCRIPTIONS. lll 

formant une communauté. Jusqu'en ces dernières années ils avaient 
un centre commun dans la s\'na^ogue, quoique le service religieux 
y fût depuis longtemps abandonné ; mais la communauté semble 
suivre le destin de la synagogue, (qui est entièrement détruite). 11 
ne reste plus de lien d'union entre eux, et ils sont en danger d'être 
absorbés d'ici à peu de temps par le mahométisme ou par le 
paganisme. Dernièrement un des Juifs s'est fait prêtre de Bouddha 
et a pris le nom de 2|i jM pen-tao, qui signifie celui qui est enraciné 
dans la vérité... Depuis C[ue le culte a cessé, les enfants croissent 
tous sans le signe de l'alliance ; les jeunes générations n'ont pas 
reçu la circoncision, et, comme cela était à prévoir, elles ne prennent 
plus aucun soin de garder leur sang pur de mélange avec les gentils. 
Un juif m'avoua C[ue sa femme était payenne. Dans cinquante ans 
d'ici, vraisemblablement les juifs auront fini d'exister comme peuple 
distinct (1).» 

Que la divine Bonté ait pitié des Juifs chinois qui restent encore 
fidèles 1 Ou'EUe leur ouvre les yeux pour recevoir par la foi Celui 
qui a été promis à tant de reprises aux anciens patriarches, comme 
le montre le Livre saci'é que leurs ancêtres ont vénéré avec dévotion, 
et qu'ils ont conservé arvec tant de soin dans la synagogue dont nous 
avons étudié les inscriptions. 

(1) Cf. A Cycle of Catliay hy W. A. P. Martin, pp, 275-27S. — Ces affirmations sont 
confirmées par Mr. Dennis J. Mills qui, après son passage par K'ai-fong en 1897, écrit 
(China's Millions, Mars 1898. p. 40) : «Arrivés à la rue qui porte le nom de la secte des 
Juifs, nous fûmes accostés par le propriétaire d'une petite boutique, et bientôt nous 
apprîmes qu'il était un des Juifs que nous cherchions; il nous dit qu'il était le seul 
Juif qui habitât en cette rue, deux cents autres familles de divers noms vivant disper- 
sées partout dans la ville.... Plusieurs de ses coreligionnaires, avons-nous entendu dire, 
se marient avec des payennes et s'adonnent à l'idolâtrie.» 



TABLE DES MATIÈRES. 

PlKJP. 

Introduction I 

Art. I Description de la synagogue 1 

II Inscriptions liorizontales, p'ien. 8 

III Inscriptions verticales, lien 21 

IV Des travaux antérieurs sur les inscriptions lapidaires ...31 

V Inscription de 1489 36 

VI ,, 1512 55 

VII ,, 1663 65 

VIII De rentrée des Juils en Chine 88 

IX Le Pentateuque de K'ai-fong 92 

X Autres livres sacrés conservés dans la synagogue 99 

XI Résumé des inscriptions 104 

Conclusion 110 






DS Variétés sinologiques 

703 

V3 

no. 17 



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